L'ADORATION DES ROIS. (DESSIN
Ce sujet si rebattu est traité dans ce dessin avec une grande naïveté; il lest d'une manière qui s'éloigne de l'usage communément adopté par les autres artistes, et peut-être trop du récit consigné dans un de nos Evangiles.
lei la Vierge est assise sur une espèce de trône, couverte d'un manteau, mieux vêtue enfin que ne devait le permettre lhumble profession de son mari. On ne devinerait pas que la scène se passe dans une étable, si lon ne voyait derrière la Vierge surgir deux têtes d'animaux. Les trois rois ou mages ont des costumes qui, s'ils ne sont pas exactement orientaux, rappellent du moins par leur ampleur les vêtements ordinaires des princes de l'Orient; tandis que dans maint
eurs
autre tableau de ladoration des rois, les artistes ont habillé les mages vVOYE
comme l'étaient les princes leurs contemporains.
Nous remarquerons encore que, dans notre dessin, l'enfant Jésus, qui est
déja grandelet, quoique d'après l'Evangile il ne dût pas avoir plus de quelques
jours à époque de l'adoration des mages, semble tout joyeux des beaux pré-
sents qu'on lui apporte; et la Vierge elle-même ne parait pas insensible à un si magnifique hommage.
Il serait possible que ce dessin ne fût pas de Caravage même; mais il faut toujours attribuer à quelque artiste partisan de sa manière, et qui suivait ses
lecons.