‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 273 sur 335 · Joannes ecclesiæ Cæsarangustanæ sedem ascendit · texte numérisé non relu

Joannes ecclesiæ Cæsarangustanæ sedem ascendit

Primo pater Monachorum, et ex hoc præsul factus... Anno-

tavit inter hæc inquirendæ Paschalis solemnitatis tam subtile atque utile argumentum, utlectori et brevitas contracta et veritas placeat patefacta. » — « Eugenius... sedis ejus post ilium (scil. Heiladium) tertius rector accessit... Numéros, statum, incrementa, decrementaque, cursus, recursusque lunarum tanta perilia novit, ut considerationes disputationis ejus auditorem et iu sluporem verterent, et in desiderabilem doctrinam inducerent. » S. Hildeph. Tolet., Contin. Catal. Viror. illustr., c. v et xm (Esp. sagr., t. V).

8. Nous rencontrerons, dans quelques-unes des bibliothèques léonaises ou castillanes, des spécimens de ces calendriers. Celui que M. Dozy publiait il y a quelques années, et qui fut composé à Cordoue en 961, peut donner quelque idée de ce qu'étaient ces sortes d’ouvrages. Car, si Fauteur de ce dernier calendrier n’est pas un chrétien mozarabe, ce que je ne me charge pas de décider, il me parait assez vraisemblable qu’en le composant il a eu sous les yeux un des calendriers ecclésiastiques de cette ville. Cf. Dozy, Calendrier de Cordoue, I v. in-8, Leyde, 1873.

ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE

preuve nouvelle de leur enseignement, dans le plan scientifique que les architectes de cette époque, tous chrétiens et sortis des écoles monastiques, traçaient, par avance et le compas à la main, des édifices dont la construction leur était confiée. Ainsi faisait à Coïmbre, au xiic siècle, le saint archidiacre Tello, et sans doute aussi saint Pierre de Dieu à Léon, au siècle précédent, avant d’élever, l’un son monastère de Sainte-Croix et ses dépendances1, l’autre la magnifique église où fut déposé le corps de saint Isidore de Séville, et le pont qui du nom de son constructeur prit celui de Pont-de- Dieu2 . Ainsi firent tous les architectes qui, du vme au x° siècle, couvrirent le nord-ouest de l'Espagne de monuments sacrés et profanes, depuis le maître inconnu qui, sous le fils et le successeur de Pélage, édifiait Fég’lise cruciforme de Cang’as, alors capitale du royaume naissant des Asturies3, jusqu’à Tioda auquel Alphonse le Chaste confiait la construction de la basilique de Saint -Sauveur d’Oviedo (a. 730-802) 4 ; jusqu’à Vivien, qui s’intitule constructeur cl' églises, et dont l’épitaphe se voyait encore au siècle dernier dans un des monastères de Vierzo5.

Des gens qui savaient assez de mathématiques pour tracer scientifiquement le plan d’un palais, d’une église ou d’un monastère, ne peuvent avec quelque vraisemblance être soupçonnés d’avoir complètement ignoré les règles de l’arpentage. Non-seulement ces règ’les leur étaient connues, mais ils ont dû en faire l’application pratique dans une foule de circonstances; dans le partagée des terres reconquises sur l’ennemi, par exemple, ou dans la délimitation des dextros ecclésiastiques6, et plus spécialement dans la mesure de cette zone de territoire se développant, autour du tombeau de saint Jacques, sur un rayon de trois milles de longueur, porté successivement à six et à douze milles, dont Alphonse le Chaste et ses successeurs concédèrent le haut domaine à l’évêché d’Iria ou de Compostelle, aux ixc et xc siècles ’.

1. « Velut Martha satagebat circa frequens ministerium, murum in circuitu cenobii construendo, turres in excelso erigendo, domos infra claustrum et extra edificando.... Quia vero totum, prout erat futurum, vel fundare minime poterat, radium affectans manu, ut Thomas apud regem Goudaforum, peritus architector interius compositionem, et exterius totius dispositionem structure describit edificiorum. » Anon., Vit. Tell. Archid ., p. 66, col. 2.

2. Saint Pierre de Dieu fut, à sa mort, enterré par les soins d’Alphonse VI et de la reine DonaSancha dans l’église de Saint-Isidore de Léon. Son épitaphe est conçue en ces termes : <■ Hic requiescit Petrus de l)eo qui superedificavit ecclesiam liane. Iste fundavit pontem, qui dicitur de Deo tamben, et quia erat vir mire abstinentie et multis fl o rebat miraculis, omnes eum laudibus predicabant. Sepultus est hic ab imperatore Adefonso et Sancia Regina. » Risco, Irjlesia de Leon y Monasterios, p. 144 (Madrid, a. 1792).

Page 1