‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 2)Chapitre 35 sur 106 · PLANCHE XII DEUX DIVINITES TARTARES UN VASE · texte numérisé non relu

PLANCHE XII DEUX DIVINITES TARTARES UN VASE

Voici quelques échantillons de l'art de jeter des figures en bronze, chez les Tartares. On trouvera que ces ouvrages ont d'assez grands rapports avec les productions des arts chez les Indiens, et même chez les Chinois. Mais le style en est plus dur, et ils sont encore moins finis que les productions de Part dans

les Indes

et, quant à l'industrieuse Chine, elle ne nous offre, en ce genre, rien de si grossier, ni de si bizarre.

Parmi les peuples, si différents de mœurs, de costumes, de langage, qui habitent les vastes contrées de la Tartarie, encore si peu connues, dont les uns sont pasteurs, les autres presque sauvages, plusieurs nomades, il en est qui, sans avoir atteint le degré de civilisation des peuples qui les avoisinent , occupent cependant de grandes villes, rassemblent des armées formidables, pratiquent les arts du dessin qui leur sont le plus nécessaires, l'architecture, par exemple, et la sculpture. Les productions que nous allons décrire sortent sans doute des mains

de ces Tartares demi-civilisés.

INÉVE S'TATUETTE en bronze.

Une figure juvénile, vêtue d’une longue robe qui rappelle la robe des Chinois, tient dans une main un fruit qui semble être une orange; lautre main pend ouverte à ses côtés. Ses yeux sont fermés, et son attitude exprime linnocence , lingénuité de ladolescence. On dirait que sur le sommet de sa tête ses cheveux sont bouclés avec art; mais il est plus probable que l'artiste a voulu représenter ici le bonnet ordinaire des Tartares, formé d’une peau de bête, et qui, en couvrant les oreilles, retombe par les côtés jusque sur le cou.

Est-ce là une idole, ou n'est-ce point un portrait? Cest ce qu'il nous est

impossible de décider.

N° 0. VASE en bronze, de forme ronde

Sur les bords on voit quatre vaches accroupies, et quatre autres formes ou ornements auxquels on ne saurait donner de nom.

Sur tout le pourtour du vase est un bas-relief que lon voit développé dans son entier, au N° 4.

Trois grands mascarons, placés à des distances à peu près égales sur ce pour-

tour, semblent séparer trois scènes différentes où l'on voit quatorze figures, les

unes debout, d'autres assises ou accroupies. Toutes, surtout la plus apparente

qui est placée sur notre planche près d'un mascaron, rappellent, par leur pose et les attributs que leur à donnés l'artiste, des divinités de l'Inde. Mais ces attributs sont, ainsi que les figures, à peine ébauchés, et d’ailleurs si confus, qu'on ne saurait dire quelles sont les divinités.

Ce que lon distingue le mieux dans toutes les figures qui couvrent le pourtour du vase, c'est, d’un côté, le soleil, représenté par un disque grossièrement travaillé, et, de l'autre, la lune dans son croissant. Ne seraient-ce point là les objets princ ipaux de ce tableau? et toutes ces figures emblématiques ne sont-elles point destinées à représenter la course annuelle des astres, les travaux qui s’'exéculent en chaque saison? enfin ne serait-ce point là une espèce de calendrier

ou religieux où civil?

N° 3. STATUETTE en bronze.

Cette figure porte sut la tête, comme l'autre statuette de la même planche, un bonnet dont les côtés retombent sur les oreilles; mais celui-ci est garni de deux cornes.

A ses longues moustaches qui viennent se joindre sur sa poitrine, à sa barbe, à sa robe beaucoup plus courte que celle de Pautre figure , nous croyons que l'artiste a voulu représenter un guerrier.

I serait assez difficile de dire ce qu'il tient à la main. Si l'on admet que ce soit là un guerrier, on verra, si l'on veut, dans cette main une portion d'arc. Les ares sont presque les seules armes qu'employent les Tartares dans les combats.

Le quadrupède qu'on voit sur la roche servant d'appui à la statuette, et qui parait prêt à s'élancer sur une proie, ajoute encore une probabilité de plus à

l'opinion que cette figure est celle d'un guerrier.

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