Subveniebat pauperibus, visitabat languentes, pro
vocabat hospitio, lenibat, blanditiis majorera partem sui
laboris et totius quod habebat indigentibus tribuebat; reliquam vero partem in usus vestimentorum sibi moderate retinebat. Ipsa postmodum vestimenta, intuitu miserationis, maxime viduis tribuebat In omniquaque
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
helme, qui, assis presque toute la journée à la porte extérieure du couvent qu’Alplionse VI lui avait construit à Burgos, offrait à tous les indigents, à tous les voyageurs qui passaient devant lui un des pains dont les corbeilles placées à ses côtés étaient remplies 1 ; et ce noble Ansur, un des plus puissants seigneurs de la cour de Ramire III , qui sur ses biens, tous légitimement acquis, prélevait chaque jour d’abondantes aumônes en faveur de tous les nécessiteux, pèlerins, prisonniers ou mendiants2. Non-seulement les pauvres étaient secourus dans leurs nécessités, mais, soit spontanément, soit pour obéir aux décrets de leur église, les riches Espagnols se faisaient un honneur et un devoir de les associer à leurs joies ou à leurs douleurs. Ils étaient conviés aux fêtes et réjouissances par lesquelles on célébrait la naissance et le baptême des nouveau-nés3; une place leur était réservée à tous les banquets de funérailles4 *. Les chrétiens captifs en terre infidèle ne pouvaient évidemment être oubliés. Dès 9o0, trois cents ans avant l’institution de l’ordre de la Merci, un riche caballero, passé de la milice du siècle dans celle de l’Église qu’il servait en qualité de diacre, lég’uait pour le rachat des Espagnols que le hasard des batailles avait fait tomber aux mains des Arabes, ses vastes domaines de la plaine et de la montagne, son manoir (porte) de Léon, son argenterie, ses meubles, ses selles rehaussées d’or et ses armes de guerre s. Au siècle suivant, saint Dominique de Silos donne pour le même objet, à une famille éplorée qui sollicitait sa pitié, l’unique cheval de son pauvre monastère6. Saint Martin de Saure, fait prisonnier par les Mores avec les chevaliers du Temple qu’il accompagnait en quatité de chapelain dans une de leurs expéditions, demande et obtient la permission de partager l’horrible captivité des esclaves chrétiens dans les cachots infects de Santarem, de Cordoue et de Séville. Il y meurt dans l’exercice de la plus héroïque charité 7. Saint Théotonio, devenu prieur des chanoines réguliers de Sainte-Croix de Coïmhre, apprenant que, dans une triomphale razzia poussée jusqu’aux murs de Séville, Alphonse I de Portugal et son armée ont fait une multitude de captifs parmi lesquels se trouvent quelques milliers de chrétiens mozarabes, sort de son couvent dont il n’avait pas franchi le seuil depuis sa profession, va au-devant de l’armée victorieuse, réclame éloquemment au
feria via... ia ecclesia B. Michaelis archange] i, que foras murum ia cemeterio... est, pro cunctis defunctis missam celebrabat. Ad quam... plurima etdiversa, ut illius regionis moris est, devote ofFerebant. De quibus omnibus... nibil omnino sibi reservans... cunctis indigentibus... omnia distribuebat, etc. » Anon., Vit. S. Theotonii, n. 7 [Mon. Port., Scriptores, p. 81).
]. « In cella sua quam ei dederat rex (leg. rex dederat), Quotidie, post matutinos missas celebrabat,
Quibus peractis, cum panuum cophinis quot poterat, Ad ostium cellalæ (ceilæ) ubi pauperum transitas erat, Quotidie sedens quecumque babebat,
Necessitatem patientibus largiebatur (leg. largiebat). » Rodolfus Mon., Vit. S. Adelelmi, n. 15 (Esp. scnjr., XXVII, escr. 5).