KOUM
La ville de Koum fait partie comme Ispahan & Cachan de l'Irak persan; elle est située au milieu d’une plaine entre Téhéran & Cachan, sur les bords de la rivière de Djerbadekan, qu’on traverse sur un pont à plusieurs arcades à voussures ogivales. Les voyageurs européens qui ont décrit cette ville croient y reconnaître la Khaona, Chaona de Ptolémée; mais, à vrai dire, on ne trouve dans l’histoire aucun fait qui autorise à lui assigner une haute antiquité. On peut cependant admettre d’après Ebn el Acim cité plus haut, dans la notice sur Ispahan, que Koum était une ville assez importante à la fin du règne des Sassanides. L'aspect actuel de la ville est triste; comme dans plusieurs autres villes de la Perse, l'œil d’un voyageur européen y est frappé désagréablement par un grand nombre de maisons vides & tombant en ruine; aspect qui, certes, ne s'y présente pas pour la première fois, qui date de loin & a pu se répéter souvent depuis quelques siècles, puisque les géographes persans du xiv° siècle de notre ère constataient déjà l'abandon & la ruine de plus d’un quartier de Koum. Cette ville n'offre rien, en fait de produits du sol, qui la rende remarquable parmi les cités de l'Irak persan, &, sous le rapport de l'industrie, on ne peut guère citer que la culture de coton, la fabrication des étoffes grossières de coton & la poterie pour l'usage commun. La population de Koum peut être évaluée à une vingtaine de mille âmes. Ce qui rend cette ville digne
d'attention, c’est le caractère de sainteté dont elle est revêtue aux yeux des Persans À cause des tombeaux des