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NOTICE SUR DROLLING

Cet artiste n'a pas joui pendant sa vie de toute la célébrité qu'il eût mérité d'obtenir. Mais la révolution était flagrante quand il exposait au Louvre ses charmants tableaux de scènes familières; et alors on dédaignait ce petit genre ; on n'estimait que les peintres d'histoire, on ne voulait, comme on disait en ce temps, que de grandes pages. Drolling, qui était devenu peintre sans maitre, qui ne s'était appliqué toute sa vie qu'à retracer de la manière la plus vraie, la plus vive, ce qui se passait journellement sous ses yeux : des noces de village, les embarras des rues de Paris, etc., ne pouvait guère réussir auprès de s systématiques et supe rbes distributeurs de la gloire en ces jours-là. A une époque plus tranquille son mérite se fit jour. La foule se pressait dans nos salons d'exposition autour des fraiches et aimables compositions qu'il offrait tous les deux ans à la curiosité publique. On admira surtout son Intérieur d'une cuisine,

et plus encore le tableau de son Déjeuner, dans lequel il s'était peint lui-même partageant avec

son chien le petit pain qu'il trempait dans sa tasse de café. Les meubles de sa petite salle à

manger, la table, le poële, etc., étaient rendus avec tant de vérité, la perspective que l'on voyait par une porte ouverte au fond du salon, si bien observée, que l'on aurait cru que ce tableau

sortait des mains de l'un des meilleurs anciens maitres des écoles flar

ande où hollandaise (r)

Le premier de ces tableaux, l'/ntérieur d'une cuisine, figure aujourd'hui dans le Musée

royal de Paris

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Le tableau dont nous offrons ici un dessin était une des bonnes productions

de Drolling. Voici comme il a été très-bien décrit dans un ca

de M. Denon:

ilogue des tableaux

(1) Drolling était né à Oberbergheim, près de Colmar, et, avant de s'établir à Paris, il avait probablement visité 8 d Ë F

aleries des amateurs. On

la Flandre et la Hollande, et étudié dans ces pays les chefs-d'œuvre qu'y renferment les

peut supposer que ce fut là qu'il prit goût pour le style des écoles que nous avons appelées germaniques.

« Dans une habitation modeste, un vieillard, assis sur son séant et entouré de ses enfants, lit avec joie une lettre à laquelle prend part toute sa famille; une de ses filles surtout est vivement touchée et rend graces au ciel. Le messager, assis prés du lit, a Pair heureux d'avoir apporté une bonne nouvelle.

« Tous les détails et les accessoires de mobilier et de ménage, que le peintre a distribués sans confusion, sont touchés avec esprit, et donnent un ensemble parfait à la composition. »

Greuze avait cent fois plus de réputation, et, même encore aujourd'hui, a

plus de célébrité que Drolling. Que lon compare ces deux maitres qui ont travaillé dans le même genre, et l'on conviendra sans doute de l'injustice du 8 j

sort dans la distribution de la gloire.

On sera peut-être surpris de ne trouver ici, parmi les productions de l'école française, aucun dessin ni

tableau des maîtres qui l'ont tout récemment illustrée; de David, par exemple, de Girodet, ete.

l'époque où M. Denon préparait les matériaux de notre ouvrage, ces maîtres vivaient encore, et il s'était

fait une loi de garder le silence sur tous les artistes vivants : il pensait que c’est à la postérité seule qu'il

appartient de prononcer sur leur talent

au

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