N° 6. LEO X. PONTIFEX. MAX
Ce pape (Jean de Médias), élevé dans une famille depuis long-temps protectrice des lettres et des arts, n'abandonna point leur culte lorsqu'il fut sur le trône pontifical. Il s'entoura des savants, des hommes de lettres, des artistes qui se distinguaient le plus de son temps en Italie, et qui, par un heureux hasard, ne s'y étaient jamais montrés en si grand nombre. Son règne, quoiqu'il ait été de courte durée, y a laissé de glorieuses traces : il fait époque, surtout dans l'histoire des arts.
(1) On peut voir clans les Biographies les vives discussions que ce pape eut avec Michel-Ange, qu'il maltraitait, cédant toujours à son humeur impétueuse, et qu'il caressait ensuite, sentant bientôt le besoin qu'il avait d'un tel artiste.
Aimable, enjoué, voluptueux, peut-être à l'excès , il fit de sa cour une académie, et tout à la fois presque un lupanar : on y fêtait également le dieu des vers et la déesse des plaisirs. Mais, à peine âgé de quarante-quatre ans, il mourut, en i52i, après n'avoir porté la tiare que huit années.
Son successeur, Adrien VI, le fit regretter; il n'avait rien des brillantes qualités de ce Léon qui a donné son nom au siècle où il vécut. Heureusement pour Rome , Adrien ne régna qu'un an ; et les Romains , dans la joie de sa mort , attachèrent à la porte de son médecin une couronne civique, avec cette inscription : Senatus populusque romanus patriœ liberatori.