‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 250 sur 335 · Cf. ibid., lib. i, n. 2 (M. P., ib., p · texte numérisé non relu

Cf. ibid., lib. i, n. 2 (M. P., ib., p

G. Lire dans Gonzalo de Rerceo (San Domingo de Silos , lib. n, copl. 370 sgg.), la grande courtoisie dont usa saint Dominique de Silos envers les maraudeurs qui s’étaient introduits la nuit dans le verger du monastère, et la façon gracieuse et charmante dont il déjoua la ruse de faux pèlerins qui essayaient de lui escroquer des habits dont ils n’avaient. nul besoin {ibid., copl. 479-484).

7. Saint Rosendo termine sa donation à Celanova par cette imprécation : « Si quis ex regia potestate... pontifex, cornes, propinquus, vel quisquis infaustus judex exsurgere quieverit ad convellendum quod Deo et servis ejus per hoc testamentum concedimus, in pri mis sit excommunicatus... et cum diabolo et Juda a sinistris discedens, pari pœna damnetur. » Or, cent quarante ou cent cinquante ans plus tard, un misérable apostat, nommé par lasœur d’Alphonse VI,

ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE

is ces tentatives d’usurpation ou de spoliation, trèsrares en Espagne, étaient plus que compensées par les donations de plus en plus multipliées faites par les fidèles à ce qu’un poète castillan appelle à si juste titre de saintes hôtelleries 1 . Somme toute les pauvres ne pâtissaient en rien de ces avanies brutales, peut-être n’en soupçonnaient-ils pas l’existence. La charité espagnole alors dans son plein épanouissement avait, en outre, d’héroïques volontaires lancés de toutes parts en éclaireurs, qui épargnaient aux nécessiteux jusqu’à la peine de venir solliciter les secours dont ils avaient besoin. Tel était saint Martin, simple prêtre, et pasteur du bourg de Saure nouvellement rétabli à vingt-cinq milles au sud de Coïmbre, vers le commencement du xn° siècle (1110- 1120). Vrai factotum de la civilisation chrétienne dans cette extrême frontière du Portugal, ce saint homme, levé avant l’aube, se rendait aussitôt sur les terres de son église qu’il défrichait et cultivait de ses propres mains jusqu’à midi. Rentré dans son église au milieu du jour, il y célébrait le saint sacrifice, distribuait aux fidèles le pain de la parole, puis, toujours à jeun, allait par les carrefours et les chemins à la recherche des étrangers, des voyageurs, des mendiants, qu’il invitait, qu’il contraignait même par une sainte importunité à venir partager son unique réfection, à laquelle il ne voulut jamais toucher qu’en compagnie des hôtes qu’il avait ainsi recrutés à la sueur de son front2. Tel était aussi, à la fin du même siècle (1196-1208), saint Julien, évêque de Cuenc.a, qui, se condamnant avec son unique serviteur, à vivre d’un travail quotidien et manuel, distribuait en aumônes tous les revenus de son siège, sans en rien réserver pour ses propres besoins 3. Tels étaient enfin et saint Théotonio qui, n’étant encore que prieur séculier de l’église de Viseu, abandonnait aux pauvres la plus large part des fruits de son bénéfice, et de ses rentes patrimoniales4; ce moine français, dont je parlais naguère, saint Ald-

dona Elvire, abbé intrus de Celanova, à la place de l’abbé légitime que cette princesse avait chassé, fut frappé de mort subite et creva par le milieu du corps comme Judas, la veille du jour où il devait expulser les religieux des lieux réguliers pour y installer l’infante, ses dames et ses valets. Cf. Rudesendi, Mirac.. I,n. 1. Voir un autre trait du même genre, ibid., Il, n. 11.

1. Gonzalo de Berceo fait dire à saint Dominique de Silos, parlant de la célèbre abbaye de San Millan :

« Tus abuelos ficieron este sancto ospital. »

(S. Dom. de Silos, copl. 137.)

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