‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 284 sur 335 · Cf. Risco, ubi supr., escr. 7, p. 313. — Jamais, d’ail · texte numérisé non relu

Cf. Risco, ubi supr., escr. 7, p. 313. — Jamais, d’ail

ESPAGNE DU HAUT MOYEN AGE

manuscrit, passé depuis à l’Escurial, où il existait encore il y a quelques années1, et bon nombre d’autres, depuis lors disparus du dépôt qui les avait fidèlement gardés pendant huit siècles. Ce savant homme copia l’inventaire dont je viens de parler, et l’inséra dans la relation de son voyage publiée seulement au siècle dernier par Florez. C’est d’après sa copie que je donne ici ce curieux catalogue avec les corrections faites sur l’original par don José de Eguren ? et mes propres observations:

« Au nom du Seigmeur. Ceci est l’inventaire des livres écrit, Dieu aidant, en l’ère MCCCCXX (a. 882) 3.

u Bibliothèque de l’Ancien et du Nouveau Testament. » Cette Bible, écrite en caractères majuscules hispano-gothiques du vit6 siècle, a disparu d’Oviedo, où Morales la vit encore lors de son voyage. Une impardonnable néglig*ence amena sa destruction vers 1659 4. « Exposition de Daniel, » par saint Jérôme (?), « de l’Apocalypse » par saint Beatus de Liebana (?), et « du Cantique des Cantiques » par Juste d’Urgel (?), en un volume. « Exposition d’Ezéchiel. » Il s’agit sans doute ici des homélies de saint Grégoire le Grand sur ce prophète. « Le livre d’Orose, » c’est-à-dire les sept livres de l’histoire contre les païens de cet ami et disciple du docteur d’Hippone. « Le livre du Psautier, » avec sommaires et notes marginales5. «Livre d’histoire ecclésiastique » d’Eusèbe et de Rufin. Ce manuscrit, d’après la description qu’en donne Morales, était orné à la première pag'e d’une représentation de la croix évangélique d’Oviedo, et de l’inscription suivante en forme de labyrinthe : « J’appartiens au roi Alphonse ( Adefonsi principis sum ) » 6. Il est donc permis d’y reconnaître un des livres d’Alphonse le Chaste lui-même, ou de son successeur Alphonse le Grand qui régnait déjà à Oviedo depuis seize ans lorsque fut dressé le présent catalogaie de la bibliothèque épiscopale de cette ville. « La Cité de Dieu de saint Aug’ustin. » Ce manuscrit, de la fin du vme siècle ou des premières années du suivant, appartient aujourd’hui à la bibliothèque fie l’Escurial7; «de la Nature des choses », savant traité qu’Isidore de Séville écrivit à la demande du roi Sisebut et qu’il lui dédia. Viennent à la suite dans le même volume, mais sans être portés sur l’inventaire, le « Breviarium de Festus Rufus Victor, l’Itinéraire d’Antonin », et quelques autres pièces. C’est dans ce manuscrit antérieur à l’invasion arabe, qu’au dernier feuillet se lit le catalogue qui nous sert de guide8. Le «Pastoral » 9; les « Homélies du Bienheureux Grégoire». Sous ce dernier titre, l’auteur du catalogue me paraît

leurs, on 11e trouvera cette formule de la donation d’Alphonse, et librorurn bibliotheca, employée par des écrivains espagnols pour désigner la collection des livres saints.

1. Cf. Morales, Viage... a los ïteynos de Leon y Galicia y principado de Astarias (Madrid, 1765), pp. 93 et 94. — Eguren, Memoria... de los Codices notables... de Espana (Madrid, 1858), p. XXVI.

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