‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 215 sur 335 · Cf. Inter epist. S. Braul., ep · texte numérisé non relu

Cf. Inter epist. S. Braul., ep

9. Le nom d 'Hildephonse est à lui seul une garantie certaine de l’origine gothique du saint qui l’illustra. C’est ce que j’établirai plus loin.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

distingua par sa science personnelle, mais encore qu:il contribua plus que tout autre à propager le mouvement littéraire dont nous parlons, en fondant sur tous les points de la Péninsule, du Bierzo et de la Galice aux extrémités de la Bétique, une foule de monastères qui devinrent autant de centres d’études *.

Or, remarquons-le bien, cet attrait vainqueur qui poussait les Goths rentrés au sein de l’Eg'lise vers la civilisation hispano-chrétienne, ce besoin impérieux de se l’approprier, ne furent pas un de ces caprices passagers auxquels succèdent le dégoût et la réaction en sens contraire. Us persévérèrent l’un et l’autre jusqu’à la ruine du royaume de Tolède par les Arabes. Qu’était-ce, en effet, que ce Theudimer tour à tour vainqueur, dans l’est de la Péninsule, des Byzantins et des Sarrasins, qui, poussé plus tard par les événements à la cour des califes, y conquit auprès des musulmans et des chrétiens un si grand renom de sagesse, de savoir et d’éloquence? Un comte ou duc wisigoth 2. Qu’étaient et ce Gundéric, qui jeta un si grand éclat sur le siège primatial de Tolède au début du règne de Witiza3, et ce Frédoaire de Cadix, qui éclairait par sa doctrine, soutenait et consolait par l’exemple de ses vertus les fidèles de son diocèse, courbés, depuis quelques années déjà, sous le joug odieux de l’Islam 4? Deux évêques wisigoths, dignes imitateurs des doctes et saints prélats que leur nation avait donnés à l’Espagne dans les temps antérieurs.

Donc affirmer, comme l’a fait récemment un écrivain espagnol, que le clergé gothique a perdu l’Eglise hispano-romaine dont il avait grossi les rangs; qu’il a précipité cette Eg’lise, pure jusqu’alors et immaculée, dans un abîme de crimes, de scélératesses, de sacrilèges et d’immoralité; soutenir enfin que, sous l’influence délétère et antichrétienne du wisigothisme, toute action civilisatrice, toute activité intellectuelle s’assoupirent profondément dans la Péninsule à la fin du vif siècle, ce n’est pas écrire l’histoire, c’est la dénaturer sous le coup de préventions aveugdes, au profit de je ne sais quel hispanisme aussi déraisonnable que passionné5. Laissant de côté, cette fois, tout ce qui, dans ce réquisitoire virulent, ne touche pas à mon sujet, et ne m’attachant, entre toutes ces assertions gratuites 6, qu’à la der-

1. Cf. S. Valer., Vit. S. Fructuosi, clans le t. XV de l’Esp. sagrada.

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