Id., ibid., t. II, p
9. Morales, Viage, p. 39, 39. La Bibliothèque monastique de Santa Maria de Sobrado devrait figurer dans cette première section; je lis en effet, dans mes notes, l'extrait suivant de l'inventaire des biens de cette abbaye : « Libros nimis abundanter. » Mais, ne pouvant retrouver la source ou j’ai puisé ce renseignement, je ne mentionne ici cette collection que pour mémoire.
sans l’outil indispensable au labeur intellectuel, eût passé aux yeux de tous pour une véritable monstruosité. Aussi les religieux qui peuplaient les abbayes déjà constituées ne se donnaientils pas de relâche, que, à prix d’arg-ent ou par le travail incessant du scriptorium, ils n’eussent formé, dans la maison de Dieu qu’ils s’étaient donnée pour seconde patrie, une de ces riches bibliothèques dont nous essayions nag’uère d’apprécier l’importance en étudiant leurs ruines. Par le même motif tout fondateur d’abbaye nouvelle, clerc ou laïque, aurait cru son œuvre imparfaite, s’il n’eùt compris dans la dotation de ce monastère un lot plus ou moins considérable de manuscrits. Dans la pensée du fondateur, c’était là une bibliothèque initiale et rudimentaire, que le zèle scientifique des générations successives de religneux lettrés devait accroître et développer, jusqu’à ce qu’elle rivalisât avec les plus nombreuses collections de ce g*enre, existant dans les royaumes du nord-ouest de la Péninsule. Cette pensée, hâtons-nous de l’ajouter, fut rarement méconnue de ceux qui se trouvaient charg*és de la réaliser. Mais, au début, comme on doit bien s’y attendre, le contenu de ces bibliothèques naissantes offre peu de variété. On y trouve le nécessaire, jamais le superflu, et très-souvent le nécessaire est ramené aux étroites proportions de l’indispensable. La grande, l’unique préoccupation du fondateur est de fournir aux religieux, en livres comme en toute autre chose, ce que réclame impérieusement la fin propre de leur vocation. Or la vocation du moine est de tendre à la perfection, ce qu’il ne peut faire qu’autant que la science des choses saintes éclaire les voies ardues qu’il doit suivre. Cette science, où la puisera-t-il, sinon dans la Bible qui en renferme les inépuisables trésors; dans la liturgùe et dans les conciles, interprètes officiels des divins enseignements ; dans les commentaires que nous ont laissés de ce même enseignement les Pères et les docteurs de l'Eglise; et dans l’histoire qui nous montre cet enseignement vivant et agissant au sein de cette société divine et dans les saints qu’elle a formés?
Histoire ecclésiastique, liturgie, théologie, sont donc les seules sciences représentées dans les bibliothèques initiales, que nous retrouvons à l'origine de presque tous ces monastères semés en si grand nombre dans les provinces de l'Espagne chrétienne dès les premières années de la reconquête.
En 770, Adelgastre, prince asturien, donne au monastère d’Obona, avec une partie des livres liturgiques de l'Eglise hispano-romaine, les Dialogmes de saint Grégnire le Grand, la Règle de saint Benoît, et un Passionaire ou Sanctoral1. Alphonse III enrichit le monastère de Timon, fondé par lui un siècle plus tard (891), delà collection complète des livres liturgiques ; les ouvragées qui en font partie sont désigaiés par l’appellation g-énérique de « livres ecclésiastiques » 2. Son fils Ordono II, n’étant encore que roi de Galice sous l’autorité de son père, faisait, en 898, à San Pedro de Montes une donation de manuscrits du même gœnre, mais beaucoup plus complète ; car presque aucun des livres liturgiques, alors en usag*e, ne manque à la collection offerte par le jeune prince au monastère qu’avait récemment rétabli saint Gennade3. Les livres offerts par Ordono, se rapportant exclusivement