J^ 2. — PORTES DE VILLE
Il nous est reslé de ranliquitc un grand nombre de porles de ville, mais, à l'exception des portes pëlasgiques de la Grèce ou de Tltaiie, nous n'en trouvons aucune qui puisse rivaliser d'ancienneté avec celle qui est connue à Volterre (Toscane) sous le nom de porta aW Arco (voyez la planche). Cette porte faisait partie de l'enceinte étrusque qui est encore conservée en partie; elle est, par rapport aux murailles, dans une situation oblique; elle est composée de gros blocs équarris, qui ont environ soixante et dix centimètres de hauteur, et jusqu'à deux mètres de longueur. Du cùlé extérieur on voit, à la clef de l'arc et aux extrémités de l'archivolte, trois têtes en saillie, entièrement défigurées par le temps. Cette porte est haute de sept mètres cinquante-quatre centimèlres, et large de trois mètres soixante et dix sept centimètres; elle présente à l'intérieur une aire carrée de même profondeur. La porte est aujourd'hui enclavée dans une muraille du moyen âge, et je pense que c'est à la même époque que l'on doit reporter l'archivolte ogivale qui se trouve à l'intérieur du coté de la ville.
A une très-ancienne époque romaine doit appartenir la grande porte en briques de Cumes, appelée VArco Felke.
La porte d'Herculanum à Pompéi, et la porte Majeure à Korae (voyez la planche du Tombeau du Boulanger), sont celles d'Italie qui |)euvent donner l'idée la plus justo
l'ORTE ETftlSOlE A VOLTERHA, EN TOSCANE
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ARCS DE TIUOMPHE, COLONNES MONIIMENTAEES. lO."
i\e la disposition des portes de villes romaines, mais il en existe deux en France bien plus complètes et pins monumentales; tontes deux se t ion vent :i Antnn (Saône-el-Loire).
La porte d'Arroiix (voyez la planche), par sa noble simplicité, la beauté de sa construction, la pureté de son style, appartient évidemment à la meilleure époque de Tarcliitecture romaine, et partout on y sent rinflnence du goût encore sévère du siècle d'Auguste et des leçons de Vitruve. L'autre porte, celle de Saint-André, ressemble beaucoup à celle d'Arroux, mais elle a été évidemment bûtie à deux époques différentes et bien éloignées Tune de Tautre. Toute la partie inférieure, jusqu'à la frise, sans être aussi parfaite comme construction que la porte d'Arroux, est cependant ('paiement belle de conception et de simplicité; mais au-dessus des grands arcs, du bandeau et de la frise, commence la partie que je crois pouvoir avec certitude attribuer à une époque de décadence, sans doute au commencement du quatrième siècle et au règne de Constantin.
Des dix portes de Nîmes (Gard) il n'en reste plus que deux, la porte de France et celle d'Auguste. La première, très simple, n*a qu'une seule ouverture, et est surmontée d'un attique orné de qiratre pilastres. La porte d'Auguste était percée de quatre ouvertures , deux grandes au centre et deux petites sur les côtés. Ces arcades sont séparc'*es par des pilastres corinthiens.
Eu Espagne on trouve un assez grand nombre de portes romaines; sans parler de celle de Cordoue et de plusieurs autres, on en compte trois dans la seule ville de Ijerida ; la principale, flanquée de deux tours, est appelée la porte de los Baies, On rencontre aussi dans la même contrée plusieurs belles portes d'origine moresque, telles que celle condamnée qui se voit h Tolède, près de la porte moderne de Visagra.
g 5. — ARCS DE TRIOMPHE, COI-ONNES MONUMENTALES.
Les arcs de triomphe que nous avons d<'j:i rencontrés en grand nombre dans nos excursions sont, comme on le sait, des portiques isolés élevés à l'entrée des villes, sur les places, sur les voies, sur les ponts, ordinairement pour consacrer le souvenir d'une victoire, quelquefois aussi pour éterniser la mémoire des vertus vraies ou supposées d'un prince, ou rappeler des services rendus à l'Étal. Dans ces derniers cas, ils devraient plutôt porter le nom d'arcs honorifiques.
I^es Grecs ne paraissent pas avoir jamais érigé d'arcs de triomphe; ceux que l'on rencontre en Grèce, en Asie Mineure, en Baibaric, etc., appartiennent tous ù l'époque romaine. C'est donc aux Romains que nous devons attribuer l'invention de ces monuments, qui ne furent dans le principe que des constructions en bois élevées dans les rues où devaient passer les triomphateurs. Les premiers arcs de triomphe établis à demeure, au temps de la république, n'eurent rien de magnifique. L'arc de Romiilns fut assez grossièrement bâti en briques; celui de Otmille était composé
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de pierres presque brutes; oelui de Dolabella, que Ton voit encoi*e au pied de rAventin , n'est également qu'un assemblage de briques sans aucun ornement.
Pendant longtemps les arcs ne consistèrent qu'en une arcade à plein cintre, au-dessus de laquelle on plaçait des trophées et la statue du triomphateur; tel était celui que Gic^ron ap()elle Arcus Fabianus. Ce ne Tut que sous l'empire que les arcs de triomphe prirent une place réelle parmi les monuments de l'art, et qu'ils arrivèrent à la richesse que présente le plus beau de tous, l'arc d'Oranges (Vaucluse), auquel même ceux de Rome ne peuvent être comparés. (Voyez la planche.)
Les arcs de triomphe ne Turent pas les seuls monuments destinés à perpétuer le souvenir des victoires ou des grands événements; souvent des colonnes Turent employées au même usage et il suffirait de citer pour exemple la colonne Trajaoe (voyez la planche) et la colonne Antonine «^ Rome.
Les colonnes monumentales, aussi bien que les arcs de triomphe, ont été adoptées par les modernes ainsi qu'on pourra s'en convaincre par la liste que nous donnons ici des principaux monuments de ces deux genres qui existent en Europe.