Revue des Deux-Mondes, ibid., page
LE CHRISTIANISME A-T-IL NUI AUX SCIENCES
Je reconnais que la Revue des Deux-Mondes dit cela, mais elle dit aussi le contraire. J’ai même à y choisir entre plusieurs réponses. Commençant donc par profiter du secours qu’elle prête aux SS. Pères, j’indiquerai d’abord quelques-unes seulement des contradictions par où elle se réfute sans m’attendre.
2° Les Pères établissaient absolument la non-sphéricité de la terre1. — D’autres pourtant (quoiqu’on ait dit que « les hypothèses se réunissaient toutes dans F exclusion formelle de la rondeur « de la terre») souffraient que la terre fût ronde 2, pourvu qu’il n’y eût point d’antipodes3. — Selon quelques-uns, « la forme de l'univers doit être celle d’une grande caisse une fois plus lon- (i gue que large 4 ; une sorte de grand coffre oblong 5. » — Selon d’autres c’était « celle d'un œuf « coupé par moitié , perpendiculairement à son grand axe ; » etc., etc.
Tout cela découle-t-il de l’interprétation littérale, et Moïse doit-il être chargé de ces cosmologàes si discordantes? Notez que je m’en réfère uniquement ici à mon auteur; car, si je voulais tenir compte de ce que j’ai rapporté, il en résulterait que (toujours d’après Mo ïse, puisque les Saints Pères n’ont eu garde de s’en départir, nous dit-on) la terre est une sphère, et elle est un plan ; les cieux sont solides, et ils ne le sont point ; ils sont au nombre de neuf, et il n’y en a que trois, ou même deux, et enfin jusqu’à un seul; etc.
3° Quantité d’opinions' cosmologiques des Pères avaient leur source dans l’interprétation allégorique, et toutes étaient d’ailleurs d’origine g’recque, sans en excepter une seule.
Je rapporterai quelques-unes des phrases de M. Letronne, pour ne pas être incroyable
« Ces auteurs ne le cédaient pas beaucoup sur l’article des allégories à d’autres docteurs « qui en avaient puisé le goût chez les Alexandrins7. » — « Plusieurs Pères refusèrent de « s’attacher à la lettre de ces textes8. » — « Cette manie d’interprétation symbolique « gagna les théologiens du moyen âge9, etc... » Voilà pour l’interprétation allégorique; voici maintenant d’autres passages qu’il s’ag’irait de concilier avec ceux-là: « Les Pères, « forcés tout à la fois par le sens certain des mots, et l’ascendant d’une conviction profonde, « croyaient ne pouvoir hésiter sur les conséquences de l’interprétation littérale; ils fer- « niaient les yeux sur leur absurdité ; ce qui était écrit devait être vrai ; tant pis pour la « raison humaine 10.« — « Saint Augustin 11 ne se dissimulait pas combien cette disposition