Solidos CCX Toletanos. » Mon. Port., escr. 39 (a
« Triginta et quinque solidos Kazimis, » ibid., escr. 51 (a. 913); « accepi de vos argentum, solidos viginti duos: XVII solidos hazimis (1. kasimis) et quinque solidos Mohomuti. » Ibid., escr. 121 (a. 977). Sur les sous d’argent kasimi, V. Dozy, v. Kazini.
5. « Sporas fusiles de auro de CCXX almetegales » Mon. Port., escr. 99 (a. 961). — Accepimus pretium... in undecim morabitinis, et capsa. Ibid., escr. 171 (a. 994).
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
Autre Signochristum espagnol du xie siècle (ou, peut-être même, du xe).
Cf. Supra, t. II, p. 225-227, et 229; h. t., p. 226 et 250, sv. — J.-B. de Rossi, Bullettino di Archeologia cristiana,
1871; p. 65, sgg.
Même manuscrit (de Silos?) que ci-dessus, dont l’exécution paraît avoir été interrompue au moins deux fois.
Les richesses mobilières que nous venons d’énumérer étaient évidemment de provenance orientale, au moins quant à leur matière première; car l'Espagne chrétienne du haut moyen âg’e ne fournissait à ses habitants ni l’or, ni l’argent, ni la soie, ni le coton, ni même le verre de qualité supérieure. D’autres denrées, l’encens, le baume, les épices dont les Espagnols faisaient grand usag*e, leur venaient aussi des mêmes contrées1; ces métaux précieux et ces denrées ne pouvaient grnère leur parvenir que par l’intermédiaire des Arabes leurs voisins, qui eux-mêmes les tiraient de l'Egypte, de la Syrie, des Indes et peut-être de la Chine. Ceci suppose l’existence de relations commerciales entre les deux races ennemies qui se disputaient la possession de la Péninsule. Mais la haine qui les divisait et leur état habituel d’hostilité réciproque ne permettent pas de croire que ces relations aient jamais été immédiates. Les Juifs très-nombreux alors en Espagne étaient donc le plus souvent, sinon toujours, les courtiers et agents de ce trafic international. On les voit, au xi° siècle, transporter d’une ville à l’autre leurs ballots de marchandises, pénétrer jusqu’au fond des provinces les plus éloignées, les sillonner en tout sens, s’arrêter dans les moindres villagns; et dressant contre les murs de l égalise l’étalag*e de leurs étoffes importées de Cordoue ou de Tolède, exciter la convoitise des paysannes émerveillées, au grand détriment de l’escarcelle des pères ou des maris2. En ceci, les Juifs du xc ou du xi° siècle n’agassaient pas autrement que leurs ancêtres de l'Espagne gnthique, courant eux aussi de ville en ville et débitant leurs marchandises au plus juste prix, c’est-à-dire au triple de leur valeur3. Mais là s’arrête la ressemblance : car, si les Espagnols du vne siècle méprisaient et persécutaient les Juifs vivant et commerçant parmi eux, Léonais et Castillans plus satisfaits sans doute des services que leur rendaient ces mêmes entremetteurs, non-seulement ne les persécutaient pas, mais, sans cesser peut-être de les mépriser, les couvraient eux et leurs biens d’une protection qui, pour être intéressée, n’en était ni moins énergique ni moins efficace. Ainsi, tandis que, relativement au prix du sang’, il n’en coûte pas plus de tuer un more qu’un âne, le meurtrier d’un juif doit payer une somme ég’ale au prix du sang’ d’un chrétien espagnol et même parfois à celui d’un infanzon ou d’un clerc4. Les vases de fabrique française dont il est question dans la donation de saint Rudesinde5, semblent indiquer l’existence de relations com-
1. Par sa donation du 18 décembre 017 ou 918, le roi de Léon Ordono II prescrit d'offrir tous les ans, en son nom, à la cathédrale de cette -ville, pour chacune des sept grandes solennités comprises entre la fête de saint Martin et la Pentecôte, douze livres de cire et douze sous d'encens ; de plus, à l’évêque, le jour des Rameaux, deux mesures d’huile pour le saint chrême; et, après la Pâque, une livre de poivre. Esp. sagr., XXXIV, eser. 9.
2. « Judæus quidam ex Zamora in liane terrain venions, mereemque venalem ad collum portans, accessit ad ecclesiam hujus divæ ( Senhorine de Bastos en Galice), paloque in parietc affixo mercem appendit, et ascendit ad sepulchrum sanctæ Senorinæ (ut, scilicet, mercem facilius appenderet)... ast ilia horadæmon in ilium ila irrupit, ut pro mortuo haberetur... Postea vero, mercem iterum assumons, fugit... usque duin Toletum ubi habitaverat (habücibat) reversus est. » Anon.,VïL S. Senorinæ (Mon. Portug., Scriptores, t. I, p. 50, col. 2). — Les juifs servaient aussi de courtiers dans le rachat des chrétiens captifs. Cf. Mon. Portug., eser. 239 (a. 1018).