‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 126 sur 335 · Ziegelbauer, t. IV, cap. vr · texte numérisé non relu

Ziegelbauer, t. IV, cap. vr

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

d’Halberstadt, transcrivit dans sa jeunesse les homélies de saint Grégoire sur Ezéchiel '. Saint Dégà ( Daygæus , Dagæus , Daganus ), fils de Gayrill (Maccayrill), évêque irlandais à cette époque, ne nous est guère connu que par les légendes hibernoises s. J’ignore si l’on prétend avoir conservé jusqu’aujourd’hui quelqu’une de ses œuvres, mais il nous rappelle ces artistes à tout faire dont le moyen âge parle souvent. Colgan le donne pour chef d’atelier de saint Kieran, et comme également habile à manier le fer, le cuivre et la plume avec les couleurs du scriptorium. Son éloge comme artiste se complète par les chiffres cabalistiques que voici : « Il fabriqua 300 cloches, 300 crosses, et transcrivit 300 évangéliaires. »

Entre 698 et 721, nous avons l’évangéliaire de Lindisfarne auquel travaillèrent le prêtre Ældred (pour la partie anglo-saxonne), et Eadfrith ou Egbert, soit pour la calligraphie, soit pour les miniatures. C’est ce que dit un petit mémoire de M. F. W. Unger sur les origines de la miniature irlandaise (Revue Celtique, t. I, p. 12). Vers la même époque un copiste irlandais, du nom de Laurent, se fait connaître par l’acrostiche joint à son évangéliaire que possédaient les moines de saint Arnou de Metz avant la révolution (Cf. W. Wattenbach, ibid., p. 30).

VIII0 siècle. Alcuin a bien le droit de tenir ici le premier rang1 2 3. Engelhardt et Chadold, prêtres, avaient transcrit le livre d’Homélies conservé à Benedict-Beuern 4 *. Les religieuses de Maes-Eyk en Limhourg, mais nommément les abbesses Harlinde et Renilde3, se sont fait un nom par leurs transcriptions de l’Ecriture sainte en lettres d’or. Dagulf exécuta le psautier' en caractères d’or, offert au pape Adrien Ier, par Charlemag’ne 6. Widrug ou Wintrug 7 (ou peut-être Weintrunk), qui paraît avoir été un des compagnons du martyre de saint Boniface. Les abbesses Angdo-Saxonnes, Eadburge et Bucca, auxquelles s’adressait saint Boniface 8 pour ses commandes de livres. Dans une de ses lettres à Eadburge, quand il lui demande les épîtres de saint Pierre, il semble désigner pour cette tâche le prêtre Eoba9. Ovo, à Fontenelle10, était un Frison converti par saint Wulfran qui l’avait ressuscité ou du moins arraché miraculeusement à la mort ; et qui, devenu bénédictin, se distingua par son savoirfaire dans les travaux du scriptorium. A Saint-Wast d’Arras, Radulf se piquait d’écrire sous les yeux du patron de l’abbaye11, et de compter sur une diminution toujours croissante de son purgatoire pour l’ingrate besogne qu’il accomplissait journellement. Adam, fils d’Haynard, avait copié à Worms, en 780, une grammaire de Diomède pour Charlemagne12. Le vénérable Bède lui-même semble devoir être compté parmi les copistes ou miniateurs, dont il subsisterait encore des œuvres authentiques. L’Angleterre du moins prétend conserver, à Durham et à la Bodleyenne, des manuscrits de sa main.

Godescalc (Gottschalk) est l’auteur ou l’embellisseur du fameux évangéliaire de Saint- Sernin13 dont s’est dessaisie la ville de Toulouse en faveur de Napoléon Ier. La vraie gloire de

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