N° 2. PAUL US IL VENETUS. PONT. MAX
Le pape Paul II (Pierre Barbo ) , noble Vénitien, n'occupa le siège de Rome que de 1464 à 1 4 7 1 ? année où il mourut d'une indigestion de melon. L'histoire nous apprend, et la médaille nous confirme, que c'était un très-bel homme; et ce que l'histoire ajoute, c'est qu'il était si fier de ses belles formes, qu'à l'époque de son exaltation, il eut quelque envie de prendre le nom de Formose , et ne fut arrêté que par la crainte du ridicule.
N° 3. — sixtus. un. PONTIFEX. maximus. urbe restaurata.
Ce pape - ci n'était ni noble , ni fier. C'était le fils d'un pêcheur génois , qui parvint à devenir d'abord cordelier, et ensuite cardinal. Il fut élevé à la chaire pontificale en 1471, et l'occupa jusqu'en 1484. Ce qu'il fit de mieux pendant son règne, ce fut d'élever plusieurs grands édifices publics dans Rome, et surtout de restaurer magnifiquement l'antique pont d'An ton in , qui porte aujourd'hui celui de Sixte. Voilà ce qui explique ces mots de la légende de notre médaille : URBE restaurata.
Au revers de cette médaille on voit le pape sur son siège accueillant avec bienveillance une foule de personnages qui viennent lui demander des grâces. En effet, le mérite ou le défaut de ce pontife fut de ne jamais rejeter aucune
demande. Aussi accordait-il souvent la même faveur à diverses personnes, ce qui causait d'étranges embarras. Dans l'exergue on lit : op. victoris camelio vi. Ce Camelio est l'artiste que nous avons déjà signalé comme auteur de l'un des médaillons de la planche précédente. Nous supposons que le chiffre VI dont il a fait suivre ici son nom, exprime les années du règne du pape sous lequel il exécuta cet ouvrage. Si cette supposition est fondée, la médaille daterait de 1477.