OUVRAGES CHINOIS
La collection d'ouvrages chinois, en divers genres. que possédait M. Denon, était consi-
dérable et précieuse; mais il a eru ne devoir offrir au public, dans les estampes que nous allons décrire, qu'un assez petit nombre d'objets : des meubles, des statuettes , quelques dessins. Et, en effet, c'en était bien assez pour faire connaitre le goût, la manière des Chinois dans
les arts du dessin.
Ce peuple si constant dans sa politique, dans sa religion, dans sa morale, ne l'est guëre moins dans les arts qu'il pratique. Ce serait pourtant une erreur de croire qu'il y reste stationnaire; que chez lui on n'exécute aujourd'hui un meuble, un tableau, un édifice, ni mieux , ui plus mal qu'on ne les exécutait il y à vingt siècles. Sans doute on y trouvera toujours du
à nommer lzarre
mauvais gout, de la bizarrerie; mais ne sonimes-nous point trop porté
toute production de l'art dans laquelle nous ne retrouvons plus là manière commune à nos
artistes, toute production où sont violées les rè
s qu'ils suivent ordinairement, et que nous
sommes habitués
à respecter comme des lois? Toujours est-il vrai que, pour ne parler que
de l'exécution, on remarque des différences sensibles dans les ouv rages chinois de telle ou telle
époque. Il pa
ut donc certain qu'à la Chine, comme en Europe, les arts ont eu leurs périodes d'accroissement et de décadence. Là, comme ailleurs, les opinions, les souûts, les mœurs, et Conséquemment les arts, changent, se modifient, peut-être, il faut en convenir,
d'une manière moins prompte, moins tranchante que dans d'autres contrées. Voilà du
moins ce qui semble résulter des ouvrages d'arts qui sortent de ce pays, et qui offrent entre eux des différences bien saillantes à l'œil de l'observateur attentif.
Ma
ses périodes, soit progressives, soit rétrogrades, il faudrait mieux connaitre la nation : or l'on
pour que l'on püt faire l'histoire de l'art chez les Chinois, désigner chronologiquement
sait qu'elle n'est pas communicative; qu'elle éloigne les étrangers de l'intérieur de ses villes:
que, si l'on en excepte les missionnaires, bien peu d'Européens peuvent se flatter d'avoir
gouts, son caracté
fe et ses mœurs
observé de près ses institutions, ses
et ce n'est pas des missionnaires que l’on pouvait attendre des notions bien exactes, des observations approfon- [ PI
dies sur les arts du dessin