‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 245 sur 335 · Voici le curieux détail de cette dotation : 1° La villa · texte numérisé non relu

Voici le curieux détail de cette dotation : 1° La villa

Palanquina, qui était en friche et déserte lorsque le roi, sur la demande de Pélage, en fit don à l’église cathédrale, mais que lui, Pélage, a repeuplée, défrichée et mise en plein rapport; 2° dix pièces de vigne en toute propriété; 3° la dime du vin récolté dans sept autres vignobles ; 4° celle des aulx et des oignons de tous les jardins épiscopaux, et la part qui revenait au siège de Léon dans les dîmes des trois villas de Reiligos, d’Auteiros et de Melgar; 3° le tiers des revenus ecclésiastiques ( tertias ) de Villa-Nava, attribué à 1 évêque par le droit canon hispano-gothique, et la troisième partie des fruits recueillis dans le verger que Pélage avait fait planter et clore, au pied des remparts de Léon; 6° enfin, le dixième de la dime du sel de Lampreana. Cf. Pelag. Donat. supr. cit.

4. Cf. Pétri ep. Leg. Donationcs (a. 1062, 1093 et 1096) Esp. sagr., XXXVI, escr. 33, 36, 39. La première de ces donations s’ouvre par l’éloge rimé et très - régulièrement rhythmé du fondateur de f albergaria de Léon, f évêque Pelage. Je le cite comme un nouvel et parfait spécimen du genre de poésie alors populaire parmi les clercs , et qui ne différait do la poésie des classes illettrées que par l’idiome.

« Sub l)ei Patris gratia , Et Filii Victoria,

Sub igné Sancti Spiritus Refulget dont titulus.

Hec fides est catholica Quam célébrât Christicola :

Qui crédit sine dubio Rcgnabit in perpetuo.

Ardorem hujus fidei Fatetur sensus pectoris, Cum factis quis insequitur Quod bene lingua loquitur.

Valde constat laudabile, Salis et acceptabile,

Quod Sancti Patres celitus ( '(institue ruul pr imitas.

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MÉLANGES D ARCHÉOLOGIE

Pierre, qu’à Pélage douze ans auparavant, non-seulement en confirmant les donations du nouvel évêque de Léon , mais en y joignant les siennes1. Cela se passait le 6 mars 1096. Quatre mois plus tard, le 23 juillet, ce même prince abandonnait un des palais royaux d’Oviédo à l’évêque de cette ville pour en faire une maison d'aumônes et d'hospitalité ouverte aux indigents de la vieille capitale2. La noble et sainte pensée d’héberger dans une résidence royale la pauvreté que Jésus-Christ, en la choisissant pour compagnie de sa vie entière, avait associée à sa divine royauté, était digne de ce magnanime héritier de Pélage, d’Alphonse le Catholique et de cette longue lignée de rois, qui en plus de trois siècles (791-1112) ne compta guère que des héros3. Il l’accepta donc avec empressement quand elle lui fut suggérée, et, pour mieux la réaliser, il joignit au don matériel du palais et de toutes ses dépendances, l’octroi de fueros qui assuraient, dans le présent aussi bien que dans l’avenir, la pleine indépendance et la parfaite administration du nouvel établissement hospitalier4. Avant Oviédo et Léon, Burgos possédait une albergaria dont l’existence nous est connue par la donation de riches domaines et la concession de nombreux privilèges qu’ Alphonse VI lui fit en 1085. Nous apprenons par cette même pièce et par la vie de saint Adélelme ou Aldhelme, moine français appelé en Espag’ne par Alphonse VI à la suggestion de la reine Constance, qu’à cette époque, existait aussi aux portes de la capitale des comtes et des rois de Castille, un hospice pour les pèlerins de Saint-Jacques, avec un oratoire dédié à saint Jean l'Evangéliste, frère du glorieux apôtre de la Péninsule5. Cent ans plus tard et dans la même ville, Alphonse VIII, marchant sur les traces de son généreux quadrisaïeul, construisait et dotait une maladrerie; puis, dans la banlieue, près de l’abbaye de Las Huelgas, et sur le bord du chemin de Burgos à Compostelle, une nouvelle alberg’aria exclusivement destinée aux pèlerins de plus en plus nombreux qui, de tous les pays du monde chrétien, se rendaient au tombeau de saint Jacques6. Ce que les rois ou les évêques avaient fait pour les pauvres, indigènes ou étrangers, dans les capitales de la Navarre, de Léon, des Asturies et de Castille, un chanoine de Compostelle d’une naissance illustre et d’un grand savoir, Diego Ceindrez, chancelier du gendre d’Alphonse VI, le comte Raymond de Bourgogne, voulut le faire dans la ville même de Saint-Jacques et y réussit. Une maison achetée

Ex quitus quidam inclitus Allaribus Ecclesie Il u jus sedis episcopus, Censum promisit tradere.

Qui Pelagius nom i ne, Ne carerent luminibus

Pelugus Dei fomite, In nocturnis temporibus. »

Les corrections faites au texte donné par Risco sont indiquées ici par des italiques. Le sens et le rhythme me les imposaient ; car l’un et l’autre repoussent également les leçons Domini (v. L), constituerunt primitus celitus (v . 13, 16), ex quibusdam inclitus (v. 17), et Pelagius (v. 20) de l’Espana sagrada.

1. « Et Ego, rex Adefonsus, etc. » Esp. sage., ibid., escr. 30, p. LXXXYI.

2. « Proposui facere, sicut et facio cartulam testament i de illo palatio Frantisco, quod est in Oveto, foras de illo nostro. Deque illo palatio facio hoc testamentum Deo atque

Ecclesie Sancti Salvatoris ut, per arbitrium episcopi

Domini Martini e, jusque canonicoruin, quorum petitioni l’avons hoc scribere mandavi, liât in illo palatio domus elecmosinaria ad pauperes Christ i hospitandos. » Alph. VI, Esp . sagr. XXXVIII, escr. 27. Il ne s'agit pas ici, comme Risco ( ibul., p. 03, 94) semble le croire, du palais royal

proprement dit, que le roi de Castille habitait lorsqu’il venait à Oviedo, mais d’une autre résidence royale sise dans la même ville et distincte de la première. C’est ce que prouvent ces paroles du texte cité: « Foras de illo nostro (palatio). »

3. Je ne connais, dans toute cette longue suite d’années, que cinq souverains sur dix-neuf qui fussent peu dignes du trône où ils se sont assis : Alphonse IV, Sancho II (al. I), Itamire III, llermude II, et l’usurpateur Ordono el Malo, qui ne fit qu’y passer. De quelle dynastie chrétienne ou musulmane de la même époque pourrait-on en dire autant?

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