‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 28 sur 335 · Revue des Deux-Mondes, ibid. , p · texte numérisé non relu

Revue des Deux-Mondes, ibid. , p

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MÉLANGES ü’ ARCHÉOLOGIE.

eux une charge bien grave? Je ne pense pas que, pour avoir adopté les doctrines du cosmolog'iste alexandrin , les docteurs ecclésiastiques s’en fussent mieux trouvés au xix° siècle. s|U Si cela devait du reste leur être de quelque avantage, nous rappellerions à M. Letronne ses propres paroles \ que « des Docteurs recommandables par leur savoir osèrent « prendre ouvertement la défense des idées grecques, et se proposèrent de prouver que rien « dans la Sainte Ecriture ne s’oppose réellement au système de Ptolènœe1 2. » Il pouvait ajouter que Svnésius appelle l’école d’Alexandrie, une école divine.

ncore une fois, que s’ensuit-il ? Rien, ce vous semble peut-être? Point du tout : on songeait à conclure de tout cela ce que ne disait pas précisément le titre: savoir, que toutes les erreurs cosmolog’iques honnies ici étaient puisées dans le texte de l’Ecriture. Ce but, indiqué simplement çàetlàdans le courantde l’article, se montre enfin nettement dans un appendice qu’on a eu la bonne idée de désigner parle titre : Conclusion , en grandes lettres. Le lecteur dira s’il eût imaginé, sans cette ressource typographique, que ce fut là une conclusion de ce qu’avait dit M. Letronne; abstraction faite même des passages par où je me suis permis de reprendre en sous-œuvre l’érudition de mon auteur. Jugez-en par vous-même. «Telles sont les principales idées cosmographiques que a les Pères de l’Egdise ont tirées de l’interprétation littérale de la Bible. » Ce qu’il fallait démontrer. Ce n’est pas qu’on ne nous ait dit dans la même page qu’ils les avaient tirées deXénophane, d’Ephore, et autres; mais enfin telle est la conclusion de M. Letronne, ce n’est pas moi qui lui ai donné ce nom. Et l’on ajoute : « La terre plate, le ciel formant une « voûte solide au-dessus de laquelle est la couche des eaux célestes3, voilà les notions fon- « damentales de Ja cosmologie biblique, et celles que les Saints Pères y ont vues, parce « qu’elles y sont réellement4... Tous ces vieux préjugés, tous ces vains systèmes... repa- « rurent avec bien plus de force, à l’abri de l’autorité des Saints Pères; ils firent une nou- « velle invasion, et se répandirent partout à la suite du christianisme; ils régnèrent pen- « dant tout le moyen âg'e, etc. »

Le moyen âge, ici condamné en masse sans avoir été ouï, et engdobé dans la cause d’autrui comme par complicité, nous l’abandonnons pour le moment à son malheureux sort, afin de ne point quitter la question , qui est la cosmologie des Pères. Pourtant je pense avoir plus cité de témoignages contre ce que dit M. Letronne sur cette époque, qu’il n’en a lui-même apporté pour appuyer son accusation 5. Mais ne nous écartons point de la route que nous avait tracé la Revue des Deux-Mondes en 1834, et demeurons aussi fidèlement que possible dans l’apologie des Saints Pères contre une attaque si hostile, mais si mal menée.

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