‹ Monuments de tous les peuples: décrits et dessinés d'après les documents les plus modernesChapitre 7 sur 75 · AV · texte numérisé non relu

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CONSTRUCTIONS MILITAIRES

le sol, permetlraient une restauration, qui serait sans doute facile, mais qui présenterait un aspect peu satisfaisant, car ce ne serait toujours qu'un monument de décadence , chargé d'ornements mesquins. Cet arc parait avoir eu une grande ouverture, accompagnée de deux plus petites. Pétra présente un autre arc de triomphe, plus remarquable par sa position que par son architecture (planche li); il est élevé entité deux rochers, qu'il réunit, et, au premier aspect, on pourrait croire qu'il fut destiné à servir de pont; mais un examen attentif a donné la certitude qu'il n'eut jamais d'autre emploi que celui d'orner l'entrée de la ville, et sans doute de consacrer quelque souvenir.

CONSTRUCTIONS MILITAIRES

Nous donnons (planche 72) un spécimen de rarchitecture militaire des Arabes, la forteresse de l'Accabah, située au fond du golfe du même nom. Celte forteresse, bâtie sur un plan régulier, offre la même disposition et le même système que toutes celles qui furent construites pour la protection de la caravane de la Mecque. Elle est maintenant, à l'extérieur, en assez bon état pour résister aux attaques des tribus; mais, à l'intérieur, la négligence a laissé tomber en ruines quelques chambres, tandis qu'on superposait aux autres de misérables constructions en terre. Un puits nouvellement construit et un palmier sont les seuls objets qui fixent l'attention dans sa cour mal nivelée, et entourée de bâtiments enfumés et en désordre.

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Touest de la mer Rouge s'étend, du nord au sud, une longue et étroite vallée, arrosée dans toute sa longueur par un fleuve majestueux:

ce fleuve, c'est le Nil; cette vallée, c'est le pays qu'à l'imitation des Grecs et des Romains nous appelons Egypte, mais dont le vrai nom est en arabe el Mo^, en hébreu Misraim, en turc Misr. Cette grande contrée de l'Afrique septentrionale est bornée au nord par la Méditerranée; à l'est, par la mer Rouge et l'Arabie , avec laquelle elle communique par l'isthme de Suez; à l'ouest 9 |>ar le dé^rt de Barkah, et au sud, par la Nubie. Là chaîne arabique qui

enferme à l'est la vallée du Nil se termine brusquement au Caire; la chatne Libyque ou occidentale se termine au nord par un talus rapide, et se perd dans les plaines du Delta.

L'Egypte est divisée en trois grandes régions : TÉgypte supérieure, SaldouThébaide; TÉgypte moyenne, ou Heptanomide^ la basse Egypte, ou Delta, ainsi nommée à cause de sa forme triangulaire, et que dans les temps modernes on appelle BoArtn, ou pays maritime.

L'histoire de TÉgypte remonte à une haute antiquité; malgré les travaux des savants, et les nombreuses recherches faites à ce sujet, cette histoire est encore pleine de mystères. Les premières tribus qui peuplèrent TÉgypte venaient probablement de FAbyssinie ou du Sennaar; mais il est impossible de fixer Tépoque de cette migration. Ces premiers Égyptiens, d'abord nomades et sauvages, ne se réunirent que très-tard en corps de nation. Une caste , celle des prêtres , exerçait seule une espèce de suprématie. A ce gouvernement théocratique, une révolution vint substituer l'autorité royale; un chef militaire. Menés ou Menei, fut le moteur et le chef de cette révolution, et devint le premier roi d'Egypte

Vingt-six dynasties lui succédèrent, et, suivant le tableau que nous a conservé Manethon, elles régnèrent de fan 5867 à l'an 524 avant Jésus-Christ. Sous l'administration de ces rois, l'Egypte put enlrepiendre des guerres lointaines et de grandes expéditions; elle devint puissante et forte. Vers l'an 2082, des peuples barbares envahirent l'Egypte, s'en emparèrent et s'y établirent sous la conduite de rois qu'ils se choisirent. Ces rois, désignés sous le nom générique de Pharaons, furent chassés par Amasis, qui se mit à la tète du gouvernement. Ce souverain et ses successeurs s'empressèrent de réédifier ce que les barbares avaient détruit; ce fut alors que l'on vit le sol de l'Egypte se couvrir de ces innombrables et majestueux édifices qui, aujourd'hui encore, font l'admiration du voyageur. Ces institutions subsistèrent jusqu'en 524 ou 525 avant Jésus-Christ. A cette époque, Cyrus, roi des Perses, détruisit la monarchie égyptienne et détrôna Psammeticus, fils d'Amasis. Cambyse, son fils, acheva la conquête, et fonda une dynastie persane qui régna cent vingt ans. L'Egypte secoua le joug étranger en 404 avant Jésus-Christ, et fui gouvernée de nouveau par des princes indigènes. Elle fut encore envahie, en 339, par Artaxercès Ochus, roi des Perses; mais ceux-ci n'en restèrent maîtres que pendant huit années. L'Egypte fut conquise par Alexandre le Grand, qui, en l'an 332, la réunit à son empire. Après la mort du héros macédonien, un de ses lieutenants, Ptolémée Lagus, qui avait été pour lui gouverneur de l'Egypte, se déclara roi de ce pays (323 avant Jésus-Christ), et devint le chef de la dynastie des Lagides, qui gouverna l'Egypte pendant près de trois siècles, et porta ce pays au plus haut point de prospérité.

Cléopfttre III fut la dernière reine de l'Egypte; en l'an 29 avant Jésus-Christ, elle fut détrônée par Auguste, qui réduisit ses États en province romaine. Cet état de choses subsista jusqu'à l'envahissement d'Alexandrie par les Ottomans, sous la conduite d'Amrou-ben-el-Aas, général du calife Omar (640 ans après Jésus-Christ).

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Eu 887, rÉgypte tomba au pouvoir des Turcomans. Ceux-ci furent détrônés, en 1257, par la dynastie des Mameluks Baharites, qui conservèrent TÉgypte jus» quVn i517, époque à laquelle elle fut conquise par Sélim P% sultan des Turcs. Depuis lors TÉgypte a appartenu à la Porte , moins Tespace de quatre années , de 1798 à 1802, qu'elle fut à la France. Méliéraet-Ali , nommé en 1806 vice-roi d^Égypte, la gouverne aujourd'hui et s'y est rendu indépendant.

La religion des anciens Égyptiens était un monothéisme pur, se manifestant extérieurement par un polythéisme symbolique, c'est-à-dire un seul Dieu dont toutes les qualités et les attributions étaient personnifiées en autant d'agents actifs, ou divinités obéissantes.

Aujourd'hui, la religion dominante en Egypte est le mahométisme, mais tous les autres cultes y trouvent une égale tolérance. C'est ainsi qu'on y voit à la fois des Arméniens catholiques, des Grecs schismatiques, des juifs, et des chi*étiens.

Ce n'est que dans les monuments de l'antique Egypte que nous pouvons puiser les premiei*s éléments de l'histoire de l'architecture. Le manque de bois força les Égyptiens à chercher un refuge dans les grottes, et lorsque la nature ne leur en présenta pas de toutes faites, ou ne leur en offrit que de trop petites, ils durent en creuser de nouvelles, ou agrandir celles déjà existantes. Ce travail les habitua nécessairement à la taille de la pierre, si abondante dans leur pays; aussi bientôt, lorsque les grottes leur parurent insuffisantes au culte de leurs divinités, ils commencèrent à élever des constructions en avant de ces demeures souterraines. Tels sont en effet les plus anciens monuments de l'Egypte. Dans un pays sans pluie, le besoin de toits inclinés ne se faisant point sentir, lorsque plus tard les Égyptiens abandonnèrent les souterrains pour les constructions isolées, ils ne cherchèrent point à inventer d'autres toits que ceux dont les grottes naturelles, leur avaient indiqué la forme. Il en résulte que l'absence de voûtes ou de toits est un des caractères distinctifs de l'architecture grecque. La construction des plafonds égyptiens, composés de pierres d'une grande largeur, posées à plat, explique la multiplicité des colonnes que Ton dut rapprocher, faute de trouver des blocs d'une assez grande superficie. Les colonnes ég)'ptiennes étaient ou rondes, ou polygonales à quatre ou six côtés. Quant aux chapiteaux, ils sont variés à l'infini; mais ils peuvent tous être rapportés aux trois principales formes, quadrangulaire, évasée et bombée. La forme évasée est évidemment le type primitif du chapiteau corinthien.

De la nature plate des grottes dérive la simplicité de l'architecture égyptienne, comme des charpentes multipliées de la cabane est née la richesse de l'architecture grecque. Plusieurs causes contribuèrent à perpétuer cette simplicité primitive. Quel progrès pouvait-on attendre d'une société dont la principale constitution , forçant chacun à exercer l'état de son père, étouffait ainsi l'émulation si nécessaire aux arts, en ne laissant à personne l'espoir de sortir de la sphère où le hasard l'avait placé? En outre, tout ce qui touchait à la religion étant regardé comme inaltérable, toute nnovation eût été sacrilège; et comme la religion fut toujours le premier mobile du développement des arts, on doit comprendre quelle dut être la fatale influence d'une

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religion stationnaire comme celle de TÉgypte. L'imagination des architectes, ne pouvant trouver à s'épancher dans Tomementation des édifices, chercha à leur donner un autre genre de beauté. Ils songèrent plutôt à étonner qu*à plaire; et n'ayant idée d'aucune autre grandeur que de la grandeur matérielle, le grandiose ne fut pour eux que dans le colossal. La forme de leurs constructions étant extrêmement simple, ils n'eurent à procéder qu'à l'équarrisseraent des pierres, et leur plus grand mérite fut dans la précision et la justesse de la pose et des joints. Ce qui étonne le plus dans cette architecture, c'est la difficulté qu'ont dû présenter le transport et l'élévation de masses aussi considérables; mais du temps, de la patience et beaucoup de bras à employer avec une grande économie, voilà ce qui explique toutes ces entreprises et les moyens de leur exécution. La principale décoration des monuments égyptiens consiste dans l'application de la sculpture et de la peinture à la reproduction des hiéroglyphes qui, aujourd'hui encore, leur impriment un cachet si bizarre , si particulier.

La simplicité de l'architecture égyptienne, Tusage de la sculpture en creux, la dureté des matériaux , la sécheresse du climat , et surtout l'état d'abandon où restèrent ces monuments, loin de toutes grandes villes, de tout gouvernement actif et puissant, expliquent l'étonnant état de conservation des nombreux édifices que nous allons passer en revue. Il n'a fallu rien moins que le voisinage d'une ville aussi peuplée que le Caire pour faire disparaître les dernièi*es traces de Memphis.

Le temple égyptien occupait toujours une position élevée, non pas, comme on l'a prétendu, seulement pour le préserver des inondations du Nil, et des exhaussements du sol,^ mais pour lui imprimer, s'il était possible, plus de grandeur et de majesté.

Sous les rois égyptiens, le temple formait une réunion de bâtiments distincts, se divisant en trois parties, publique, centrale et privée. C'est à Strabon que nous devons cette description, que l'aspect des monuments confirme encore pleinement aujourd'hui.

La partie publique était elle-même formée du dromoSy ou peristylos. En avant du dromos se présentait une porte flanquée de deux massifs gigantesques, et décorée de colosses et d'obélisques; c'est ce que nous sommes convenus d'appeler pylône.

Le pylône était précédé d'une avenue, quelquefois d'une longueur énorme, composée de sphinx, de béliers ou d'autres animaux. Lorsqu'on avait franchi cette première entrée, on se trouvait dans l'intérieur du dromos, vaste espace découvert, entouré de colonnes, et sans doute orné de palmiers et autres arbres, et peut-être aussi de fontaines quand la nature du pays le permettait. Venait ensuite le perisiylos' grande cour entourée de portiques, sorte de cloître qui communiquait par un

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second pylône à Vhypostylos, immense vestibule où se pressait une multitude de grosses colonnes, et qui constituait la partie centrale. Vhypostylos était la construction la plus élevée du temple après les pylônes. Enfin, se présentait la partie privée , comprenant trois sanctuaires, le pronaos ^ le ncLos, et le seeos^ formant le temple proprement dit. Le pronaos était une salle ornée de colonnes; le naoSf enceinte immédiate, se composait souvent de plusieurs pièces, communiquant à des appartements habités par les prêtres; enfin, le secos, où était Fimage du Dieu, n'était souvent qu'une sorte déniche ou de loge, où Ton renfermait Tanimal sacré que Ton adorait, non, ainsi qu'on Ta cru, comme étant la divinité elle-même, mais comme en étant le symbole.

Une de ces niches de granit se voit au musée de Marseille.

Tels étaient les temples complets qui furent érigés sous les dynasties égyptiennes, pendant les quinzième ou seizième siècles qui précédèrent l'invasion des Perses; tels se présentent à nos yeux ceux de Médinet-abou et d'Hermopolis , et le grand temple d'Apollinopolis.

Médinet-abou est un de ces villages modernes qui ont remplacé l'antique Thèbes, aux cent portes , capitale de la haute Egypte. Outre le grand temple (voy. la planche) , il en offre deux autres plus petits. L'un d'eux n'a pas été terminé, et, par cela même, il mérite d'être examiné , parce que , renfermant des sculptures entièrement achevées, et d'autres qui ne sont qu'ébauchées, il présente les différents degrés du travail de l'artiste égyptien dans l'exécution des bas-reliefs.

L'autre temple est désigné par les gens du pays sous le nom de deir, et le lieu qu'il occupe sous le nom d'El Katreh; il ne reste que le sanctuaire de cet édifice qui dut être considérable.

Du temple d'Hermopolis, on voyait encore naguère un magnifique portique avec une double colonnade, remarquable par la grandeur des colonnes, regardées comme les plus graudes de toute l'Egypte, celles de Thèbes seules exceptées. Ce beau reste a été détruit, il y a quelques années.

Edfou, Tantique ApoUinopolis magna, petite ville située sur la rive gauche du Nil, possède encore un des temples les plus grands et les mieux conservés de l'Egypte. Ce temple, appelé par les habitants el Kalah, la citadelle, est précédé d'un énorme pylône, dont la double plate-forme, aussi bien que les terrasses du temple, est couverte des misérables cabanes des fellahs.

Quand l'Egypte passa sous la domination des Perses, lorsque Cambyse, mettant tout à feu et à sang, imposant partout la loi du vainqueur, fit taire les institutions s'il ne put les changer, la religion égyptienne ne put songer à ériger des temples. Sous le gouvernement plus paisible, plus modéré de ses successeurs, quelques édifices sacrés commencèrent de nouveau à s'élever; mais déjà leur plan était modifié; souvent les colonnes ont disparu des pronaos, et des murailles masquent Vhypostyhs pour dérober aux étrangei*s un culte qui n'est plus celui des maîtres du pays. A cette domination des Perses appartiennent le grand temple de l'ile de Philœ, et le temple du Sud à Karnak.

Le pylône qui précède le grand temple de file de Philœ a quarante mètres de largeur sur dix-huit de hauteur. Il porte encore sur sa façade plusieurs inscriptions tracées par les Romains; et sous la porte le nom de Bonaparte qu*y grava sa main victorieuse. Voy. le FrotUispice.

Sous Alexandre et les premiers Lagides, Fart se relève; mais ce que le temple a gagné en richesse et en perfection sous le rapport de la sculpture, en légèreté dans le galbe de ses colonnes, en aplomb dans ses murailles, qui tendent à se rapprocher de la perpendiculaire, il Ta perdu en majesté; il a encore vu disparaître quelques-unes des parties qui constituaient son ensemble harmonieux. Le dromos et le peristylos n'existent plus, et le temple est réduit au sanctuaire et à Vhipostylos, De cette époque datent le temple d'Antaeopolis et les grands temples de Denderah, Ombos et Latopolis.

Le temple d'Antœopolis existait à deux journées de marche de Siout, près d'un village nommé Gaou. Gravées dans le grand ouvrage surTÉgypte, ce n'est plus que là qu'il faut chercher ses ruines; elles ont été détruites entièrement par une inondation en 1818.

Denderah, l'antique Tenlyris, non loin de la rive gauche du Nil, n'est maintenant qu'un village important par ses antiquités, et surtout par son grand temple, regardé comme un chef-d'œuvre d'architecture égyptienne; on admire surtout le grand pylône et le portique; la façade méridionale est ornée de figures colossales, et est remarquable par la quadruple ceinture hiéroglyphique qui l'entoure.

C'est du plafond de ce temple qu'a été enlevé, en i8ii, le fameux zodiaque circulaire, aujourd'hui l'un des plus précieux ornements du cabinet des antiques de Paris.

Le misérable village de Koum-Ombou, qui avait remplacé l'antique Ombos, est lui-même déjà abandonné. Le grand temple pi*esque enterré dans le sable (voy. la planche) se distiugne absolument de tous les autres temples connus, en ce qu'il est divisé, dans le sens de sa longueur en deux parties parfaitement symétriques. L'axe du monument, au lieu de passer par une suite d'ouvertures, travei*se des colounes et des massifs, à droite et à gauche desquels il y a deux suites des portes parallèles. Il en résulte que dans chaque rangée de colonnes des deux portiques, il y a deux entre-colonnements plus larges que les autres, et qu'ainsi le nombre des colonnes est impair. Cette disposition est sans exemple dans l'antiquité.

Latopolis est remplacée aujourd'hui par Esneh, ville assez commerçante. Parmi les ruines qui y existent encore, on admire le beau portique d'un grand temple, d'assez belle architecture dont les bas-reliefs et les hiéroglyphes ont été estimés ne couvrir pas moins de cinq mille mètres carrés. Parmi ces sculptures, on remarque souvent le Dieu à la tête de bélier qui est devenu le Jupiter-Ammon des Grecs. Au plafond est un curieux zodiaque rectangulaire.

Les colonnes s'effacent des pronaos sous la seconde période des Lagides qui vit s'élever le temple de Débout , en Nubie , dont nous parlerons plus tard , et les |>etiLs temples de Latopolis et d'Ombos.

Le petit temple de Latopolis est situé à trois kilomètres au nord d'Esrieli ; il est moins bien conservé que le grand, et parait avoir été construit à la liâle et avot* beaucoup de négligence; il a été mal fondé, et l'appareil en est très-irréguiier.

Le petit temple d'Onibos, est situé au N. O. du grand, dont il est éloigné d'environ quarante mètres; il a bien plus souffert que lui. Les chapiteaux présentent des têtes de la déesse Isis, à laquelle le temple dut être consacré.

EnGn sous la troisième période des Lagides, Thipostylos n'existe plus; le nombre des sanctuaires diminue, et les colonnes rangées extérieurement autour du temple le métamorphosent en une espèce de temple périptère, comme ceux de Dandour, en Nubie, et d'Hermontis, le Typhonium de Denderah, et les petits temples d'Apollinopolis et de Philœ.

Erment, qui a succédé à Hermontis, n'est qu'un petit village, situé sur la rive gauche du Nil, non loin des ruines de ïhèbes; son temple, dont on peut voir un fragment dans le frontispice de ce chapitre, s'élève seul au milieu de décombres qui couvrent une étendue de plus d'un kilomètre de longueur; il se recommande par Télégance de ses colonnes, la beauté de ses sculptures, et sa conservation intérieure.

Le petit temple d'Apollinopolis ou Edfou est surtout remarquable par la bizarrerie des chapiteaux de ses colonnes.

A Philœ, dans la première cour du grand temple, on trouve à gauche le petit, qui est intact et évidemment plus moderne. Les figures reproduites le plus fréquemment dans ses sculptures sont celles d'Isis etd'Horus, auxquels sans doute il était consacré. Les colonnes sont enterrées par les ruines des cabanes qui avaient été construites sous le portique.

A leur tour, les Romains imposèrent aux peuples conquis le culte de leurs divinités, ils introduisirent Vénus et Jupiter dans les sanctuaires d'Osiris ou d'Athor. C'est ainsi que de la fusion des deux religions devait naître la fusion des deux arts, si différents de forme et d'origine, fusion dont les deux temples d'Éléphantine et celui d'Elithya sont les premiers degrés, et qui devait conduire bientôt à couvrir le sol de l'Egypte de monuments purement romains tels que le temple d'Antinoé.

J'ai dit que les premiers monuments de l'Egypte étaient des grottes, et qu'un peu plus tard, on y avait ajouté des espèces de portiques. Nous en trouverons de magnifiques exemples en Nubie; mais en attendant, nous signalerons ici des monuments du même genre, bien que sur une plus petite échelle, les carrières de Selseieh, autrefois SUsilis qui ont été transformées en des espèces de chapelles.

Dans les ruines de Karnak , on trouve un de ces édifices, dont la destination était également religieuse, une de ces syringes ou labyrinthes si célèbres dans l'antiquité. C'est un véritable dédale dans lequel il ne faut pas pénétrer sans quelques précautions. Le grand nombre de couloirs et de salles, les puits verticaux qui conduisent à des appartements inférieurs, présentent l'aspect d'un lieu destiné à des initiations et à des célébrations de mystères.

Je ne dois pas quitter les monuments religieux de l'Egypte antique sans parler de

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Tun de leurs principaux ornements, les obélisques si nombreux autrefois en Egypte, et qui maintenant se retrouvent sur les places des principales capitales de TEurope. Un assez grand nombre cependant est encore resté sur le sol de TÉgypte, et on peut en trouver à Alexandrie, à Héliopolis, à Kamak, à Philœ, et en plusieurs autres lieux, soit debout, soit renversés.

Sur les bords du Nil, et non loin de Philœ, existent les carrières de granit d'où sont sortis les obélisques. Ces carrières offrent un développement de plus de six mille mètres; on y voit encore plusieurs colonnes et plusieurs obélisques ébauchés.

Nous arrivons maintenant aux édifices religieux de l'Egypte moderne.

Au Caire seul on ne compte pas moins de quatre cents mosquées musulmanes. Il en est de très-anciennes ot d'une très belle architecture; telles sont celle d'Amrou, bâtie en 640, celle d'El-Kakem-Obeidy, qui date de 4007, celle de Hassan, construite en 1554, la plus élevée et l'une des plus riches de la ville; elle est située sur la grande place de Roumeyieh, qui s'étend au pied de la citadelle, dont on voit rentrée défendue par deux grosses tours.

La mosquée de Teyioun date de 850, celle d'Elmoyed de 1445, enfin celle de Hahmandieh, dont nous donnons ici le dessin, est une des plus élégantes, surtout par la forme hardie de son minaret.

La mosquée appelée Gâmaed-Daher était une des plus anciennes du Caire, et déjà abandonnée à cause de sa position en dehors des murailles, quand les Français en firent un fort, qui prit le nom du malheureux officier Shuikousky, qui y périt dans la révolte du 22 octobre 4799, après s'être défendu vaillamment conti'e une noée d'Arabes.

Ces temples consacrés aux prières deviennent aussi des lieux de repos; les Musulmans y viennent manger et dormir; souvent des marchands s'y introduisent pour y trafiquer ; les oisifs vont y passer le temps à conter des histoires.

La mosquée el-Azhar ressemble à une grande hôtellerie. Je pourrais en citer un grand nombre à Alexandrie, à Rosette, et dans les autres villes de l'Egypte; mais je me contenterai de mentionner une des plus belles et des plus célèbres de TÉgypte, celle élevée àTentah, ville du Delta, au commencement du quatorzième siècle, par le sultan Malek-el-Nassar, sur le tombeau de Seyd-Ahmed-el-Bedaouy, saint personnage, célèbre par ses miracles. Une immense multitude de pèlerins s'y rend sans cesse de toutes les parties de l'Egypte, de l'Arabie, de la Nubie, et même de l'Abyssin ie.

Les plus célèbres monuments du monde, et les plus anciens sans doute, sont les fameuses pyramides, érigées par les premiers rois de la quatrième dynastie de Hanethon , c'est-à-dire 5,300 ans avant Jésus-Christ. Les pyramides se trouvent dans

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MONUMENTS FUNÉRAIRES. Ai

le voisioage du Caire, entre la rive gauche du Nil et la chaîne libyque, et de la localité moderne qu'elles occupent, elles ont pris le nom de pyramides de Gizeh.

Elles sont au nombre de trois, disposées sur une même ligne, de Test à Fouest, et à quatre à cinq cents pas de distance les unes des autres.

La plus grande de toutes, celle de Chéops, est aussi la plus connue (voy. la planche). La longueur de la base actuelle, le monument étant un peu enterré dans le sable, est de deux cent soixante et douze mètres dix-huit centimètres. L'angle que forment avec l'horizon les quatre faces de la pyramide, est de cent vingt-huit degrés. La hauteur perpendiculaire jusqu'à la plate-forme actuelle est de cent cinquante mètres. Cette plate-forme, qui termine la pyramide, est un carré de dix mètres 18 centimètres. Cette pyramide, comme les autres, est construite de blocs énormes de pierres calcaires; la première assise repose sur le rocher dans une ligne parfaitement dressée et creusée verticalement de vingt à vingt-cinq centimètres. Au-dessous de cette première assise encastrée, le rocher est taillé en socle régulier, ayant un mètre quatre-vingts centimètres de hauteur. Ce rocher est élevé de trente-trois mètres audessus des plus grandes eaux du Nil, et il forme une masse dont on n'a pas trouvé la base k soixante mètres de profondeur.

Au-dessus de la première assise, on en compte deux cent et deux autres, placées successivement en retrait, et formant autant de gradins. Il devait y avoir au sommet au moins deux assises de plus qui ont été détruites. I^ grande pyramide est exactement orientée; chacun des angles fait faceù l'un des quatre points cardinaux. On a pu tirer de là une observation d'une haute importance pour l'histoire physique du globe : c'est que depuis plusieurs milliers d'années la position de Taxe terrestre n'a pas varié d'une manière sensible , et la grande pyramide est le seul monument sur la lerrequi, par son antiquité, puisse fournir l'occasion d'une semblable étude.

La face nord-ouest de la grande pyramide est celle où se trouve son entrée actuelle (voy. la feKre), au niveau de la quinzième assise, et à quinze mètres environ audessus de la base. On trouve d'abord une sorte de corridor, incliné vers le bas, de vingt-cinq mètres de longueur, et de un mètre quatorze centimètres de largeur, sur autant de hauteur; ce corridor aboutit à un autre de même dimension, mais ascendant, et de trente-quatre mètres de longueur. Un gros bloc de granit le ferme exactement vers le coude de jonction des deux galeries, et il a fallu tourner cet obstacle, en brisant les pierres, plus tendres, qui forment le massif du monument. A l'extrémité du second corridor, on trouve une sorte de palier; à droite, est l'entrée d'un puits taillé dans le roc, profond de plus de soixante-sepl mètres, mais large seulement de soixante sur soixante-trois centimètres.

Sur le même palier , on trouve aussi l'entrée d'une galerie horizontale de trenteneof mètres d'étendue; elle conduit à une chambre qu'on a nommée Chambre de la Reine, et qui a six mètres sur cinq mètres trente-trois centimètres : elle est vide.

En retournant à l'entrée du canal horizontal, on monte dans une nouvelle galerie, longue de quarante et un mètres soixante centimètres, et qui a huit mètres trente centim^res de hauteur, sur six mètres trente centimètres de largeur; huit assises de

pierre en encorbellement forment les murs de cette galerie» et donnent Taspect d*une voûte à son plafond. Nous retrouverons cette disposition dans les monuments cyclopéens et étrusques. A Textrémité de cette galerie, on trouve un palier, puis un vestibule, qui conduit à une ouverture de un mètre sept centimètres de largeur, sur un mètre dix centimètres de hauteur, et de doux mètres soixante centimètres de longueur. C'est rentrée de la chambre supérieure, nommée la Chambre du Roi, entrée primitivement fermée et cachée par des blocs de granit, parfaitement dressés et polis. La hauteur de la salle est de six mètres, sa longueur de treize mètres, sa largeur de cinq mètres trente centimètres.

A rextrémité ouest de la chambre, on voit le sarcophage, aussi en granit, de deux mètres trente- quatre centimètres de long, sur un mètre trois centimètres de large, et un mètre quinze centimètres de haut; le couvercle n'existe pas. Enfin, un vide existe au-dessus de cette chambre sépulcrale; il n'est élevé que de un mètre. Ce vide était probablement destiné à préserver la chambre sépulcrale des effets de la surcharge supérieure. Il n'est pas imposible que cette pyramide renferme encore d*aulre$ chambres et d'autres galeries qu'on n'a pas encore trouvées.

La seconde pyramide est celle de Chephrènes, dont la base est de deux cent dixhuit mètres et dont la hauteur est de cent trente-deux mètres soixante centimètres. Hérodote prétendait qu'il n'y avait aucune chambre dans son intérieur, et pourtant Belzoni, qui y a pénétré le premier de nos jours, en 1818, y a trouvé une grande salle qui occupe le centre. Sur la muraille était une inscription, tracée par des Arabes, qui l'avaient visitée en l'an 782, sous le règne et en présence du calife AJy- Méhémet. Contre la paroi est un immense sarcophage, où étaient des ossements qui furent reconnus avoir appartenu à un bœuf.

La troisième pyramide, qu'on attribue à Mycerinus, est beaucoup moins grande que les précédentes, puisqu'elle n'a que quatre-vingt-treize mètres trente centimètres de base, et cinquante-quatre mètres de hauteur; mais elle les surpassait de beaucoup en beauté, ayant été toute revêtue de beaux marbres de la Thébaide, que les Arabes ont arrachés pour en orner d'autres édifices. Non loin de là se trouvent plusieurs pyramides, mais de si petites dimensions, que leur hauteur se trouverait dépassée par beaucoup d'obélisques.

C'est au pied des pyramides que se trouve le fameux sphinx colossal, la |)lus grande sculpture que l'homme ait jamais entreprise. Il est enfoui en partie dans le sable; sa longueur est de vingt-trois mètres. Les Arabes donnent à cette figure monstrueuse le nom expressif de Abou-el-Houlâ, le |>ère de la terreur. Belzoni découvrit sous le sphinx, en déblayant, l»)s vestiges d'un temple, et dos communications souterraines, qu'il présuma aboutir à l'intérieur de la grande pyramide.

11 existe, en outre, aux environs des pyramides, une quantité innombrable de tombeaux, formés de grottes et de couloirs taillés dans le rocher, et dont les parois sont en grande partie revêtues de bas-reliefs et de peintures antiques du plus grand intérêt.

A quatre lieues environ au sud des pyramides de Gizeh, sont celles de Saccarah et

de Dachour, qui se distiuguent surtout des premières par leur construction en briques. Il en est quelques-unes qui pourraient presque, pour la grandeur, rivaliser avec elles. M. Msara a découvert d'immenses galeries sous la plus grande, et le général Minutoli a pénétré, en 1821, dans une autre, à Tintérieur de laquelle il trouva deux chambres. Tune couverte de hiéroglyphes, seulement tracés en noir.

D'autres pyramides ne sont formées que de deux ou trois degrés; mais leur ascension est fort difficile, chaque degré ayant de dix à treize mètres dVIévation. Telle est la pyramide de Meïdoun, la dernière que Ton rencontre en remontant vers le sud; elle n'a que trois degrés fort élevés, et pose sur une colline calcaire, qu'on a également taillée de manière à ne faire qu'un avec le monument.

A une époque moins reculée, ou érigea aux rois de TÉg^ple des tombeaux d'un autre genre, qui présentent beaucoup d'analogie avec ceux que nous avons vus en Perse, à Nakschi-Roustam et à Persépolis. Ces tombeaux sont ceux des rois des dix-huitième, dix-neuvième et vingtième dynasties qui régnèrent sur l'Égyple de 1822 à 1279 avant Jésus-Christ. Ces sépulcres existent à l'ouest de Medinet-Abou, dans une aride vallée, que les habitants appellent Bihan-el-Molouk, portes des rois. II& sont taillés dans la roche calcaire, et à des niveaux diiférents. La façade seule est extérieure, tout le reste est creusé dans la montagne. Après avoir passé sous une porte plus ou moins simple, on entre dans de grandes galeries ou corridors couverts de sculptures parfaitement soignées, conservant en grande partie l'éclat des plus vives couleurs, et conduisant successivement à des salles soutenues par des piliei*s encore plus riches de décorations, jusqu'à ce qu'on arrive enfin à la salle principale, celle que les Égyptiens nommaient la Salle dorée, plus vaste que toutes les autres, et au milieu de laquelle reposait la momie du roi, dans un énorme sarcophage de gi*anit. Le plus grand et le plus magnifique de ces tombeaux encore existants est, sslon M. Champollion, celui de Rhamsès-Meiamoun. Plusieurs de ces tombes royales sont couvertes des noms des curieux qui les ont visitées à toutes les époques. Ces inscriptions sont remarquables sous le rapport paléographique, puisqu'elles appartiennent k presque tous les siècles, depuis ceux des Pharaons, des Perses, des Grecs, des Romains et des Arabes, jusqu'à ceux des voyageurs du moyen âge et de nos JQurs.

On sait que les rois d'Egypte faisaient préparer de leur vivant le palais funèbre qu'ils devaient habiter après leur mort; mais on sait aussi qu'avant d'en franchir le seuil, ils devaient subir un jugement qui pouvait les en exclure. Parmi les tombeaux de Biban-el-Molouk, Champollion croit avoir reconnu celui d'un de ces rois condam* nés. Ce tombeau est martelé d'un bout à Tautre, excepté dans les parties où se trouvaient sculptées les images de la reine mère et de la femme du roi, qu'on a religieusement respectées, ainsi que leurs légendes.

On ne doit point oublier la nécropole de Thèbes, ou les tombeaux des grands et les cimetières de cette ancienne capitale. Ils occupent une immense étendue sur la rive gauche du Nil, et on y trouve tous les genres de tombeaux en usage chez les anciens Éf^ptiens. C'est dans cette nécropole qu'on a découvert les plus belles momies

et les plus anciens papyrus qui enrichissent les musées de TEuropë. C*est là que M. Passalaqua a trouvé le tombeau encore intact d'un prêtre d'Ammon, tombeau qui fait aujourd'hui le plus bel ornement du musée de Berlin. Le village de Goumak, composé d'une partie de ces tombeaux, est aujourd'hui habité par les Arabes, après avoir servi autrefois de retraite aux saints solitaires de la Thébaide.

A Elithya sont des hypogées qui, quoique moins grandes et moins décorées que celles de Thèbes, sont de la plus haute importance pour les archéologues, à cause des nombreux bas-reliefs peints et assez bien conservés qu'on voit sur leurs murailles. Enfin, nous pourrions encore indiquer de vastes hy[>ogées à Alexandrie, à Madfouneh, Tantique Abydos, à Syout, autrefois Lycopolis, etc.

A la même époque que les tombeaux de Biban-el-MoIouk, appartient l'un des plus vastes édifices de Thèbes, le tombeau d'Osymandias, désigné longtemps par les voyageurs sous le nom de Memnonium, ou palais de Memnon. Il devait sans doute ce nom au voisinage de deux colosses, dont l'un est la fameuse statue vocale de Hemnon, si célèbre dans Tantiquité. (Voy. le frontispice,)

Le tombeau d'Osymandias est précédé d'un grand pylône, au delà duquel est une tour carrée presque détruite, suivie d'un second pylône. On trouve ensuite des constructions considéi*ables, dont la disposition offre un concord parfait avec la description du tombeau d'Osymandias, que nous a laissée Diodore de Sicile. Ces ruines couvrent une étendue de plus de six cents mètres.

Pour en finir avec les antiquités funéraires de l'Egypte, il me reste à citer les sarcophages taillés dans le roc, à l'extrémité méridionale de l'ile d'Éléphantine; ce sont les seules tombes de cette espèce qui aient été reconnues dans toute cette contrée.

Les plus anciens tombeaux arabes que nous présente le sol de l'Egypte paraissent être ceux qu'on trouve parmi les rochers à gauche de la route, en allant de Syène à Philœ; ils remontent à l'époque de la conquête par les Arabes, ainsi que le prouvent des inscriptions en caractères koufiques, dont plusieurs indiquent les premières années de l'hégire.

Aux environs du Caire est une plaine triste, aride et désolée, qu'on appelle la Vallée des Tombeaux. C'est là que nous trouverons des édifices où l'art des dixième et onzième siècles a épuisé toutes les ressources de l'imagination orientale. (Voy. la vignette) C'est là que sont déposées les cendres des kalifes, c'est là qu'est consacrée la mémoire d'une foule de héros, qui luttèrent glorieusement contre l'invasion des croisés. On ne peut se lasser d'admirer ces portes élevées, dont la partie supérieure étale des sentences du Coran, encadrées dans de délicates sculptures; ces murs jaunâtres, sillonnés de bandes rouges horizontales, et pei'cés de fenêtres ogivales, ces portiques, supportés par de gracieuses colonnettcs, ces coupoles de galbe différent, niellées de fines araliesques et de réseaux émaillés, enfin, ces élégants et sveltes minarets, qui couronnent ce merveilleux ensemble.

Dans l'Egypte on voit les tombeaux semés au milieu des habitations des vivants. Nous avons eu déjà plusieurs fois occasion de reproduire de somptueux mausolées

CONSTRUCTIONS CIVILES. 45

des princes mahométans; aussi avons-nous préféré donner ici un échantillon de la singulière disposition des tombeaux des Arabes de la classe moyenne. Nous avons choisi ceux qui existent à Zaoye.

CONSTRUCTIONS CIVILES

Les ruines de Thèbes nous offrent les restes de plusieurs palais magnifiques, élevés pr les anciens souverains de TÉgypte. Les parties les plus remarquables de celui de Karnack sont l'avenue de sphinx et Ténorme pylône, haut de quarante-cinq mètres, qui le précèdent ; viennent ensuite, une avenue de colonnes monolithes de vingttrois mètres de hauteur, mais toutes renversées; la salle hypostyle, de cent six mètres de long sur cinquante-trois mètres de large, dont le toit est encore soutenu par cent trente-quatre colonnes de vingt-trois mètres de hauteur et trois mètres soixante centimètres de diamètre; la cour, où se trouvent deux obélisques, hauts de vingttrois mètres, dont un seul est debout, et enfin une autre salle entièrement détruite où s*élève encore le plus grand des obélisques existants, haut de plus de trente mètres.

Le long de la rive droite du Nil, on trouve à Louqsor, les restes d'un palais immense, bâti par AmeuophisMemnon (Amenothph III), par le grand Sésostris, tous deux princes de la dix-huitième dynastie. Ce palais était précédé de deux obélisques de vingt-quatre et vingt-cinq mètres de haut ; le premier est maintenant à Paris, le second à Londres, où il a été brisé par la maladresse des ingénieurs anglais. Ils étaient accompagnés de quatre colosses également de granit rose, dont deux de quinze mètres de haut, et deux de dix mètres, mais enfouis jusqu'à la poitrine. Vient ensuite un grand pylône et un péristyle d'environ deux cents colonnes, la plupart encore debout ; les plus grandes ont trois mètres trente centimètres de diamètre.

Enfin, à Qoumah, nous trouvons un autre palais moins important, mais qui offre l'exemple d'un, portique formé d'un seul rang de colonnes qui a quelque rapport avec les édifices des Grecs. Celui-ci est désigné sous le nom de Menepthéum, de celai de son fondateur.

On voit encore, dans les ruines de l'antique Abydos les restes d'un autre palais, qui ne dut pas le céder à ceux-ci, pour la magnificence, mais qui est en grande partie enseveli dans les sables.

Parmi les édifices consacrés au plaisir, nous trouvons en Egypte des hippodromes, tels que celui de Médinet-Abou , et un théûtre de construction romaine, à Antinoé, dont le portique est bien conservé. (Voyez la planche,)

Les nilomètres, ces édifices destinés à mesurer la hauteur des crues du Nil, étaient assez nombreux en Egypte; on voit encore quelques traces du plus célèbre de tous, celui d'ÉIéphantine. Le seul qui soit en état aujourd'hui est de construction arabe, c'est celui qui existe près du Caire dans l'Ile de Roudah, et qu'on appelle le

Mekyoê. C'est une espèce de vaste puits, dans Tintérieur duquel est une colonne graduée et divisée en coudées. Les Français font réparé.

Pendant leur passage sur la terre d'Egypte, les Romains se sont souvent laissé influencer dans leurs constructions par le style des édifices qu'ils avaient sous les yeu\; mais nous trouvons près d'Alexandrie un monument où leur génie apparaît tout entier dégagé de toute préoccupation étrangère. Ce monument, c'est la colonne dite de Pompée (voyez la planche); il domine la ville, les minarets, les obélisques et le chûtcau du phare. On le voit de très-loin en mer et dans les plaines du désert. Suivant Topinion de quelques auteurs, cette colonne ne serait qu'un fragment de temple dont on découvrirait peut-être les traces par des fouilles très-dispendieuses. La tradition admise suppose qu'elle portait une statue sur son chapiteau, et qu'elle aurait été érigée par la belle Cléopatre à la mémoire de Pompée. En dernier lieu, et après un examen couscientieux, des savants anglais et français sont parvenus à reconnaître unanimement, d'après une inscription grecque déchiffrée ù grand' \)e\ne sur la plinthe du côté ouest, qu'elle avait été dédiée à Dioclétien par un préfet de l'Egypte en reconnaissance des bienfaits de cet empereur pour la ville d'Alexandrie. Son chapiteau, d'une forme assez élégante, ne parait pas avoir été achevé. Le fut, d'un beau poli, est corrodé du côté de la mer et du désert. Le socle est bâti de matériaux de toute espèce; on y remarque même un bloc d'albàtie couvert d'hiéroglyphes. Un de ses angles a été dégradé par les recherches des Arabes qui y ont fait un vide assez profond, dans l'espoir d'y trouver un trésor. 1^ colonne se compose de quatre morceaux de granit rose, d'une hauteur totale de vingt-huit mètres soixante et quinze centimètres. Le chapiteau est d'ordre corinthien sur un fût dorique. Cette circonstance seule aurait dû suOire pour faire attribuer ce monument à une époque de décadence, et non pas aux premiers temps du Haut Empire.

COiNSTRUCTlONS MILITAIRES.

On trouve encore eu Egypte un assez grand nombre de restes d'antiques murailles de villes; elles sont construites le plus souvent en grosses briques, presque toujours crues et séchées au soleil. Tels sont les murs de Thèbes, d'Ombos et d'Élythia. Quoique la construction en soit la même, on n'ose faire remonter à une époque aussi reculée une longue muraille que l'on rencontre au delà de Syène et de la première cataracte, sur la frontière de la Nubie, et qui semble avoir eu pour destination d'em- [)éclier les invasions des tribus nomades.

Aux environs d'Alexandrie est un camp romain, appelé encore aujourd'hui Kasr- Kiazerah, chûteau de César. Ce nom , si souvent appliqué aux camps romains d'une manière banale, peut bien l'être ici avec raison, puisque Nicopolis, qui existait en ce même lieu, avait pris sou nom d'une victoire remportée par César-Auguste sur Antoine.

COLONNE DE NJMPEE. A ALEXANDIUK

(figyptf.)

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