N° 8. PAULUS III. PONT. MAX. AN. XL
Ce Paul III (Alexandre Farnesê) fut élu après Clément VII, dont nous venons de parler, et régna jusqu'à sa mort, arrivée en i54o,; n avait alors quatre-vingtdeux ans. Un fils, qu'il avait eu avant son exaltation à la tiare, et dont il fit un prince en démembrant, en sa faveur, les Etats de l'Eglise, se montra très-ingrat et l'abreuva de chagrins.
Au reste, Paul III chercha toute sa vie à maintenir la paix parmi les princes chrétiens. Ce fut lui qui détermina Charles - Quint et François I er , ces illustres rivaux, à conclure entre eux une trêve de dix ans. Il aimait tant la France que Charles - Quint prétendait qu'il avait des fleurs de lis empreintes sur le cœur. C'est peut-être à ce caractère de bienveillance et de paix qui le caractérisait, que se rapporte l'allégorie que l'on voit gravée sur le revers de notre médaille. Un génie nu, ou, si l'on veut, Jupiter, une main posée sur son aigle, verse d'une urne qu'il tient sur son épaule droite de l'eau sur de hautes plantes qu'on pourrait bien prendre pour des lis. La légende de ce revers porte : $ipnh. zhjsos ; et l'exergue : eypainei. L'allégorie et la légende nous confirment dans l'opinion que le revers de cette médaille exprime l'intention politique qu'avait toujours eue Paul III de protéger la France. Nouveau Jupiter, il cherche à donner à sa puissance de profondes racines.
Benvenuto Cellini, dans les Mémoires de sa vie, nous donne une effroyable idée de ce pape, qu'il représente comme un véritable fripon un athée, etc. La vérité est qu'il retint long-temps ce célèbre et malheureux artiste dans les cachots du château Saint-Ange, sans le faire juger; et, à ce qu'il semble, uniquement pour que Benvenuto n'informât pas François I er , qui l'appelait en France, de toutes les injustes rigueurs qu'on lui avait fait souffrir à Rome, par les ordres du pape et de son bâtard Pierre-Louis Farnèse (i).
Il est inutile sans doute de faire observer que dans la légende de la face principale, le mot et le chiffre qui suivent le nom et le titre de Paul III indiquent que c'est l'image de ce pontife, tel qu'il était l'an xi de son pontificat, et, par une conséquence nécessaire, que la médaille fut exécutée à cette époque, c'està-dire l'an t54^>-
N° 9. SIXTUS V. PONT. OPT. MAX.
Le fameux Sixte K. sera dans tous les temps le modèle le plus parfait de l'hypocrite ambitieux. Durant une grande partie de sa vie il sut cacher, sous les dehors d'une douce piété et de la modestie , une ame dure , hautaine , inflexible. Au reste , il lui fallait peut-être encore plus de ruse que de talent pour s'élever, comme il le fit, de la plus misérable des positions sociales au trône de Rome. Ce fut dans les campagnes de la Marche d'Ancône , où il gardait les cochons, que la fortune l'a lia chercher pour le porter par degrés aux premières dignités
(1) Voyez les chapitres i3, î/j, i5, etc. , des Mémoires de Benvenuto Cellini. — Il faut convenir que ces Mémoires d'ailleurs très-intéressants , ne paraissent pas avoir été écrits par un homme d'un esprit très-sain. Les agitations de sa vie, les injustices qu'il avait éprouvées, pourraient bien avoir altéré la raison de cet artiste, d'une imagination ardente et fougueuse, et qui avait à se reprocher de grandes fautes, même des crimes. Dans ses Mémoires, ou plutôt ses confessions, il avoue ces crimes avec une naïveté, un sang-froid qui épouvante, qui froisse l'ame.
de l'Église, et placer enfin (en 1 585 ) la tiare sur sa tête. Il régna cinq années avec une sévérité qui dénient bien l'épithète ROptimus , qui se trouve jointe dans la légende de notre médaille à ses titres de souverain pontife.