‹ Monuments d'architecture et de sculpture en BelgiqueChapitre 32 sur 39 · ABBAYE DE SAINT-BAVON · texte numérisé non relu

ABBAYE DE SAINT-BAVON

Les derniers vestiges de l’abbaye de Saint-Bavon étaient ensevelis sous les décombres des arcades et des voûtes quand, en 1 83a, on y commença les premières fouilles et quelques restaurations. Ces travaux eurent d’heureux résultats : ils préservèrent d’une ruine complète la chapelle octogone renfermant autrefois le sépulcre de saint Macaire; ils firent déblayer la crypte romane consacrée dès 63 1 à sainte Marie; ils amenèrent enfin la découverte d’une belle mosaïque et celle de plusieurs tombeaux, érigés du huitième au treizième siècle.

L’abbaye lut instituée entre les années 63o à 633 par saint Arnaud, le pieux civilisateur de cette contrée, alors encore à demi sauvage. Placée d’abord sous l’invocation de saint Pierre et de saint Paul, elle ne prit le nom de Saint-Bavon qu’en 680, après la mort et la béatification d’AlIouin Bavon , prince de Hesbaye. Un incendie ayant détruit les bâtiments (8 1 3) , les moines durent émigrer en Angleterre. E11 828, l’illustre chancelier de Charlemagne, Eginard, reconstruisit le monastère, qui fut de nouveau renversé et mis à feu et à sang par les Normands (85 r). La communauté dispersée vivait sans asile depuis environ un siècle, quand le troisième comte de Flandre, Arnould, fit relever l’établissement claustral à ses frais et plaça à sa tète saint Gérard de Celles, qui réforma la règle et soumit les religieux à l’observance de saint Benoît. Après cette réédification, achevée seulement en 946, différents prélats agrandirent successivement l’abbaye, et elle était devenue aussi célèbre par son importance que par son ancienneté et. ses saintes reliques, lorsque Charles-Quint fil construire sur la plus grande partie de son emplacement la citadelle dite le château des Espagnols 1640).

Pour établir ce fort, il fallut démolir l’église conventuelle, la belle église paroissiale, la trésorerie et la plupart des autres bâtiments; on ne conserva que la partie dite du vieux monastère, laquelle fut appropriée à l’usage du château et servit plus tard de magasin, d’arsenal eld’atelier.

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