Rupert, in Genes., I, 22. — Greg. Nyss. Itexacm
On voit si nous sommes gênés par nos interprètes !
LE CHRISTIANISME A-T-IL NUI AUX SCIENCES
l’atmosphère elle-même, par opposition aux régions éthérées. Or combien cle fois a-t-il été répété, chez les écrivains ecclésiastiques, que le mot hébreu rendu par firmamenlum ou cTepeWoc, correspond à expansion , continuité; mais non pas à solidité !
C’est assez de témoignages, ce semble, dans une seule question; et je ne m’arrête que pour n’avoir pas l’air de les entasser. On peut voir du reste, entre autres, saint Eucher1 (in Genes.), saint Jérôme ( passim ). Et cependant je n’ai rien dit de ceux qui, se fondant sur plusieurs textes, et particulièrement d’après ce passage de l’Apocalypse2: «.les grandes eaux, ce sont' des peuples nombreux, » ont vu dans les eaux supérieures la multitude des anges 3. Or, quand saint Augustin, qui avait cru pouvoir le dire après d’autres, rétracte son ancien avisa ce sujet, il dit uniquement 4 que la chose est très-obscure. Du reste, il reconnaît fort bien le droit d’entendre ce texte autrement que lyi; et approuve, comme nous l’avons indiqué, l’interprétation de ceux pour qui le firmament couvert par les eaux n’est que les nuag’es flottant dans l’air 5.
Que veut donc dire M. Letronne lorsque, décrivant son toit percé de fenêtres, il affirme si nettement que cette disposition fut regardée comme la condition indispensable de toute cosmologie prétendue orthodoxe ? Il ne dissimule pas, à la vérité, un passage de Bergier6, où ce théologien déclare aux incrédules que l’idée de transformer le ciel en une voûte solide, recouverte d’une couche d’eau, et percée de trous, est une invention qui leur appartient, et non pas à Moïse ; mais Bergier plaisante évidemment (à ce que pense M. Letronne), aussi ne fait-on mention de cette réponse du savant théologien que pour y ajouter avec une assurance piquante : « Le docteur de Sorbonne range d'un trait de plume, sans ij songer, presque tous les Pères cle ï Église parmi les incrédules. » Un vieux sorboniste relevé en fait de patristique par un antiquaire du dix-neuvième siècle ! Il faut convenir que la mystification est réjouissante.