‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernesChapitre 53 sur 85 · PLANCHES CCLXXXIT — CCLXXX VI · texte numérisé non relu

PLANCHES CCLXXXIT — CCLXXX VI

Dessins de NICOLAS POUSSIN,

né ex 1594, sonr EN 1665.

NOTICE SUR CE PEINTRE

Poussix, l'honneur de l'école française, a été justement surnommé le peintre des gens d'esprit et des philosophes.

était retiré

Né d'un père noble, dont les discordes civiles avaient causé la ruine, et qui aux Andelys, dans la Normandie, Nicolas Poussin, dès le berceau, connut l'infortune, Et cependant son éducation littéraire ne fut point négligée; mais il se sentait une vocation invincible pour la culture des arts du dessin, et son père lui permit de venir les étudier à Paris. Le jeune Poussin, bientôt dégouté des maitres médiocres dans les ateliers desquels le sort l'avait fait tomber, tenta vainement deux fois d'aller puiser en Italie

de meilleures lecons. Faute des ressources nécessaires pour continuer sa route, il fut

obligé de revenir dans sa patrie, Il travaillait obscurément à Paris, où il pouvait à peine subvenir à ses premiers besoins, lorsqu'il eut le bonheur d'être connu et apprécié par le cavalier Marini, célèbre poète italien de ce temps, qui se trouvait alors dans la capitale de la France.

Marini, obligé de retourner à Rome, fit promettre à Poussin de venir l'y joindre, et l'assura

de

a protection auprès de la cour pontificale. Poussin atteignit donc enfin le but de tous

ses vœux, Îl arriva à Rome, mais déja âgé de trente ans. À peine eutail le temps d'embr.

er son protecteur, qui alla mourir à Naples, sa patrie. Ce fut alors que, solitaire, abandonné du

monde entier, il éprouva tout ce que la misère à de plus affreux, et qu'il montra toujours un

rare courage. Il travaillait tout le jour et une partie des nuits; mais le genre de ses tableaux,

sa manicre, n'étaient plus de mode: le goût avait changé. Le peintre qui, par la sagesse de

ses compositions, la justesse de l'expression, la science du costume, a le plus approché de

Raphaël, ne reçut qu'un très-froid accueil des amateurs romains. On cite tel de ses tableaux qui date de cette malheureuse époque, cédé par lui au-dessous même du prix de la toile et des couleurs (pour 8 francs), et qui, depuis, a été vendu au poids de l'or.

Mais le cardinal Barberini, à qui l'auteur du poème d'#donts l'avait recommandé, parvint à le tirer enfin de cet état d'humiliation. Il lui commanda des travaux, fit remarquer les belles qualités de ses productions, fonda enfin sa réputation.

Le sage Poussin accueillit la gloire comme il avait supporté l'oubli des hommes, presque

| 4 facilement. Salomon occupe le milieu de la scène, assis sur un trône trèsélevé et magnifiquement orné. Il est jeune : la reine son épouse n'a plus aucun rôle dans Faction, et même ne Sy trouve pas. Ce sont les deux mères qui fixent principalement l'attention, ce qui devait être; mais peut-être Poussin a-tl fait la iméchante mère op vicille et trop lude. L'Ecriture dit que c'étaient l'une

et l'autre des courtisanes qui demeuraient ensemble (1).

H y à aussi dans le tableau, quelque admirable qu'il soit, des erreurs de

costume et même de dessin, que M. de Toulongeon a minutieusement obser-

vées (2). «Mais cest dans les tableaux du premier ordre, ditl, qu'il faut

rechercher et noter les imperfections; dans les autres on recherche les beautés.»

Sur la même planche on voit un petit croquis de Poussin qui représente de jeunes femmes, des nymphes si Pon veut, qui péchent à la ligne, tandis que d'autres pêc heurs à de ni-plongés dans le fleuve, s'apprêtent à \ jeter des filets. Nous n'avons rien à dire de cette étude, si ce n'est qu'on y reconnait, comme dans tout ce qui est sorti de la main de ce peintre, l'excellent dessinateur,

observateur exact de la nature

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