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BAMBOCHE

Né EN 1613, mont EN 1674

NOTICE SUR CE PEINTRE

Pierre de Laar montra, dès l'enfance, de grandes dispositions pour l'art de la peinture. L'aisance dont jouissaient ses parents lui permit d'aller se perfectionner en Italie, et surtout à Rome, où il resta seize années, et où il acquit beaucoup de réputation dans un genre dont

on peut le regarder comme créateur, et que nous essayerons bientôt de faire connaitre.

Comme il était petit et extrémement contrefait, les Romains, toujours railleurs, lui donnerent le sobriquet, qu'il garda toute sa vie, de Bamboccio (Marionnette); mais les qualités aimables de son esprit, ses talents, non-seulement en peinture, mais dans la musique, le firent estimer et rechercher. Il était très-lié à Rome avec Poussin, Claude le Lorrain et Sandrard, artiste allemand qui ne fut pas sans réputation dans son temps, et qui ublia un savant ouvrage sur les peintres les plus célèbres (1).

On a prétendu que c'est du surnom donné à Pierre de Laar, et du genre de peinture qu'il avait adopté, que nous est venu le mot bambochade, par lequel on qualifie dans notre langue

toute peinture grotesque et dont le sujet est pris dans une nature basse. Mais les compositions

de Bamboche n'ont rien de grotesque, d'ignoble. Graces au long séjour qu'il avait fait en

Italie, s'il peignait des scènes de la vie, il n'en prenait pas les sujets dans les tavernes, dans

les plus sales ateliers des artisans. Ce sont ordinairement des chasses, des fêtes publiques, des amusements champêtres que représentent ses tableaux, et presque toujours on ÿ trouve quelques réminiscences des beaux sites de l'Italie.

C'est done un genre hollandais ennobli que le Bamboche adopta, et il eut pour imitateur

en ce genre Wouwermans, qui peut-être le surpassa. Des auteurs ont cru qu'il en mourut

de chagrin; mais il est plus vraisemblable qu'ayant été obligé de quitter Rome, dont il

aimait le séjour, et de venir vivre à Harlem, où, quoique jeune encore, il se sentit accablé

1) L'ouvrage de Sandrard a pour titre : Academia picture nobilis, 1 xol. in-folio. On y trouve les portraits bien

Nous l'avons

gravés des peintres de diverses époques, et, dans le texte, les principales circonstances de leur vie

rarement cité, parce que dans l'ouvrage de Descamps, sur la Vie des Peintres allemands, etc., on retrouve tout ce

qu'il y a de plus vrai et de plus substantiel dans le livre de Sandrard, ainsi que dans celui d'Houbraken, Hollandais,

autre biographe d'artistes célèbres

d'infirmités, une noire mélancolie le conduisit au tombeau. Cet homme, autrefois d'un

caractère si gai, était devenu, sur la fin de sa vie, insupportable à lui-même, comme aux

autres.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Près d’une hôtellerie, où plutôt d’un cabaret bâti dans les ruines même d'un édifice antique, qui parait avoir été un amphithéatre, des chasseurs se sont

arrètés un moment pour se reposer et se rafraichir. Mais ils vont bientôt

reprendre leur route; car lun des valets est dé: remonté à cheval et sonne du

cor. Un autre cavalier tient à la main son héron; il a le dos tourné, et semble donner ses ordres à un piqueur qui l'écoute avec attention. D'autres valets s'occupent des chevaux et de la meute.

Cette scène est animée, les costumes sont pittoresques , les groupes bien disposés, le fond offre de beaux effets de lumière. C’est un des tableaux où [ lon peut le mieux reconnaitre le génie singulier de Pierre de Laar, qui créa, pour ainsi dire, comme nous l'avons dit dans la Notice, un nouveau genre de peinture, un genre dans lequel se sont depuis distingués les Wouwermans, les Dujardin, les Berghem, et plusieurs autres.

ÉCOLE HOLLANDAISE

PLANCHE CCLXXI.

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