NOMS INSCRITS SUR LE COTÉ OUEST
Abbé.
Aymard.
Baillod.
Bailly de Moiilbion.
Barbantane.
Earbol.
Barrois.
' Baste.
' Beauregard.
* Béchaud.
Berruyer.
Bertolelli.
Beurmann Bonnamv Boucbii." Boulart.
Brayer.
Brenier.
Canclaux.
Castex.
Caulaincourt (L.) Carbonnel Chaslel.
* Château Christiani Clausel.
' Colberl.
Colberl (E.).
* Compère.
Corbineau.
Dagoberl.
D'Alton.
Darmagnar.
Daultane.
Daure.
Decaen.
Decrés.
Dellers Delaborde.
Dulbecq.
Delon.
Desailly.
Desfourneanx.
D'hennin.
Dorsenne.
Drouot.
Dubouquet.
Dul.rutnii.
* llii^iinuiiier.
Diibing.
Duperré.
Durosnel.
Duvernet (M.).
■ Ferey.
Flahaut.
Flamand.
Foy.
Franceschi.
Frégeville.
Gilly.
* Gobert.
■ Graindorgc.
Grcssot.
Guéhéneuc Guvot (C).
Haberl.
Harispe.
Ilarlet.
Ilaxo.
Hédouville.
' Henry (Woloilliowicz),
Huber.
" Jardon.
Jouffroy.
Junot. '
Rlopiski.
* Lacoste.
Lacroix (P.).
Laferrière-Lévèque.
La grange. Lailemand.
Lamarque.
Lamartilliére.
Lamartiniérc.
* Lapisse.
Latnlle de Lorencey.
Laval.
Lebrun.
Leclerc.
Lefebvre-Desnoéltes.
Lenoury.
Lery.
Lespinasse.
Lhermite.
Ligor-Belair.
Linois.
Loison.
Maçon.
Maransin.
Marbot.
Martin.
Mathieu-Maurice.
Maucomble.
Maucune.
Maurin.
Meynadier
Merle.
Milhaud.
Miguel.
Mirabel.
Moncey.
Montmarie (L.).
Muller.
Musnier.
' Noailles.
Ordener.
Ordonneau.
Pécheux.
* Pépin.
Périguon.
Philippon.
Picquet.
Pille.
Préval.
Quesnel.
Reille.
Reiset.
Renaudin.
René.
Rey (E.)
Rognât.
Ruïtin.
Sahuguet.
Samt-Cyr-Nugues.
Saint-Siilpice.
Saligny.
* Salon.
Sauret.
Schérer.
Schniilz.
Sébastian!.
Sémélé.
' Senarmond.
Sercey.
Servan.
Sévéroli.
Simmer.
Soligiiac.
Sou il.
Suchet.
' Tauiiin.
Taviei.
Thiébault.
* Tliomiéres.
Travot.
Troude.
Valée.
* Valletaux.
Victor.
* VVerle Willot.
Woiir.
11 résulte du tableau qui précode :
1° Que, de 1791 à 1814, la France a tenu sur pied 50 armées, sous diverses dénominations ;
2" Que 1S8 batailles, combats ou faits d'armes, pendant la même durée , sont inscrits dans les ornements (|ui décorent l'arc de Iriomplie de l'Etoile;
3° Qu'enfin 6S2 noms s'y trouvent placés (1). et que, parmi les officiers généraux qui y figurent , 120 ont été tués sur les champs de bataille, ou s'ont morts des suites de leurs blessures.
(I) Celui (le Jérôme Bonaparte a élé ajouté à celle glorieuse liste en 1850.
MONUMENTS ÉLEVÉS A LA GLOIRE MILITAIRE
PAliAISE (Château de). A l'est de la petite ville do Falaise, département du Calvados, on aperçoit le château nui en défendait les approches, et qui, dés Van 998. était déjà l'une des forteresses les plus importantes de la Nor-
mandie. Guillaume le Conquérant y naquit, en 1027. Il devint le centre de toutes les opérations militaires, pendant les guerres de rivalité de la France et de r.\ngleterrc, et résista longtemps à tous les efforts que firent les Français pour s'en emparer. Philippe-Auguste le prit par cn- Situlation, en 1204. Henri V, roi d'Angleterre, s'en renil maître, le 2 janvier 1418 , après cinq mois de siège. Reprise , en 1430, par Charles Vil, cette forteresse et la ville eurent beaucoup à souffrir à l'époque des guerres de religion qui désolèrent la France. Henri IV en fil démanteler les fortificnlinns.
Le château est situé sur un roc élevé qui domine la ville; ses ruines conservent encore un caractère de grandeur qui lui donne un aspect imposant et sévère. Il ét,Tit muni d'un donjon, entouré de fossés, et défendu par des tours solides et des remparts. Restiiuré et augmenté à diverses époques, il présente, à l'intérieur et à l'extérieur, différents genres d'architecture; mais c'est le style normand qui domine. La plus grosse tour est celle dite de Talhot, du nom de ce général, qui la fit élever en 14.50 ; elle a environ 100 pieds de hauteur et est d'une construction tellement solide , qu'elle a suhi très-peu de dégradations. On parvient à son sommet par un escalier caché dans l'intérieur des murs, dont l'épaisseur a de 15. i 10 pieds. La longueur de cette forteresse est de 270 pieds; sa largeur moyenne de 420 pieds.
FliÈCHB (Collège militaibe de la), département de la Sarthe. Le collège militaire de la Flèche , fondé en 1761 , avait été supprimé en 1776. Un décret impérial du 31 mai 1803 le recréa sous le titre de Prytance militaire. Les élèves qui avaient satisfait aux examens de sortie passaient aux écoles spéciales de Fontainebleau pour l'infanterie, et de Saint-Germain pour la cavalerie; ils pouvaient
CliJicau lie Falaise.
également entrer à l'Ecole polytechnique, ou prendre du service dans la marine.
A la Restauration, le Prytanée militaire de la Flèche reçut la dénomination A'Ecole militaire préparatoire. Cette dernière reprit le titre de Collège militaire, par ordonnance du 12 avril 1831.
Le collège militaire de la Flèche est placé sous la direction du minisire delà guerre, et est destiné à l'éducation des fils d'officiers sans fortune.
Le nombre d'élèves entretenus aux frais de l'Etat est de trois cenis boursiers et de cent demi-boursiers. On admet
au collège des enfants payant pension ; le prix de la pension est de S.'iOfr.incs ; celui de l.n demi-pension, de 4-.?3 francs.
L'îîge d'admission est fixé de dix à douze ans. Les élèves jieuvenl rester au colli'ge jusqu'à la fin de l'année scolaire dans le courant de laquelle ils auront complété leur dix-huitième année.
FOIX (CuATEAU de), département de l'Ariége. L'ancien château de Foix s'élève sur un énorme roclier isolé, qui borne la ville à l'ouest; il se compose de trois grandes tours gothiques construites en pierres de grés, qui appartiennent à différentes époques.
MONUMENTS ELEVES A LA GLOIRE MILITAIRE
Deux de ces tours sont carrées , l'autre est rondo. La plus petite, celle du Nord, a été fondée sur des subslrnclions plus anciennes, et parait remonter d l'époque romaine; la seconde, celle du milieu, a dû être construite par un des premiers comtes de Foix; la tour ronde, lu plus remarquable des trois, ne date que du quatorzième siècle : elle aurait été fondée par Gaston Phœbus. Ces tours servaient à la fois de palais cl de prison. Celte dernière destination est la seule (|ui leur soit restée.
La ville de Foix et son château sont célèbres par les sièges mémorables qu'ils ont soutenus ; ils résistèrent, en 1210, aux elTorts de Simon de Montfort et de l'armée croisée contre les Albigeois; les habitants, armés seulement de pierres, repoussèrent les croisés et les mirent en fuite, après leur avoir tué beaucoup de monde.
En 127-2, le comlc de Foix, enhardi par la situation avantageuse du cliàleau, ou il s'élait renfermé, osa défier le roi de France Philippe le Hardi, contre lequel il s'élait révolté. Philippe, co'UTOucé de celle audace, vint l'assiéger avec une puissante armée, et fit serment d'emporter la place à quelque prix que ce fiil. La résistance fut si longue et si opiniâtre, que le roi entreprit de faire abailre l'énorme rocher qui porte le fort. A une époque où la pondre n'était pas encore inventée, c'était une entreprise difficile. Néanmoins on se mil à l'œuvre; de vastes quartiers de pierre claienl déjà renversés, et le rocher commençait a surplomber d'un côté, lorsque le comte, effrayé, se soumit et uemanda grâce.
Dans le seizième siècle, la ville et le château furent successivement pris et repris par les catholiques el les religionnaires, et eurent beaucoup à souffrir des vicissitudes de la guerre.
FOlf (Tombeau du cénéral], dans le cimetière du Père- Lachaise, à Paris. Ce tombeau fut élevé a la mémoue de
l'illustre général, d\i grand citoyen et de l'habile orateur, au moven'd'uni' srmscriplion nationale qui dotait en même tcmps'ses enfants. laiss.'S sans fortune.
La statue et les différents b :is-reliefs qui ornent cet édifice funéraire sont en marbre blanc , el ont été exécutés par David (d'Angers).
Le monument figure un temple à jour, élevé sur un piédestal avec celte inscription :
Au gùncral
Foy
SOS concitoyens
28 novembre 1825.
La slalue est placée entre les deux colonnes qui soutiennent l'entablement et la corniche
Une balustrade , d'un style simple mais noble, défend les abords du tombeau.
La dépense de ce monument s'est élevée à la somme de 90,000 francs.
FBAWÇOIS I''' (Tombeau de), roi de France, dans l'église Saint-Denis. Ce monument, élevé en 1530, d'après les dessins de Philibert Delorme, est tout en marbre blanc. Seize colonnes ioniques cannelées, de 6 pieds de haut, soutiennent l'entablement. La vonle principale recouvre deux sarcophages sur lesquels sont couchées les statues, plus grandes que nature, de François 1" et de Claude de France, sa femme. Cette voûte est ornée de bas-reliefs exécutés par Cermain Pilon, et représentant les génies de la mort, le Christ vainqueur des ténèbres, et les quatre prophètes de l'Apocalypse. Les bas-reliefs du soubassement reprèsenlenl les batiilles de Cerisolles el de Marignan. On y remarque aUîSi le bas-relief représentant des vivandières portant sur leur tête des ustensiles à l'usage des troupes. Au-dessus de l'entablement sont placées les statues de François I", de la reine et de leurs trois enfants, en habits de cour et à genoux. Ces cinq statues el les bas-reliefs du soubassement soûl de Pierre Bontemps. Les arabesques des petites voûtes et les autres ornements de ce mausolée sont d'Ambroise Perret et de Jacques Chantrel.
FBÉJUS (Aqueduc de). La ville de Fréjus, département du Var, dont l'origine remonte aux Celto-Liguriens, fut considérablement agrandie par les Romains, qui l'enrichirent d'un grand nombre de monuments. Elle avait environ une lieue de circonférence, et comptait une population de quarante mille habitants.
Parmi les monuments d'utilité publique que possède la ville de Fréjus, on remarque les restes de l'aqueduc qui y conduisait les eaux de la Siagne, et qui avait un développement de 50,000 mètres. Arrivé à la porte de Fréjus, du côté de l'Italie, l'aqueduc se divisait en deux branches; l'une entrait dans la ville, du côlé du nord, l'autre se dirigeait vers le port.
FBKJUS (PoBTE DOUÉE a). Cette ville doit à Auguste de beaux édifices publics; c'est sous son règne qu'elle fut entourée de fortes murailles flanquées de tours et percées de quatre portes magnifiques, dont les principales étaient la Porte dorée et la Porte romaine.
La première est l'une des plus importantes sons le rapport de l'art. Elle consiste en un arc dont le couronnement, les bas-reliefs el les ornements ont été entièrement effacés par le temps. Les deux montants sont tellement dégradés, que la ruine de ce monument parait imminente, si l'administration locale ne prend pas de promptes mesures pour le réparer.
«AlilSSOWMIÈBE (Château de ia) 11 est situé i
MONUMENTS ÉLEVÉS A LA GLOIRE MILITAIRE
peu de dislance du village de Monniêres, département de fa I.oire-Inférieure. Les ruines de cet ancien monumanl féodal sont à la fois tristes et imposantes. Les seules parties qui sont encore debout sont presque entièrement recouvertes de lierre , ce qui leur donne un aspect très-pittoresque.
Vers le milieu du moyen âge, ce château eut a soutenir UD grand nombre de sièges ; il fut pris et repris par les différents partis qui désolèrent celte contrée , tour à tour dévastée par les Anglais, les Français et les Bretons. Cet édifice a été longtemps habité par'Bariu de la Galissonniëre. lieutenant "général des armées navales, connu par la victoire qu'il remporta sur l'amiral Bing.
ClAliERIE DES PL.AXS-nEl.IEFS, à l'hôtel national des Invalides, a Paris. L'origine de cette belle collection remonte au régne de Louis XIV, q^ui avait reconnu l'utilité de réunir prés de lui, pour y avoir recours au besoin . les phns-reliefi des places fortes du royaume et de celles qui avaient été conquises par ses armics.
Le premier de ces plans, exécuté par ordre du roi. fut celui de la citadelle ne Lille, dont la construction eut lieu en 1660. Le but de cet établissement, dit l'écrivain auquel nous. empruntons une partie de cet article, était de placer auprès du gouvernement une sorte de musée militaire qui présentât des notions aussi promptes qu'exactes sur les •places fortes de la France et des pays éh-angers, ainsi que sur leurs movens d'attaque et de défense. La collection des plans-reliefs est, pour l'art de la fortification, ce que sont, pour l'artillerie, pour la marine, pour la mécanique et les usines, les collections du Musée d'artillerie, du Musée de marine et du Conservatoire des arts et métiers. Elle est un objet d'étud. s pour les élèves du génie, de l'école d'application d'état-m.ijor et de l'Ecole polytechnique, qui v reçoivent chaque année une instruction pratique sur l'art àe la fortification, de l'attaque et de la défense des places.
La galerie des pians-reliefs a été successivement placée â Versailles , aux Tuileries et au Louvre. A l'époque de la création du comité des fortifications, en 1776. elle fut transférée dans les vastes combles de l'hôtel national des Invalides, et placée dans l'une des ailes de la façade de l'Ouest, qu'elle occupe encore aujourd'hui.
Une loi de l'Assemblée constituante, du 10 juillet 179 :, plaça cet établissement dans les attributions du comité di génie, qui avait succédé au conseil des fortifications. L-. collection s'agrandit successivement sous la République et l'Empire. Napoléon y fit exécuter divers modèles de forts et de redoutes qu il avait l'intention de faire construire pour la défense des côtes. Transportés au palaides Tuileries, ses modèles servirent dans les discussions des divers projets soumis au comité du génie.
« .\prés avoir fait les honneurs de la galerie aux rois et aux princes étrangers venus pour lui rendre hommago dans sa capitale, dit encore l'auteur que nous avons citV'. l'empereur s'y rendit, le 6 mars 1813, accompagné de l'impératrice Marie-Louise et de toute sa cour. Il examina attentivement plusieurs des anciens reliefs , et s'arrêta avec une satisfactiin particulière devant celui de Brest, qui venait d'être achevé, en disant : C'est très-hien! Que Von appelle l'impératrice; je veux qu'elle voie ce magnifique ouvrage! »
En 1814 et 1813, les alliés enlevèrent une grande partie des plans-reliefs dont se composait la galerie, notamment ceux des frontières françaises du Nord, de Strasbourg à Lille inclusivement. Ces modèles, au nombre de di.x-neuf, ont été successivement remplacés depuis.
Les curieux qui désirent visiter cet établissement en obtiennent facilement l'autorisation, sur leur demande ; les e.xpositions annuelles ont lieu chaque année, du 13 avril au 13 mai.
Cette galerie figure annuellement au budget de la guerre pour une somme de 20,000 francs, y compris le matériel et le personnel de l'établissement.
G^UtD (Po>T Dci, à cinq lieues et demie de Nimes, département du Gard. Il est bâti sur le Gordon ou Gard, à seize kilomètres de Nimes. Ce monument se compose de trois rangs d'arcades à plein ciulre, élevées les unes sur
les autres et jetées avec une hardiesse et une légèreté admirables à de très-grandes distances; sa hauteur totale est. de 146 pieds ; le premier rang, long de 13. toises, repose sur six arches, le second sur onze, le troisième sur trentecinq
Cet ouvrage extraordinaire, construit en pierres de taille posées à sec fut élevé pour supporter un aqueduc dont le niveau devait joindre celui des deux collines escarpées entre lesquelles passe la rivière. 11 conduisait dans Nimes les eaux de deux fontaines qui, elles-mêmes étaient amenées au pont du Gard (icr une longue suite d'aqueducs.
L'opinion la plus généralement adoptée attribue la construction de ce gigantesque monument à Agrippa, gendre d'Auguste, qui enaurait ordonné la construction l'an 733 de Rome, lorsqu'il recul la mission d'apaiser les soulèvements armés dans les Gaules.
Au commencement du dix-septième siècle, on entreprit de faire du premier des trois ponts un passase pour les voitures. Le duc de Roban, qui venait porter àes secours aux religionnaires de ^'imes, fit couper en amont tous les pieds-droits des arcs du deuxième rang, afin de faciliter le passage de son artillerie. Ceslravaux ayant compromis la solidité de l'édifice, les étals du Languedoc avisèrent, en 1700, au moyen de le faire réparer. Une première tentative n'ayant pas complètement réussi, on s'arrêta au projet de faire bàt'u- un pont particulier, également praticable aux voitures, et adossé ,i la face orientale de l'aqueduc. Celle entreprise, commencé le 22 juin 1743, fui achevée en 1747.
CilSORS IChateau DE), département de l'Eure. Ce château, qui s'élève sur une petite montagne à l'extrémité de la ville de ce nom. cl près de la rivière de l'Epie, était considéré, par sa situation et par la solidité de sa construction, comme un des postes les plus importants du Véxin normand. L'abbé Suger fait remonter sa fondation vers l'an 1000; elle serait due, selon lui, à un baron nommé Paganus. Guillaume le Roux en augmenta considérablement les fortifications de 1088 à 1097.
Cette forteresse se compose de deux enceintes, avec un donjon octogone très-élevé au milieu de la seconde. La première enceinle, qui sert aujourd'hui de halle, était très-étendue et pouvait contenir un grand nombre de soldats; elle était flanquée de tours dont quelques-unes subsistent encore. On pénétrait dans l'intérieur par deux portes, défendues par de grandes tours, des herses et des ponts-levis. La seconde enceinte était bâtie sur le sommet de la colline, dominait la première et n'avait qu'une entrée.
Les ruines de ce vieux ch.lteau attestent encore son ancienne importance militaire, à une époque où la poudre et les armes à feu étaient inconnues. — Philippe-.\ugustc s'y réfugia en 1197, après la bataille livrée sous ses murs, dans laquelle il courut les plus grands dangers. Entouré d'ennemis qui le poursuivaient, il parvint .i se frayer un passage, l'épée .i la main, et à se jeter dans la ville : ses nommes d'armes se précipitèrent à sa suite dans un tel désordre et avec une telle impétuosité, que le pont de bois qui traversait l'Epie s'écroula sous le poids de ses cavaliers, chargés de lourdes armures, au moment ou le roi achevait de le franchir ; il dut son salut ,i son cheval, qui le tira à la nage du péril qui le menaçait.
diAXim \ToMBE.iu de), près de Saint-Remi, département des Bouches-<lu-Rhône. L'antique cité de Glanum était, ainsi qu'on peut le conjecturer d'après ses monnaies, une colonie Massaliote. Elle fut détruite par les barbares vers la fin du quatorzième siècle. La ville moderne de Saint-Remi n'occupe pas précisément l'emplacement de cette antique cité, elle en est située à environ deux kilomètres.
Le tombeau qu'on y remarque est peut-être le monument de ce genre le mieux conservé nue l'on possède. Il a envh-on 16 mètres 24 centimètres a'élévation. La frise du second étage présente, du côté du nord, celte inscription :
SEX. E. M. IVLfEI. C. F. PAREXTIBVS. S^TIS
(Sexius Julius, Lucius Jnlius et Marcus Julius, IJls de Caîus Julius, à leurs pnrents.)
MONUMENTS ÉLEVÉS A LA GLOIRE MILITAIRE
Les archéologues ne sont pas d'accord sur l'époque de la conslniction de ce mouument. (Voyez Rémi (Saiht.)
CiRAIVDE ARMÉE (Colonne dédiée a la), sur la lilace Vendôme, à Paris.
Au centre de celte place, l'une des plus belles et des plus vastes de la capitale, s'élevait autrefois la statue équestre de Louis XIV, qui disparut à la révolution de 1789. Sur les fondations de ce monument, d'une profondeur de 30 pieds, élevées sur pilotis, le premier consul Donapartc posa la première pierre de la Colonne départementale (le la Seine, que devait surmonter la statue de Charlemague. Nous avons fait connaître plus haut la pensée qui fit donner une autre destination à cet édifice national. (Voyez Colonnes oÉPAETEMENrALES.)
Après la mémorable campagne de 1803, si glorieusement terminée par la bataille d'Austerlitz et la paix de Presbourg, M. Denon, directeur des musées et de la monnaie des médailles, qui avait suivi l'empereur à Schœnbrunn, proposa de transformer la colonne départementale en un monument commémoratif des triomphes de la campagne.
Napoléon accueillit cette idée, et donna l'ordre de la mettre à exécution. L'activité la plus grande présida aux travaux, qui furent achevés en moins de quatre ans. C'était beaucoup pour un monument destiné ,i immortaliser une campagne de trois mois, trois mois qui avaient .suffi à subjuguer toute l'Allemagne, à pnndro Vienne, à faire mettre aux pieds de Napoléon les deux plus hautes puissances de l'Europe, la Russie et l'Autriche. Mais c'était bien peu, si Ion songe à l'immensité de la main-d'œuvre, à la prodigieuse quantité d'ouvriers et d'artistes qu'il fallut réunir pour faire marchrr de front toutes les parties si diverses d'un si magnifique ensemble. .V mesure que s'élevait la masse de pierre, dessinateurs, sculpteurs, fondeurs et ciseleurs, saisissaient à pleines mains le bronze des canons ennemis. Ils le tordaient, le pliaient, l'assouplissaient en tous sens comme une faible argile: ils le filaient, le tissaient pour ainsi dire comme un ruban, qui venait ensuite revêtir les assises de maçonnerie au furet A mesure que la main de l'architecte les'posail les unes sur les autres. Paris est la seule ville du monde, ou, comme autrefois à Rome, les arts puissent, quand ils le veulent, opérer de semldables prodiges. C'est le paradis des artistes et des ouvriers, c'est leur gloire, c'est la récompense de leurs études, de leurs travaux !
La colonne a reçu successivement les noms de Colonne d'Austerlitz, de Colonne de la Victoire, puis enfin celui de Colonne de la grande armée, qui parait lui être resté. Cette colonne est en pierre, recouverte de bronze. Ce bronze est celui de douze cents canons enlevés aux armées russes et autrichiennes pendant la mémorable campagne de 1803. La niasse de ce bronze pèse neuf cent mille kilogrammes. Les bandes de bnuize qui montent en spirale opt 5 pieds 8 pouces de haut.
Les proportions de ce monument sont colossales. Son élévation totale est de 138 pieds. Le piédestal, qui a 21 pieds d'élévation, présente sur ses faces quatre trophées militaires modernes, d'uniformes, de drapeaux, d'effets et ustensiles de guerre, jetés pêle-mêle dans un admirable désordre; au-dessus se dessinent des guirlandes de feuilles de chêne, surmontées aux quatre angles par quatre aigles reposés, en bronze massif, qui enlacent ces guirlandes de leurs serres. C'est de ce piédestal que s'élance la colonne.
La façade du piédestal, où se trouve la porte d'entrée, e^l due au crayon de M. Mazois, architecte, cl au ciseau de M. Gérard. Les bas-reliefs des trois autres façades ont été sculptés en commun par MM. Renaud et Reauvallet, sur les dessins de M. Zix. Les quatre aigles sont de M. Canler, les ornements de M. Gelée.
A la partie supérieure de cette niasse carrée, sur la face du midi, deux renommées en plein vol soutiennent une inscription latine, que l'on pourrait traduire par ces mots : « Avec le bronze conquis sous son commandement, pendant les trois mois de la campagne d'Allemagne en 1803, Napoléon, auguste empereur, éleva ce monument à la gloire de la grande armée. » Au-dessous de cette inscrip-
tion est une porte à deux battants, également en bronze, couverte d'aigles et de couronnes; dans l'intérieur de la colonne on a pratinué un escalier à vis composé de cent soixante-seize marcnes, par lequel on monte à la galerie
placée au-dissus de la colonne : là s'élève un picJeslal terminé en dôme. On y lit celle autre inscription :
Monument élevé à l.i sloi'''-' <lc l,i grande armée.
commencé le 25 août 1806, terminé le 10 août 1810,
■ioiis la direction de M. Denon, directeur général ;
Hi- M. G -B. Lepère et de M. Gondouin, architectes.
Le fût est enveloppé, dans toute sa hauteur, par un bas-relief qui se déroule en spirale sur une longueur de 810 jiieds, et présente, inscrits presque jour par jour. Ions les faits mémorables de la campagne d'Allemagne de 1803. Onze cent vingt agrafes en hronze. scellées dans le noyau de pierre du monument, servent ,i fixer ces basreliefs de la façon la plus solide et la plus simple. En l'onilant ces pièces de bronze, on y a ménagé des sabots, pla(és au revers, qui se rapportent aux agrafes, et s'y attailient au moyen d'un goujon qui les traverse. >
Voici les sujets des soixante-seize tableaux ([ue représentent les bns-reliefs et qui se tiennent tous dans une stricte unité :
MONUMENTS ELEVES A LA GLOIRE MILITAIRE
PRE5IIEKE PARTIE DE LA CAMPAGIiE.
1 . L'armée navale rciUre dans le port fie Boulogne, le 23 août 1803
2. Les. 31 août, i", 2 et 3 septembre, les 5", 4'^, 5'' et 6' corps partent du camp de Boulogue et marchcut sur le Rhin.
3. Le 2 septembre, le 2" corps part d'IUrecht et se dirige sur le Mein.
4. Le 2 septembre, le T corps quitte le camp de Brest et se dirige sur le Uaut-Rhin.
3. Le 17 septembre, le 1'' corps part du Hanovre et .se dirige sur le Mein.
C. Le 23 septembre, l'empereur va au sénat. Sa Majesté déclare que la guerre de la troisième coalition est commencée, et qu'elle va partir pour commander l'armée.
7. Le 25 septembre, le 2° corps, parti de Hollande, passe le Rhin à Mayence.
K. Le 26 seiili-mbre, ie 3' corps, parti de Bruges, passe le Rhin à Manheiin.
9. Le 2(j septembre, le i' corps, parti de Boulogne, passe le Rhin à Spire.
10. Le 20 septembre, le 6" corps, parti de Moulreuil, passe le Rhin près de Dourlach.
11. Le 23 septembre, le o'' corps de cavalerie passe le Rhin à KehI.
12. Le V octobre, l'empereur, arrivé à Strasbourg, passe le Rhin sur le pont de Rchl.
13. Le l'""' octobre, l'électeur de Bade vient recevoir l'empereur à Ktllingcn.
14. Le 2 octobre, l'électeur de Wurtemberg vient recevoir l'empereur d Louisbourg.
13. Le 6 octobre, le 4° corps renconlre l'ennemi à Doua werth.
1(3. Le 8 octobre, le maréchal Mural bat l'ennemi à Wertiugen.