III. BOURGS, VILLAGES, HABITATIONS DISSÉMINÉES
La partie da canton qui vit la première s'élever des constructions étrangères dans ses campagnes fat celle des environs de Nyon. Mies, Coppei, Céligny, Borex, Eysins, Trékx , Duillier, Coinsins et Vie possèdent des briques romaines, des murs, des inscriptions et de vastes aqueducs. Prangins et Benex avec sa mosaïque blanche parsemée d'étoiles noires, touchaient à la colonie équestre. Plus loin, sur les rives et les hauteurs du lac, on voit des débris pareils, ainsi à Linières, Gilly, la Combe près de Rolle, Perroi, Allatnan et Yerei. Channivaz, entre Buchillon et TAubonne, en renferme plusieurs. Le lieu d'où l'on en sort le plus est une élévation de terrain qu'ombragent deux bouquets de chênes , et qui s'avance dans les eaux du Léman. C'est là qu'on découvre depuis nombre d'années des ustensiles, des médailles et des bas-reliefs ; les deux gladiateurs combattant avecl'épée et le bouclier, transportés à Aubonne, ont été trouvés dans ce lieu avec des vases, des armes , un fragment de corne de cerf, de grandes briques, des fûts de colonne et des traces d'aqueduc; les murs, construits par assises, formant divers compartiments et parfois des demi-cercles, occupent une étendue considérable. Buchillon et Etoy sont moins riches. Saint'Prex, qui portait autrefois le nom de Basuges, renfermait entre autres dans ses anciennes constructions des statuettes dont l'une reposait sur un piédestal qui exprimait un vœu à Bacchus de Cully (Libero patri cocliensi). A
512 ANTIQUITÉS BOMAINES
JouknSy au-dessas de la ville de Morges. s'élevail autrefois UD temple chrétien sur des ruines romaines. Dans les enfirons de Lutry, en Taillepied, au Châtelard, à CùurU'naux et au Crêi-Bemard, nommé aussi la citadelle, ont eu lieu diverses découvertes. L'une, au Miroir, doit avoir mis dans l'aisance l'ouvrier qui la fit. Une autre dans les environs de Savuy rendit au jour des peintures à fresque représentant le soleil et plusieurs espèces d'animaux. A Bossières, près de la même commune, quatre plats en cuivre reposaient dans un vase de terre cuite. Ces derniers temps encore on a sorti des vignes de Villette de grands blocs calcaires diversement taillés. Comme nous l'avons vu par l'inscription de Saint-Prex, Cully cultivait déjà la vigne. Une bacchante y a été découverte ainsi qu'un entablement qu'on a cru provenir d'un temple. Des mosaïques et des bains se trouvaient à Treylorrens; une tète en marbre de grandeur naturelle près de la Salence: et d'anciennes constructions en Murez, à Jourdillon, Rivaz^ Saint'Saphorin, Goy, Chexbres, Tolovaux et Praz^-pourri. Les médailles y sont nombreuses; en plus d*un endroit des vofttes restent inexplorées.
Au delà de Yevey, la hauteur de Bangi renfermait des colonnes de marbre, des sculptures sur albâtre, des médaiHes* en grande quantité et deux mosaïqms dont Tune présente des lignes demi circulaires qui partent du centre à la circonférence ; la seconde, que le propriétaire du fonds conserve avec soin, a été gravée dans l'Atlas qui accompagne le dictionnaire Levade. Une cassette trouvée près de Clarens, contenait trois bracelets et trois simpotes en argent. Valeyres, Mauraz et le Chs-du-Moulin offrent les traces de Pennitucus. Retmaz, à l'entrée de la vallée do
Rbône » possède des briques à larges rebords sous une forte eoucbe de limon, déposée par Téboulement de Taaretnnum. Une mosaïque a été détruite au Peuiex près d'Aigle, à côté des traces de la cbaussée romaine. Ollon conserve une ampbore d'une forme allongée découverte récemment en Taxerez; à Antagnes on trouve divers débris. Les belles fibules de Fully, vis*à-vis Martigny, se voient au musée cantonal. Dans la vallée du Rhône, c'est surtout Saint'Triphon qui se fait remarquer par ses ruines imposantes. Une grande tour carrée, baute de 60 pieds sur S7 à 28 de large, domine on rocher isolé, élevé de 246 pieds au-dessus de la plaine. Habitée dans le moyen âge, ainsi que le montrent des chartes et les restes d'une chapelle voisine, plusieurs la disent l'ouvrage des Romains. Des vases et des médailles consulaires et impériales se trouvent au pied de la tour. On voyait en outre audessus d'on portail d*enceinte une inscription romaine, enlevée ces dernières années.
NonloindeBromagus(Promasens), des bains s'élevaient au Mar/tnei près de Palézieui. Une salle avait un doublefond composé de grandes briques, soutenues par des piles, autour desquelles circulait le calorique. La fournaise donnait sur le vestibule et communiquait aussi avec une seconde salle dont le parquet de marbre blanc reposait sur 36 piles ; cm piles, formées chacun» de 12 brigues, étaient moins larges à la base qu^ao sommet ; des tuyaux de terre cuite, minces et carrés, se dirigeaient verticalement le long des parois. Dans une pièce voisine, de petites briques, posées de champ, formaient, sur une couche déciment, une très|oJie isosaîque. Disons encore que la fournaise, remplie de cendres et de charbons, renfermait le squelette