‹ Monuments de tous les peuples: décrits et dessinés d'après les documents les plus modernesChapitre 32 sur 75 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

Temple de Minerve , ^ Bath. Ses restes paraissent annoncer un édifice important et <l*an bon style.

EGFJSKS. 12i)

t^ ± — ÉGIJSKS.

Ce fui dans rintervalle du règnp Commode à celui de Coustanlin (180 à ôOii) , que commença la réunion des causes générales de la décadence de Tempii^e romain , dont celle des sciences et des arts devait être la suite inévitable. Le règne de Septime Sévère, à la fin du deuxième siècle, doit être regardé comme la véritable époque du oommencement de cette décadence, et lare élevé au Forum en Thonneut de cet empereur en est le premier monument. Quelque temps cependant rarchitecture survécut à la ruine des autres arts; c'est qu'elle put encore paraître exister en copiant ce qui avait déjà été fait, et que copier, pour elle, n'est \yas une œuvre d'art, mais une simple opération mathématique. C'est ainsi qu'à une époque (284) où dans toat Tempii^e on n'cAt pu trouver un peintre ou un sculpteur vraiment digne de ce nom, nous verrons que Dioctétien ne manqua pas d'architectes pour élever ses tbernes de Rome et son palais de Spalatro, où Ton découvre encore quelques remi- DÎscences de bon goût, noyées, il est vrai, dans une foule de défauts qui annoncent Toabli des règles et des principes. Le moment approchait où deux grands événemcnls alhient porter à Fart un coup fatal; je veux parler de l'établissement public de la religion chrétienne, et de la translation de l'empire à Constantinople.

Malgré Tétat de décadence où était rabaissé le polythéisme qui, se sentant éteindre

faole de croyance, était réduit à emprunter des dieux à tous les peuples, les intérêts

qoiy rattachaient les hautes classes subsistaient toujours, et celles-ci n'avaient qu'à

perdre dans un changement; aussi le christianisme dut-il s'attacher le peuple par

Tespoir de l'élévation , les esclaves par des promesses de liberté, de suppression de

h servitude. Cette obligation de la religion naissante de s'adresser aux classes

inférieures donne l'explication du manque d'art des piemiers monuments chrétiens.

Parmi ces hommes sans éducation, et à une époque de décadence, comment trouver

des artistes vraiment habiles? La croyance ne suiFit pas pour les arts, il leur faut la

liberté, l'émulation. Et quelle liberté pour des malheureux sans cesse forcés de se

ocher? Quelle émulation pour des artistes dont les œuvres étaient destinées à

rester enfouies dans les catacombes? Lorsque enfin, sous Constantin, la religion

chrétienne put se montrer au grand jour, elle ne pouvait être déjà assez tolérante

poor adopter les temples souillés par les rites du paganisme; elle trouva une autre'

espèce d'édifices, dont la destination était purement civile, mais dont la forme était

si favorable aux besoins du nouveau culte, que jusqu'au onzième siècle on ne s'en

écarta que fort peu. Je veux parler des basiliques, dont nous avons déjà vu un

exemple dans Téglise érigée à Bethléem par la mère de Constantin. Les basiliques

existantes, étant en petit nombre, ne pouvaient être suffisantes; on se hâta d'en élever

d'autres; et cet empressement , joint an manque d'architectes habiles et à Tétat de décadence de Tépoque, fut cause qu'on appliqua aux nouvelles églines chrétiennes les colonnes des temples antiques, et qu'on réunit dans un même édifice des éléments hétérogènes, dont le rapprochement incohérent dut contribuer encore à l'oubli de toutes les règles. Cette première période de l'art chrétien, du quatrième au onzième siècle, constitue le style que les antiquaires modernes sont convenus d'appeler latin

Il nous reste plusieurs édifices importants de cette première époque; mais il en est un moins grand, moins ancien même, mais qui doit être étudié de préférence h tont autre, parce que, seul peut-être au monde, il a conservé toutes les parties qui constituaient l'ensemble de l'église primitive.

L'église Saint-Clément, ù Rome, existait déjà au cinquième siècle; mais elle a été restaurée à diverses époques, toutefois sans rien perdre de son caractère : d'abord se présente un petit vestibule soutenu par quatre colonnes; là se tenaient les chrétiens en état de péché mortel, et qui accomplissaient une pénitence publique. Vient ensuite l'atrium, ou cour environnée de portiques, qui était destiné aux fidèles qui n'étaient pas en état de grâce; de là, enfin, on passe dans Téglise, partagée en trois nefs par deux rangées de colonnes.

Dans celle du milieu on voit une enceinte de marbre, enrichie de mosaïques, datant du neuvième siècle; cette enceinte servait de chœur dans les églises anciennes, et aux deux côtés on remarque les ambons de marbre, pupitres sur lesquels on lisait les écritures et les évangiles au peuple. Enfin, derrière l'enceinte est le sanetuarium, qui était séparé entièrement du reste de la basilique; dans cette partie on voit le siège pour l'évêque qui présidait, et ceux des prêtres qui assistaient aux cérémonies.

Pendant cette première période, l'art ne resta pas stationnaire, mais autant qu'on peut le supposer d'après le peu de monuments que nous possédons, la décadence continua jusqu'au règne de Charlemagne, dont le génie releva un moment tons les arts, mais ne put les empêcher de tomber de nouveau sous ses successeurs. Il noos reste un. édifice bien intéressant de cette époque, et par son style et par les souvenirs qui s'y rattachent : l'Octogone d'Aix-la-Chapelle, construit par Charlemagne, dont on y voit encore la pierre funéraire (voyez la planche).

La croyance populaire que la fin du monde arriverait le premier jour de Tan tOOO, ne contribua pas peu à éteindre toute émulation, toute idée de progrès.

Pendant ces premiers siècles du christianisme, l'architecture semblait avoir, comme la politique, partagé son domaine en empire d'Occident et empire d'Orient. Pendant que le style latin régnait en maître dans nos contrées, le style ' byzantin se développait sur les bords du Bosphore ; Isidore de Milet et Anthemios de Tralles, par ordre de Justinien, élevaient à Constantinople l'église Sainte-Sophie, qui, plus tard, devait y devenir le principal temple du mahométisme (voyez Ja planche), et depuis lors ce style s'est conservé en Orient, bien qu'avec de légères variantes. On le retrouve dans le Catholicon, ancienne cathédrale d'Athènes (voyez la lettre), dans l'église de Saint-Taxiarque, dans la même ville, dans celle de Samari,

OCTOGONK DR CIIARLKMAGNK, A AIX LA-CIIAPELLE.

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MOSQURE DE COnDOl R.

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en Morée, du Théolocos, à Constantinople, etc.; les églises d'Ariuénîe semblent en èlre une émanation. Le style byzantin « dont le trait le plus saillant est remploi de Tare surélevé, avait bien fait son apparition sur quelques points de r£uro|K' oeeidenlale dès le sixième siècle; car à cette époque, des architectes grecs avaient élevé plusieurs ^i6ces de ce genre dans Texarcbat de Ravenne, tels que Téglise de Saint- Vital; mais on ne peut voir dans ces rares exemples que des innovations partielles; ce ne fut qu'au onzième siècle que l'association du style byzantin à farchilecture latine devint générale. Ce fut alors que Ton construisit à Venise la cathédrale de Saint-Marc, le plus bel édiiice byzantin que nous connaissions (voyez la planche). Chose étonnante! dans ce même siècle, en 1063, s'élevait la cathédrale de Pise, et son architecte, Busi*het(o, savait, en employant les mat<'>riaux^ntiques,en former un tout qui ne manque ni de caractère, ni d'homogénéité, et qu'où peut regarder comme signalant le premier pas vei-s la renaissance (voyez la planche).

L'architecture romano-byzantine ne s'introduisit qu'assez tard en Espagne et seulement vei^s la hn du douzième siècle. C'est à celte époque qu'appartient la cath<W draie de Zamora, l'édifice le plus complet de ce style que nous présente la Péninsule.

Le style byzantin, une fois adopté, régna conjointement avec un autre genre d'architecture appelé roman, qui n'est guère qu'une modiiication du style latin, et dont le (*aractère principal est l'arc à plein cintre, jusqu'à la (in du douzième siècle; c'est à ce style qu'appartient en grande partie la cathédrale de Trêves ( voyez la planche)^ dont la fondation première remonte, dit-on, jusqu'à l'époque de Constantin.

A la même époque où, dans l'Kurope occidentale, régnaient les architectures latine, romane et byzantine, les Arabes, devenus puissants, étendaient leur empire depuis Constantinople jusqu'aux contins de l'Espagne; ils entreprirent dans leurs conquêtes de vastes constructions qui durent, tout en conservant leur caractère oriental , subir l'influence de l'architecture eu usage dans les pays subjugués.

Celte influence se fait surtout sentir dans les constructions moresques de l'Espagne, et dans celles araljes ou sarrasines de la Sicile. Lu principale ditférence est dans l'usage constant que l'architecture moresque lit de l'arc à cintre outre-passé, tandis que l'architecture arabe employa toujours l'arc aigu. Le plus beau type de cette architecture est l'ancienne mosquée, élevée au huitième siècle par Abdérame, et qui sert aujourd'hui de cathédrale à la ville de Coi*doue ( voyez la planche). Ce style fut plus tard, et après l'expulsion des Arabes, encore employé pour des édifices originairement chrétiens, tels que l'église Saint-Romain, construite en 4221, ou la clia|>elle du Christ de la lumière, sur la place du Zocodover, toutes deux à Tolède. On le retrouve aussi dans les deux anciennes synagogues de la même ville, aujourd'hui converties en églises.

La loi de Mahomet défendant toute représentation d'objets animés, les Arabes consacrèrent toute l'habileté de leur ciseau à ces ornements fantastiques, qui ont pris d'eux le nom d'arabesques. La vue des monuments arabes de rEs|>agne et de la Sicile, jointe aux traditions rapportées des croisades, dut inspirer aux architectes

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européens le goûf de celte richesse, et son application à Farchitecture byzantine, jointe à Teniploi des arcs aigus ou ogives, des figures d'hommes ou d*animaux, ressource inconnue aux Arabes, donna naissance à Tarchitecture si improprement appelée gothique, nom auquel M. de Caumont, avec toute raison, a proposé de substituer celui d'ogival, qui, au moins, a le mérite de ne pas impliquer une idée fausse, et d'être emprunté au principal caractère de ce style.

L'ogive, a son apparition, ne fut d'abord qu'a peine indiquée, mais peu à peu elle se revêtit des ornements de Tarchitecture romane.

Dès le milieu du douzième siècle on avait élevé des églises dans le style ogival; mais ces monuments conservaient une partie du caractère ancien. Telle est la cathédrale de Noyon, le plus complet de tous les édifices de cette époque de transition. Ce ne fut que vers 1â50 que le style ogival eut acquis son élégance, sa légèreté, ses proportions; alors seulement il exista seul et par lui-même.

A cette époque, le chœur s'allongea; la chapelle plar/^e dans l'abside commença à prendre un plus grand développement, et fut consacrée à la Vierge. Au reste, cet usage ne fut complètement adopté que dans le quatorzième siècle, où s'introduisit aussi celui des chapelles, des nefs latérales, qui ne se retrouvent dans les églises du treizième siècle qu'ajoutées après coup. Une des principales et des plus remarquables innovations fut l'introduction de ces arcs-boutants qui s'appuient d'un côté sur les contreforts des basses nefs, et de l'autre vont soutenir les mui^ du grand comble. Dès lors, pour accompagner ces supports projetés en l'air avec tant de légèreié, on couronna les contreforts d'élégants clochetons, et on les orna de niches qui reçurent des statues. Les contreforts, dans les édifices élevés, supportèrent jusqu'à trois rangs d'arcs-boutants superposés, qui servirent en même temps d'aqueducs pour l'écoulement des eaux, que des gargouilles rejetèrent loin des murailles.

Au treizième siècle les chapiteaux ne manquent pas d'élégance; quelquefois ils affectent la forme corinthienne, mais le plus souvent ils offrent des feuilles galbées, terminées par des espèces de volutes. Les fenêtres, généralement désignées sous le nom de lancelUs, sont étroites, allongées et dénut^es de tout ornement; mais peu à peu elles se garnissent de voussures décorées de tores ou boudins venant s'appuyer sur des colonnettes. Dans les grands monuments ces fenêtres sont souvent réunies deux à deux et encadrées dans une arcade commune.

Le treizième siècle est la plus brillante époque de Parchilecture ogivale; c'est à lui et aux premières années du quatorzième siècle qu'appartiennent les plus purs monuments de ce genre, tels que Saint-Ouen de Houen, la cathédrale de Chartres et Notre* Dame de Paris (voyez la vignette).

L'architecture du quatorzième siècle n'a pas de caractère bien tranché et ne constitue pas, comme celle du treizième ou du quinzième siècle, une variété bien distincte du style ogival. Ce siècle a produit peu de monuments entiers; il ne fit guère (|ue continuer l'immense quantité d'édifices commencés dans le douzième et le treizième siècles. C'est de celte é|)oque que datent plusieui*s parties des cathédrales d'Amiens, de Rheims, de Bourges et la nef de Tours.

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CATIIRDIUI.E DE Ul KGOs

ÉGUSES. i53

Le fttyle ogival du quinzième siècle a reçu aussi le nom de flamboyant, emprunté à kl forme des meneaux des fenêtres, ou celui de pnstnaiique , dû à ses moulures. En eflet, les formes prismatiques ou anguleuses dominent dans toutes les parties, et remplacent les formes arrondies des siècles précédents; elles se manifestent jusque dans les moindres détails. Les colonnes groupées sont pour la plupart d'une extrême tine^se; quelquefois même de simples nervures prismatiques les remplacent. Aux imitations des feuilles d'acanthe sont substituées, dans les ornements comme dans les chapiteaux, des feuilles de chardon ou de chou frisé. Enfin, la dernière époque du style ogival, de 4480 à 1550, fut celle de sa plus grande richesse, et a reçu le nom de gothique fleuri. Les festons, les entrelacs, les broderies, les arabesques, les dentelures furent prodigués. C*est à cette période qu'appartiennent la cathédrale presque entière de Gand, celles d'Anvers, de Malines, de Mézières, l'église de Brôu, le gi*and portail, la tour de Beurre et plusieurs autres parties de la cathédrale de Rouen, etc.

La merveilleuse cathiKlrale de Burgos fut commencée au treizième siècle par le roi Ferdinand, mais la façade, que nous donnons ici comme exemple de la prodigieuse ricbesse d'ornementation à laquelle parvint le style ogival, appartient à la fin du quioiième siècle (voyez la planche).

Cependant l'Italie, tout en élevant quelques édifices de style ogival, tels que Sania Maria delta Spina de Pise (voyez la planche), et le dôme de Milan (1), n'avait jamais entièrenieni adopté cette architecture. Les monuments de l'art antique que les artistes italiens avaient sous les yeux, les colonnes, les fragments qu'ils employaient sans cesse, et qui n'auraient pu s'appliquer au style gothique, furent un obstacle à sa naturalisation dans la patrie des arts. Cette persistance de l'Italie devait être la première cause de cette renaissance qui surgit comme par enchantement au commeoceroeot du quinzième siècle. Brunelleschi parut, qui, le premier, sentit le besoin d'étudier sérieusement les beaux restes de rarchitectui*e romaine. La i*ègle et le compas i la main, il parcourut les ruines de l'ancienne Rome, mesura les colonnes, dessina les chapiteaux, et l'église Saint-Laurent de Florence, où reparut pour la première fois l'ordre corinthien avec sa régularité, l'étonnante coupole de Santa Maria di Fiore, lui méritèrent le titre de lestaurateur de l'architecture. De ce moment l'attention se reporta sur ce style si noble et si pur. Dès les premières années du seizième siècle, Léon-Baptiste Alberti, profitant des recherches de Brunelleschi et des siennes propres, composa un traité d'architecture qui, plus clair, plus intelligible que celui de Vitruve, rendit d'immenses services. Bientôt son œuvre fut complétée par les é«Tits et surtout les admirables exemples des Serlio, des Palladio, des Michel-Ange, des Vignole, des Raphaël et de tant d'autres illustres architectes, et l'œuvre de la renaissance fut consonmiée. Parmi les innombrables monuments de cette époque, qu'il siiflise de citer ici la merveille du inonde chrétien, la basilique de Saint-Pierre

(t) Noas avons préféré, comme exemple de golliique italien, la petite t^lise de Sinta Maria délia spina au iJôme de Milan, parce que la façade de la magnifique cathtHlrale de Milan est de style moderne.

de Rome (voyez la planche); à laquelle concoururent les plus illustres architectes de ce siècle, dont Michel-Ange éleva la prodigieuse coupole» dont le Bemin traça riuîniitable portique.

Malheureusement, les monuments que les grands ailistes du seizième siècle avaient consultés, étaient eux-mêmes dégénérés de la pœmière pureté de rarchitecture grecque, et les niuitres de la renaissance érigèrent en principe ce qui dans l'antiquité n'était déjà qu'une innovation. Ces égarements furent funestes à l'art en devenant la source des extravagantes productions architecturales du Borromini et de ses imitateurs.

L'écoKdu Bernin exerç;! aussi une fatale influence, car il en fut d'elle comme de toutes les écoles; les élèves n'eurent |)oint les qualités du maître et outrèrent ses défauts. Heureusement ces erreui*s furent de courte durée.*

Le style de la renaissance était plus remarquable par son extrême élégance que par sa pureté, par sa richesse que par sa majesté. Sous Louis XIV on prétendit revenir à la sévérité primitive. Mansart fut prol^é et employé, l'académie de France à Rome fut fondée, Perrault traduisit Yitruve. C'était beaucoup, sans doute; mais malheureusement le goût vint souvent à manquer, et si l'on réussit à faire du grandiose, de l'imposant, on était encore bien loin du but qu'on s'était proposé. I^ période frivole de la régence et de Louis XV vint tout à coup ari^éter l'élan, et l'architecture fut abandonnée à ces ornements bizares, à ces caprices de boudoir, qn'oo est convenu d'appeler le style rococo ou pompadour.

Presque toujours un excès succède à un autre excès; la révolution française arriva, et avec elle les souvenirs de la Grèce et de Rome.

Dès lors, on ne vit plus que de psxles imitations des grands édifices des siècles de Périclès et d'Auguste. L'architecture de l'empire continua celle du dii*ectoire, et ce fut avec justice qu'on put s'écrier :

Qui nous délivrera des Greis et des Romains?

Alors, une église, une bourse, un palais, une caserne, une halle, tout était taillé sur le même patron; tout était Panthéon ou Parthénon. Aux éditices les plus riches de la période ogivale, venaient se plaquer des fa^^des toscanes ou corinthiennes, des sacristies ioniques, des chapelles doriques ou composites. Enlin, une ère plus raisonnable semble avoir lui pour l'art. Il ne faut plus compter sur l'érection de grands monuments, mais au moins est arrivée l'époque des restaurations consciencieuses, et on a senti le besoin de se conformer au style des édifices qu'on augmente ou qu'on l'établit.

Ije nord de l'Europe présente des églises qui ne |)euvent èi\*e rangées dans aucune des classes que nous venons de parcourir. C'est un amoncellement de clochers, de coupoles des formes les plus disparates, les plus bizarres, inspiration évidente des riches constructions de l'Orient. L'exemple que nous avons choisit l'église de Wassili Ulagennoi, à Moscou (voyez la planche), pourra, mieux que tout ce que nous dirions.

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