LA VIERGE ET L'ENFANT JÉS
Tableau de SIMON FOUET,
NÉ Ex 1582, mont Ex 1641
Elève de son père, peintre médiocre, Simon Vouet annonça, presque dès l'enfance, de rares dispositions pour la peinture; mais ce qui en fit un artiste d'un vrai mérite, ce fut un séjour de quinze années en Italie. Il y étudia les ouvrages des grands maitres de Venise et de Rome; et, le premier en France, il mit dans ses compositions une dignité, une noblesse inconnues jusqu'à lui.
Louis XIII l'avait nommé son premier peintre; il le combla de bienfaits; les travaux les plus importants lui furent réservés. Partout on voulait avoir de ses ouvrages, dans les palais, dans les principaux hôtels, dans les églises. Comme il lui fallait expédier vite, il prit une manière expéditive, ce qui nuisit « uelquefois à sa réputation,
On lui reproche d'avoir eu peu de génie pour l'invention, de l'affectation, de la froideur, et
peu d'intelligence du clair-obseur, Mais il a toujours réussi à peindre les enfants et les Vierges, auxquelles pourtant il donnait peu d'expression.
Jean Cousin n'avait point fait d'élèves; Vouet, au contraire, eut la gloire de former par
ses lecons la plupart des grands artistes que compte l'ancienne école fran
se : Le Brun, Le Sueur, Mignard, et ce Dufresnoy qui chanta la peinture en assez bons vers latins.
Le —
EXPLICATION DE LA PLANCHE
C'est sans doute un portrait que cette tête de Vierge qui tient son Enfant dans ses bras; elle n'a rien de divin, ni dans ses traits, ni dans son expression; mais elle ne manque point de grace, quoique cette grace ne soit pas tout-à-fait celle des Vierges de Raphaël. Il y a aussi de la manière dans les traits et la pose de l'Enfant.
Le tableau original n’en est pas moins un des plus précieux de Simon Vouet.
Il donne une idée juste des qualités de ce maitre, comme de ses défauts.
ÉCOLE FRANCAISE
Trois dessins de JACQUES CALLOT,