August., Retract., II, 6. « Res in abdito est valde
5. August.., Genes. adlitt., II, 4. Notez que je n’avais guère pris la peine de puiser dans le trésor du P. Pétau qui résume si magistralement les anciens commentateurs. Mais cette tâche a été quelque peu reprise par le I)r G. Molloy (-Paris, 1875), p. 350, svv.; et je ne tiens pas à chasser sur les terres d’autrui. Cependant la géologie n’était guère née au temps de Pétau, et aurait bien pu profiter après coup de ce qu’il disait largement (à sa manière) avant elle. Voyez aussi dans le même livre ce que pensaient sur 1 interprétation de la Genèse divers docteurs parisiens du xme siècle et duxivc, ou même auparavant (ibid. , p. 349, svv.; 333, et 434; 436, svv; 440, svv.). Or on nous donnait
ces gens-la connue serfs très-humbles du texte littéral!
Cela s’appelle-t-il étudier son sujet, respecter son public, ou se respecter soi-même? Alors, je ne m’y connais guère.
6. Dict. de théologie, art. ciel et eaux, cité par la Revue. On en pouvait citer d’autres encore que Bergier, mais il eût, fallu se mettre en frais d’érudition ecclésiastique; et maint lecteur delà Revue des Deux-Mondes n’est pas si exigeant. Donnez-lui une formule bien affirmative, sa conviction sera inébranlable désormais ; on y croit volontiers à tout, sauf a 1 Église. Moi, au contraire, quand j’ai fini mon Credo (.., vitam æternam. Amen), je me tiens pour bien à l’aise sur tout le reste (qui est fort large) :
« Les méchants m’ont vanté leurs mensonges frivoles, Moi je n’aime que les paroles De l'éternelle vérité (Ps. cxvni, 85). »
Montrons aux gens de lettres un vieux poète normand (P. Corneille) qui leur paraîtra sans doute valoir bien laVulgat.e, laquelle a pourtant du bon quoiqu’on la chante au lutrin. Mais notre bonhomme était marguillier.
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MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
ailleurs : « La division du monde en deux compartiments ou deux étages... paraît 1 2 avoir été « adoptée assez généralement. » A quoi on ajoute que les Pères ne se sont pas bornés au nombre de deux; ce qui pourrait déjà faire préjuger, à celui dont le parti ne serait pas pris d’avance, que la Bible n’était point pour les écrivains ecclésiastiques, l’unique source du système cosmographique, ni responsable par conséquent de toutes leurs doctrines cosmologiques. D’autant que M. Letronne nous fait voir peu après que la pluralité des cieux et leur distribution est due à Philolaüs. Ajoutez que (toujours d’après M. Letronne) le sens littéral paraîtrait n’avoir été obligatoire que dans les livres de l’Ancien Testament; puisque le troisième ciel, dont parle saint Paul, ne contraint pas saint Augustin 2,à reconnaître un troisième compartiment. Saint Augustin cependant avait été cité 3 comme un rigide partisan de l'interprétation littérale en dépit de la raison. Mais, en admettant même trois cieux, les Saints Pères eussent marché à la suite de Pythagore 4 autant que sur les pas de Moïse.
!, les Saints Pères5 6, et saint Jérôme par exemple, savaient fort bien que le mot hébreu qui désigne le ciel ou les cieux, si l’on y tient beaucoup, n’a point de singulier; et peut signifier entre autres choses : les eaux supérieures, comme qui dirait la région des nuages . Mais il y a mieux; c’est que l’idée d’un double ciel est exclue en propres termes par saint Chrysostome5 et par saint Grég’oire de Nysse7, lequel même regarde le firmament (le plafond de M. Letronne8) comme étant tout uniment une désignation du point où la matière, atteignant son plus haut point de raréfaction, cesse d’occuper l’espace; et il qualifie toute autre opinion de philosophie étrangère*. De même, pour Procope de Gaza 10. Saint Chrysostome est si loin de lire dans l’Ecriture la pluralité des cieux, qu’il reproche 11 à ceux qu l’affirment, de construire le monde à leur fantaisie. Selon saint Justin martyr 12, « Mo'ise ne <( parle m d'un, ni de deux, ni de plusieurs cieux. »
Je suis dans une grande erreur si ces manières de s’exprimer de la part de S. Chrysostome, de S. Grégoire de Nysse, etc., ne prouvent pas à elles seules que la pluralité des cieux n’était point enseignée par la plupart des docteurs chrétiens. D’ailleurs, à défaut même de la valeur que j’attribue à ces témoig-nages, on comprend aisément que tous ceux dont j’ai rapporté la façon de penser au sujet du firmament, ne réclament point le plafond que leur construit M. Letronne ; et ne tiendraient tout ou plus qu’à un toit, c’est-à-dire pas plus d’un ciel, pour mettre les choses au pire 13. Quant à ceux qui auraient enseigné la pluralité des
1. Paraît ; quelle modestie après tant de recherches! mais aussi quelle condescendance après une affirmation pure et simple ! Toutefois j’oserai dire, et mes lecteurs diront, je pense, avec moi, que cela ne parait pas; au moins comme conséquence de l’Écriture.
2. Saint Augustin cité dans ce même article de la Revue, et à ce propos, p. G14. Les Bénédictins font la même remarque pour saint Chrysostome, in Gcnes. hom., 4.
3. Article de la Revue, p. 604, 605. 11 en sera parlé plus lias encore.