‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 5)Chapitre 21 sur 108 · ARTISTE · texte numérisé non relu

ARTISTE

Bacaro (diminutif de Bartolomeo) Bandinelli, fils d'un orfèvre de Florence, annonça dès l'enfance d'heureuses dispositions pour les arts du dessin, surtout pour la sculpture. Il parvint dans la suite, autant par intrigue que par ses talents, à capter la bienveillance du grand-duc et encore plus de la grande-duchesse, et fut long-temps l'artiste à qui furent confiés les travaux les plus importants pour l'embellissement du palais et de la ville,

Jaloux de tous les grands artistes qui florissaient en même temps que lui en Italie, il abusa de la faveur dont il jouissait à la cour de Toscane, pour les persécuter ; il dépréciait leurs ouvrages, leur enlevait souvent les travaux qu'on leur avait ordonnés, les forcait à quitter leur patrie.

Il fut accusé d'avoir détruit, pendant la nuit, et en s'introduisant furtivement dans la salle du conseil, les cartons que Léonard de Vinci et Michel-Ange avaient préparés en concurrence pour les peintures qui devaient orner cette salle; cartons qui excitaient l'admiration générale, et que Raphaël, pendant son séjour à Florence, avait étudiés avec soin.

Sa haine pour Michel-Ange se manifesta en plusieurs autres occasions qu'il serait trop long de rappeler ici. Pour le bien connaitre, il faut lire les mémoires de Benvenuto Cellini. A l'en croire, c'était un homme cupide, sans talents, qui voulait tout entreprendre et ne

pouvait rien finir; mais il faut savoir que Benvenuto parle de l'un de ses plus grands

ennemis, d'un artiste avec lequel il avait eu les plus vives altercations, et qu'un jour il faillit

rand-due (+).

de poignarder aux yeux même du g La vérité est quil ne se distingua nullement dans l'art de la peinture; et aussi qu'il l'abandonna après quelques essais : à peine cite-t-on de lui quelques tableaux ; mais,

quoi qu'en dise Benvenuto , ce ne fut point un sculpteur vulgaire. Florence possède plusieurs

1) Voyez dans les Mémoires de Benvenuto Cellini, p. 412 et suiv. de la traduction française, le récit de cette déplorable scène, dans laquelle Zenvenuto critiqua avec amertume tous les défauts des ouvrages de Bandinelli, et où celui-ci, écumant de rage, aceabla son antagoniste des plus grossières injures, et S'oublia jusqu'à l'appeler, en présence du duc, infame sodomite. 11 faut savoir que Benvenuto n'avait pas, en fait de mœurs, une réputation

excellente, et qu'à Paris, il avait été accusé, devant un tribunal, du crime que l’on reproche aux Florentins

statues et monuments de Bandinelli, qui doivent lui assurer un rang distingué dans la sculpture

Ajoutons de plus que ses dessins sont très-recherchés.

EXPLICATION DES PLANCHES

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