NÉ A GASTELFRANGO EN 1477; MORT EN
NOTICE S PEINTRE
Né la même année que Tien, Giorgione entra, de méme que lui, comme élève dans les ateliers des fameux Zelini, dont nous avons parlé dans l'article précédent. [ne fut donc pas le maitre de Titien, comme on le lit dans plusieurs biographies, mais son condisciple. I est vrai que, tandis que Titien, dont le génie ne s'était point encore développé, n'avancait que lentement dans l'art, Giorgio Barbarelli Giorgione) y faisait de rapides progrès; que Titien, honteux de son infériorité, prit pour modèles les essais de son condisciple, et bientot l'égala en talent, peut-être le surpassa.
dit en étudiant les précieuses productions de Léonard de Vinci, que Giorgione avait trouvé le secret de noyer les teintes les unes dans les autres, de bien ménager les jours et les
ombres, d'accorder ensemble par des passages les plus fortes couleurs, et de leur conserver
cette vivacité et cette fraicheur qui sont le plus g and attrait de la peinture. Voilà ce qui faisait le principal mérite des productions de Giorgione; et Titien, en les imitant, devint le plus grand des peintres de son ét ole.
Quoique Giorgione n'ait vécu que trente-quatre ans, il a laissé un très-grand nombre
d'ouvrages. Si la mort ne leüt enlevé si promptement aux arts, il eût été probablement le
Raphaël de Féc ole de Venise. I faut dire pourtant que dans la € omposition, dans l'ordonnance de ses tableaux, il est très-inférieur au peintre romain; mais il réussissait parfaitement dans les portraits.
Le Musée royal possède, entre autres ouvrages de ce grand maitre, un très-beau portrait
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de Gaston de Foix, et une autre production très-remarquable par la beauté du coloris. Dans ce dernier tableau, que l'on nomme Æ Concert, on voil deux personnages, dont l’un pince une guitare et l'autre joue de la flûte; mais on ne sait ce que font, dans cette scène, deux
femmes nues, dont l'une semble verser de l'eau dans un bassin. C'est une composition à peu
près inexplicable.
EXPLICATION DES PLANCHES