III
•XXVI. 47; XXXIV, 10, 46, par Scipion, Marius, Helvius, Minucius, Caton et d'autres.
ployaient un grand luxe dans leurs ustensiles et les harnais de leurs chevaux. Les Germains exploitaient aussi ce métal dans les contrées du Rhitiy d'après le rapport de Pline, et tout récemment on a découvert dans les mines d'argent d'Overath, près A'Elberfeld, des instruments eu bronze perdus par les mineurs à un âge où le fer n'était pas encore employé*. C'est la reproduction, pour la seconde période, des instruments en pierre retrouvés dans les anciennes mines de la Sibérie'.
D'après ce qui précède, et même en admettant que les rapports des auteurs anciens ne soient pas exempts d'exagération, on peut se faire une idée de la richesse des mi* nés exploitées et l'on comprend que l'or ait pu être employé avec tant de profusion pour satisfaire au goût du luxe.
Fonderies.
Nous avons déjà fait observer que l'art de mouler les métaux précéda celui du martelage. Dans le Calvados^ en France, vers les rochers de quartz qui dominent le lit de la Vire à Campaux, on a trouvé beaucoup d'instruments en bronze, ainsi que leurs moules et les vestiges du fourneau où l'on fondait le métal '. Â Ecornebœuf près de Périgueux, dans le département de la Manche^, étaient aussi
* Keferatein, la découverte de 1845.
« * Les Cyclopes seraient-ils des mineurs, et leur œil unique, la lampe du mineur? — Voir I/te(ion. Encyclop. mot GauU, pag. 17.
* Moule de celt, trouvé en 1806 près de Saint-Martin (Calvados] avec un fourneau rempli de cendres et de charbons.
* Près d'Anneville. Fonderie avec plusieurs objets, une cuillère de fer contenant un culot de bronze du poids de 1 livres.
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d*aociennes fonderies. Il y en avait en Angleterre dans les comlés de Carnotiailles^, i*Essex et ailleurs. En Normandie et en Angleterre on a retrouvé des moules de celts formés de deux pièces creuses qui ont été publiés par M. de Caumoni*. — Une fonderie de celts a été constatée en Suisse près de Wulfling, à 4 lieues de Zurich. — Ces lieux de fabrique sont très nombreux en Allemagne. Prés de Gambach, district de Coblenz, étaient les restes d'une ancienne fonderie, avec moules, creusets et plus de 100 livres de bronze*. — A Lawlshut, sur l'Isar, en Bavière, mêmes débris, avec couteaux en bronze et pointes de traits prises encore dans le moule. — En Bohême, près de Freisladt, c'étaient des faucilles inachevées à cAté des masses en bronze fondu. — On a retrouvé des moules ou des creusets à Gross-Jena dans la Thuringe, k Bratienfels, dans la Hesse*, et à Netisiadt-Eberstvald*. — A Plestlin* et au sud de Greifeswald. entre Loitz et Demmin, étaient des celts nombreux, à côté de masses fondues. Un fait a souvent causé la surprise de ceux qui Tout observé, c'est que ces celts. quelque pareils et nombreux qu'ils soient, présentent toujours des variétés qui montrent qu'ils n'ont pas été coulés dans le même moule. Il paraît que pendant longtemps on n'a pas su fabriquer des moules dont les parties de rapport pussent se rejoindre et se séparer aisément. La pièce une fois coulée, on en brisait l'enveloppe, ainsi qu'on le voit sur quelques instruments pris au milieu de
* Paroisse de Lan au.
' Court iTantiq. nation. PI. IX, t, 6.
* Dictionnaire de Wagener.
* Keferstetn.
* Deux creusets dans ma collection.
* CollecUon d'antiquités nationales de Berlin, de Ledebur, N* II, 887.
l'argile cuite. Il fallait ainsi, pour chaque objet, construire un moule nouveau qui différait toujours en quelques parties du moule précédent. Cependant on obvia plus tard à cet inconvénient, comme le montrent les moules découverts dans \(^Brisgau\ en France et en Angleterre. — Dans les collections de Genève, de Hambourg et de Copenhague sont les fragments concassés d'armes et d'ornements divers, qui, étant hors d'usage, avaient été remis au fondeur, sans doute pour la valeur du métal. Dans le nord, on retrouve parfois ces fragments dans les creusets, destioés évidemment à être fondus de nouveau.
Si nous insistons sur la reproduction de faits analogues, c'est qu'ils sont la meilleure réponse qui puisse être adressée à ceux qui prétendent que les armes et ornements en bronze qu'on retrouve dans les tombeaux du nord ont été apportés d'Italie. Dans la période suivante nous trouverons, mélangées aux antiquités barbares, des antiquités romaines importées par le commerce ou par le pillage; et leur rapprochement, en témoignant d'une différence d'art prononcée, permettra d'établir un parallélisme entre ces produits de cultures opposées. Le nord eut en outre ses mines d'or et de cuivre qui ne furent jamais ouvertes aux Romains, et l'on ne comprendrait pas pourquoi ceux qui étaient capables de les exploiter, n'auraient pas su en travailler le métal. Trop souvent, ces peuples auxquels s'attache l'épithète de barbares ont été regardés comme incapables de produire, et comme étant uniquement adonnés h la destruction.
* D' Schreiber Streilmeissel.
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Travail des métaux.
Après avoir examiné les principaux objets qui caractérisent cette période, quelques mots sur leur fabrication rendront plus sensible le degré de développement propre à cet âge. Nous avons déjà fait observer, à plus d'une reprise, que le travail des métaux consista d'abord dans la fonte et le moulage ; cependant l'art du martelage pénétra fort anciennement dans le midi ^ Homère nous donne à cet égard des renseignements précieux. Si la poésie idéalise ou ennoblit, elle n*en est pas moins la peinture de la vie, des mœurs, des usages des peuples. Lorsque Vulcain, à la prière de Thétis, forge des armes pour Achille, il met vingt soufflets en jeu sur ses fourneaux et jette dans le feu du cuivre, de l'étain, de l'or et de l'argent. Ensuite il place une grande enclume sur le billot, saisit d'une main un lourd marteau et de l'autre des tenailles, puis il fabrique un bouclier grand et fort, qu'il entoure d'un cercle resplendissant '. En quelques vers, le poète nous
* Les plus anciens bronzes d*E^pte sont moulés.
On moulait les petits objets, on martelait les grands vases, les cuirasses, etc.
* ÎUadt XV III, 468 et suiv. Homère ajoute {lUadt XX, 270) que ce bouclier était formé de plusieurs cuirs, de deux lames d'airain, de deux d'étain et d'une en or. — Quant à ce cercle resplendissant, il est curieux de retrouver une composition pareille sur l'un des boucliers de Copenhague (Dèn. Voneity pag. 26), dont l'un des bords, un peu endommagé, montre un fil ou cercle pris dans le pourtour, il vaudrait la peine d'étudier si dans les représentations de ce bouclier l'artiste n'a pas voulu reproduire dp5 constellations.
Vulcain adapte au bouclier une courroie en argent. Voir encore Odyssée ni, 480 et suiv., le sacrifice d'une génisse à Minerve, dont Nestor fait dorer les cornes: « Le doreur vint portant avec lui les instruments de son art, l'en-
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fait toute la description de la forge du maréchal : fourneaux, soufflets, enclume, tenailles et marteau ; rieu ne manque à Tatelier du forgeron. On sent que le poète reproduit ce qui existait de son temps. Mais ceci n'est qu'une faible partie du travail : Bien plus surprenants sont les détails de la composition des sujets dont Yulcain orne le bouclier d'Achille, quand il représente, au moyen de Tor, de l'argent et de l'étain, la terre, le ciel et la mer, — le soleil, la lune, les constellations et les astres, — le joyeux cortège d'une noce au milieu d'une ville, — un jugement devant l'assemblée d'un peuple tumultueux, — l'attaque et la défense d'une ville assiégée, — les travaux des champs et de la vigne, — des bergers excitant vainement leurs chiens contre des lions qui déchirent des taureaux, — et enfln les réjouissances de vierges et de jeunes guerriers '. — Dans chacun de ces tableaux est une animation qui n'appartient qu*à l'artiste ; mais la conception d'une œuvre de ce genre ne peut être purement imaginaire; il fallait que du temps d'Homère on fût capable d'exécuter des sujets analogues, sinon avec la perfection du poète» du moins avec assez d'habileté pour justifler la vraisemblance de cette peinture. — A l'arrivée de Thétis, Yulcain se rend en boitant au-devant de la déesse, appuyé sur les images
citfme, le marteau et les tenaiUeê dont il se servait pour travailler Tor ... Nestor fouroit l'or au doreur, qui, le réduisant en feuilles, eo revêtit les cornes de la génisse. » Ici l'or est martelé, non laminé, non soudé.
Voir aussi le siège de Pénélope tout entier d'ivoire et d'argent, ouvrage de Sémalius (faber). Od^s. XIX, 5S et suiv. ~ Une clef en brome avec un manche d'ivoire. Ody$. XXI, 6. — Le lit d'IHjsse en olivier, orné d'or, d'argent et d'ivoire, avec des t>andes de cuir teintes eo pourpre pour sangles. Odyt. XXIII, 184, et suiv.