D'Agincourt, t. Il, p. 50. Peintures, pl. 20, etc
6. Voyez d’Agincourt, t. Il, p. 75; Peinture, pl. 65.— Rumohr, Italienische Forschungen, t. I, p. 353.
7. D’Agincourt, t. Il, p. 42. Peintures, pl. 20. Cette princesse était Julienne, arrière-petite-fille de l’empereur Théodose le Jeune, qui lui-même avait été surnommé le Calligruphe (distinct pourtant de Théodose III le Chrysographe).
8. On en trouvera 'une notice et des planches dans d’Agincourt, l. c., p. 49, etc.; et planches 19, 20.
iv. — 19
146 MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
déposée à la bibliothèque Laurentienne de Florence1, et une autre bible de la cathédrale de Pérouse (vif ou vmc siècle)2.
La bibliothèque d’Abbeville conserve un évangéliaire provenant du célèbre monastère de saint Riquier3, qui passe pour avoir été donné par Charlemagne à saint Angilbert vers 793. Le style des peintures, malgré l’incorrection des détails, ne laisse pas d’atteindre un effet général de grandeur.
On a vu dans notre 11e volume ( Lettres historiées , p. 114, svv.) certaines miniatures contemporaines de Charlemagne, qui parfois pourraient être prises pour œuvre du xvc siècle italien, si leur haute époque n’était incontestée.
Un Térence du vm° siècle ou du ixe, à la bibliothèque du Vatican4, est extraordinaire pour la vérité de l’expression qui s’y montre à travers un dessin grossier. La bible latine des Bénédictins de Saint-Calixte à Rome (dite Bible de Saint-Paul ), fort cavalièrement traitée par Orloff, ne paraît pas si méprisable à M. de Rumohr5. Cet habile connaisseur ne regarde pas comme pouvant être l’objet d’une discussion l’idée de ceux qui prétendent y voir un ouvrage italien du xi° siècle. Selon lui, à celte époque, l’Italie n’aurait rien pu produire de semblable; et d’ailleurs le prince représenté au frontispice lui paraît bien être Charlemagne. Quoi qu’il en soit, l’opinion d’un pareil juge suffirait pour montrer d’avance combien d’Agincourt a dû être incomplet sur la miniature, en supposant comme principe que l’Italie ne pouvait manquer d’être constamment au niveau, pour le moins, des autres nations latines; et en prenant les manuscrits de Rome comme base presque exclusive de ses recherches6. L’évang’éliaire de Charles le Chauve, qui de Saint-Emmeran de Ratisbonne a passé à la bibliothèque royale de Munich, annonce par l’éclat des couleurs un prog’rès marqué dans la partie matérielle de l’art, depuis Charlemagme. Les Heures de la reine Hemma, femme de Lotlïaire (fin du Xe siècle), sont un chef-d’œuvre pour le temps où elles ont été exécutées7. M. Waagen8 et l’auteur des Mores Catholici vantent, comme ouvrage modèle, un bénédictional duxe siècle (in-4°), exécuté par Godemann pour l’évêque de Winchester.
Du reste nous avons donné déjà, dans les Nouveaux Mélanges , et nous pourrions donner encore plusieurs peintures des mss. de ces hautes époques. En voici une cependant (p. 146, pl. III. Cf. supra , t. 1 1,p. 94) ; mais, si l’on veid quelques aperçus généraux sur cette matière, on peut consulter un homme qui s’y connaît, M. le comte Aug\ de Ras tard 6 (. Bulletin du comité des arts de la France , t. IV, 1860, p. 900-903).
\d Exultet du samedi saint10 a exercé l’imagination et le pinceau d’un grand nombre de
1. Bandini. Catalog. bibl. Léopold, laur.; et dissertation ad hoc (Venise, 1786 in-4°). — Rumohr, Italienische Forschungen, t. I.