Dozy, Hist. des Mnsulm. d’Espagne, fil
G. Cf. S. BeatiLieban. In Apocalyps. Commentaria, lib. IV, c. vu, p. 322 (I v. in-4, Madrid, 1770). J'ignore pourquoi ce traité n'a pas pris place dans la Patrologie de Migne, à côté des autres ouvrages du saint abbé espagnol.
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
pas inscrit une seule fois1. Descendons d’un siècle, mêlons-nous à l’immense auditoire qui se presse autour de saint Froylan dans les campagnes de Léon, à l’heure même des grandes luttes d’Alphonse III contre les sultans de Cordoue. Que prêche l’apôtre à ce peuple enfiévré de grierre et couvert encore de la poussière des champs de bataille? Le mépris du monde, la pratique des divins préceptes et celle des conseils évangéliques2. Ce sont ces mêmes préceptes de justice et de charité chrétiennes que Dominique, le saint ami de Ferdinand I, expose tour à tour aux rois, en plein chapitre de l’abbaye de Saint-Millan, et aux paysans des campagnes voisines de son monastère de Silos3. Cent ans plus tard, à Yiseu en Portugal, saint Théotonio ne tient pas un autre langage, ne comprend pas différemment la mission qui lui est confiée. Fidèle observateur des canons anciens et nouveaux de son Église, il se borne dans son enseignement public à catéchiser les ignorants, à exposer les règles de la vie chrétienne, à dire la vérité à tous, y compris les reines dont il sait à l’occasion réprimer les caprices et flétrir les désordres 4. Son contemporain et son compatriote, Martin de Saure, campé à l’extrême limite du border portugais avec son petit troupeau de hardis pionniers, sans cesse inquiété par les maraudeurs ennemis5, ne s’occupe en chaire, lui aussi, ni de prises d’armes ni de chevauchées lointaines. L’unique but de sa prédication est d’inculquer à ses auditeurs la règle de la foi catholique, de leur inspirer l’amour de la religion, la pratique de ses saintes œuvres, l’horreur du vice et des désordres dont les aventuriers accourus sur ces terres nouvelles donnent trop souvent le scandale, aussitôt réprimé par le zèle du saint prêtre 6.
Est-ce à dire que , dans la personne de ses ministres , l’Egdise se désintéresse de la lutte héroïque engagée contre l’islamisme, lutte oit sa propre existence est en cause au moins autant que celle du peuple espagnol? Ce serait folie de le penser. Mais, en conformant scrupuleusement aux règles qu’elle s’est elle-même tracées son enseignement religieux, en ne s’y proposant que la sanctification des âmes, cette Eglise n’ignore pas, elle ne peut pas ignorer qu’elle travaille en réalité et plus efficacement que personne au salut, à la prospérité, à la vraie grandeur de la patrie commune. Elle sait que dans chaque nouveau soldat donné
1. On m'objectera peut-être que ce commentaire est extrait, presque en entier, d’œuvres similaires de Pères ou d’Écrivains ecclésiastiques des premiers siècles ; oui, sans doute, mais saint Béat parle çà et là en son propre nom, et cela suffit pour laisser à mon observation toute sa valeur.