‹ Monuments de tous les peuples: décrits et dessinés d'après les documents les plus modernesChapitre 53 sur 75 · PHARES · texte numérisé non relu

PHARES

Les phares, destinés à indiquer aux navigateurs les écueils à éviter à Teutrée des ports, sont loin d'être une invention moderne; mais leur système d'éclairage, sinon l'élégance de leur architecture, a été bien perfectionné dans les derniers temps. On a reconnu des phares de construction romaine en Irlande, en Ralie, en France, en Espagne.

Parmi les modernes, les plus remarquables sont, en France, celui de Cordouan, élevé en 1584 à l'entrée de la Gironde, ceux de Cherbourg, de Barfleur, de Sainte- Marguerite, etc. Nous avons choisi pour exemple celui de Bréhat, près de Tréguier (Côtes-du-Nord), comme étant un des plus beaux et des plus hardis (voyez la planche).

En Ralie, la lanterne de Gênes est le plus élégant des phares qui éclairent ses ports (voyez le fronthpice, 1" plan à gauche). Enfin on en cite plusieurs fort beaux en Angleterre ; et en Espagne, celui de Malaga est une tour de construction moresque.

PORTES DE VILLE, AfiCS DE TRIOMPHE, COLONNES HOEHENTALES.

^ 1— CHATEAIX FORTS.

II moyen ûge, les premières habitations des princes et des grands furent en général fortifiées; en outre à cette époque, comme de nos jours, il exista des forteresses destinées à arrêter la marche des ennemis, et souvent aussi à servir de prisons. De là c^tte innombrable quantité de ruines, la plupart si pittoresques, qui couvrent la surface de TEurope.

La partie la plus remarquable de ces forts était le donjon , grosse tour centrale, dernière ressource des assiégés et en même temps symbole de la puissance des châtelains. Nous ne pouvons donner ici une description détaillée de ces édifices; on trouvera une notice succincte sur les principaux à la fin de ce

\m EUROPE.

chapitre; mais il en est plusieurs en Espagne, qui, par leur origine comme par leur forme , n*ODt aucun rapport avec ceux du reste de TEurope, et qui, au point de vue de Fart, sont infiniment plus intéressants : je veux parler des palais fortifiés élevés par les Mores.

Tout le moinde a entendu dès son enfance vanter les merveille<i de FAlhambra de Grenade. Longtemps théâtre des arts, de la galanterie, de Thérolsrae et enfin de Tagonie d'une grande nation, nul édifice oriental, après la Kaaba de la Mecque, n'a droit à plus de vénération aux yeux des enfants du prophète, et le voyageur le plus insensible ne peut se défendre d'une émotion profonde au premier aspect de ces remparts auxquels se rattachent tant de gloires et d'infortunes, tant de splendeurs et de misères. Demeure des anciens rois mores et leur dernier domaine dans leur dernier royaume d'Occident, l'Alhambra (la maison rouge) déploie son enceinte irrégulière sur le large flanc d'une montagne qui commande Grenade. Cette construction colossale fut commencée vers le milieu du treizième siècle par Mohammed-ben-Alamar, et terminée par son successeur Youssouf-Abul. Après l'expulsion des Mores, TAlhambra continua d'être une résidence royale et fut habitée quelquefois par les princes castillans. Charles-Quint fit même élever dans son enceinte un palais qui existe encore.

La vue que nous donnons ici (voyez la planche) présente le développement presque complet de l'Alhambra du coté de la ville. A droite du frontispice de ce chapitre, nous avons placé l'entrée principale de l'Alhambra, connue sous le nom de porU de Justice, qu'elle doit a l'usage observé au moyen âge, en Orient comme dans l'Occident, de juger les ditrérends à Pentiée des palais. En avant est une fontaine qui fut élevée en l'honneur de Charles-Quint. Après avoir franchi celle porte, on arrive par un chemin tournant à une cour uppehn^ la plaza de los Algibes (place des Citernes); on y voit un magnifique réservoir creusé dans le roc à une grande profondeur. Laissant à droite le palais de Charles-Quint, on entre dans la cour nommée indifféremment de VAlberca (du Vivier), de los Arrayanes (des Myrlhes) ou du Mezouar (Bain des Femmes). Cette cour, pavée en marbre blanc, entourée d'admirables péristyles, ofl*re au centre un bassin de quarante mètres de long, sur dix mètres de large. Un passage couvert conduit de là à la fameuse cour des Liom (voyez la plancfie)^ au milieu de laquelle s'élève la fontaine dont le bassin reçut les têtes des braves et infoilunés Abencerrages, qui furent massacrés dans une salle voisine dont Télégance et la richesse forment un singulier contraste avec ces funèbres souvenirs. Les principales salles de l'Alhambra sont, après celle ci, la salle d'audience où fut célébré pour la première fois le sacrifice de la messe en présence de Ferdinand et d'Isabelle après la reddition de l'Alhambra, la salle des Ambassadeurs, celle des Deux-Sœurs, le Tocador (toilette des sultanes), et l'ancienne mosquée convertie en église.

Sur une autre colline, à l'est de l'Alhambra, s'élève le Généralife (lieu de délices), charmante résidence d'été des rois de Grenade pendant les mois les plus chauds de l'année. (Voyez Vue de l'Alhambra, dernier plan à gauche.) Ce qui subsiste de ce palais prouve qu'il était digne par ses arabesques et ses mosaïques du voisinage

ALCA/Ai; l»R SÊ(;(»VIE

Page 1