‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 30 sur 335 · C’est, toujours V interprétation littérale, quand même · texte numérisé non relu

C’est, toujours V interprétation littérale, quand même

il y a là idée fixe évidemment.

3. M. Letronne, qui porte tant d’intérêt à l'introduction des sciences physiques et mathématiques d’Alexandrie, dans l'Eglise, aurait vu Ptolémée, par exemple, admis dans quantité d’écoles au moyen âge. Contentons-nous de lui rappeler l’ouvrage de Théodore, grand sacellaire et archidiacre de Constantinople au xive siecle, lequel vante si fort Ptolémée, Théon et Pappus. Voir Fabricius , Bibl. Græca , ed. Parles, t. X.

Les Annales de philosophie chrétienne (t. VIII, p. 211) ont exposé les doctrines du cardinal de Cusa sur le mouvement de la terre. Ce pouvait être une occasion de réhabiliter quelque peu ce triste moyen âge.

LE CHRISTIANISME A-T-IL NUI AUX SCIENCES

éfinitivement, y a-t-il une cosmologie des Pères, et une cosmologie dont la Bible soit responsable ? Que s’il y en a une, est-elle absurde? Voilà sur quoi on eût aimé à trouver quelques détails plus concluants, Occuponsnous-en donc sans M. Letronne , puisqu’il est si malaisé de décider quelque chose avec les matériaux qu’il nous a choisis.

Je crois avoir montré que l’unanimité des Pères, en fait de cosmologie, n’est pas bien établie, principalement pour les absurdités. M. Letronne, après s’être charg*é de montrer que ces absurdités ont été prises ailleurs que dans la Bible, a fait plus encore pour avancer ma tâche, en choisissant (et il le fallait bien) ses plus absurdes cosmolog’istes parmi les plus insignifiants des écrivains ecclésiastiques. Car, de bonne foi, que sont Comas Indicopleustes, Sévérianus de Gabala, Théodore de Mopsueste, Diodore de Tarse1? Et quel théologden a jamais songé à jurer par ces noms-là? Ce sont cependant les hommes dont la cosmologue est présentée comme type de la doctrine des Saints Pères , et développée avec un détail dont la diffusion tranche sur le reste de l’article d’une manière choquante (malg’ré le bon vouloir de l’accusateur).

Cosmas ! un marchand devenu moine, qui se donne franchement pour illettré; dont le laborieux Photius a ig’noré le vrai nom, et qui ne nous est peut-être connu que par une espèce de sobriquet2 ; dont le livre, d’après Photius3, annoncerait par la forme un homme au-dessous du vulgaire, et par le fond un faiseur de contes. Ajoutez que, selon La Croze lui-même4, Cosmas aurait été nestorien (belle recommandation d’orthodoxie).

Sévérianus de Gabala ! orateur assez disert, mais auquel sa jalousie et son inimitié contre saint Chrysostome n’ont pas procuré un rang' fort avantageux, ni un suffrage bien influent parmi les Saints Pères. Interprète d’ailleurs de la Genèse, qui s’annonce lui-même 5 comme visant à dire des choses nouvelles et différentes de ce qu’ont dit les Pères; hardiesse dont il a bien quelque peine à s’excuser ; mais enfin il passe outre: priant ses auditeurs, quels juges ! d’examiner le mérite et non l’âge de sa doctrine.

Théodore de Mopsueste ! homme d’une orthodoxie pour le moins problématique, et dont plusieurs ouvrages montrent que ses idées propres étaient souvent l’unique guide qu’il suivît dans l’interprétation de l’Écriture

1. N'oublions pas Jean Philoponus, non plus, au sujet duquel on pourra s’édifier dans le travail de Quercius sur YHexaemeron de Georges Pisidès (1. c., p. 133, sqq.).

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