‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 61 sur 335 · Aurum, argentum, codices , æramen delegavi. Acta · texte numérisé non relu

Aurum, argentum, codices , æramen delegavi. Acta

SS. Ben. Sæc. m, P. 2, pag. 342. Voir le testament d’Authpert, abbé du Mont-Cassin, indiqué par Ziegelbauer, t. I, p. 436.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

lus indépendants que les abbés, et pouvant disposer librement de leurs livres, de saints évêques voulaient en conserver auprès d’eux, même dans leurs voyages. Je n’en choisirai d’exemples que parmi ceux qui, ayant été religieux, ou du moins formés dans les cloîtres, y avaient puisé cet amour de l’étude ; l’historien de saint Burkhard, évêque de Würzbourg, racontant son abdication (vers 751), ajoute1 : « Assumptis sex tantum ex omni « multitudine discipulorum suorum monachis, navim conscen- « dit2, codicesetiam quos vel ipse conscripserat, vel undecumque « conquisierat, secum deportari fecit. » Saint Boniface ne portait avec lui que des livres et des reliques3; aussi le représente-t-on souvent avec un livre traversé d’un glaive, parce qu’il opposa aux coups de ses meurtriers un Évangile qu’il tenait à la main, lorsque les païens se jetèrent sur lui4. Saint Brunon, archevêque de Cologne (mort en 965), fils de Henri Ier l’Oiseleur, et qui avait reçu les leçons du savant Ratherius de Vérone, ancien moine de Lobes 5, faisait transporter des livres à sa suite, durant ses nombreux voyages, afin de n’en être jamais séparé ; et, comme on pourrait croire que c’étaient seulement des ouvrages de piété, il n’est pas inutile de faire remarquer, avec les historiens de sa vie, qu’il faisait volontiers sa lecture de Plaute et de Térence 6.

Je voudrais pouvoir indiquer ici, au moins sommairement, les bibliothèques les plus remarquables du moyen âge. Dans l’impossibilité de le faire d’une manière complète » je renverrai aux indications qui se trouveront disséminées çà et là parmi les articles suivants, et me contenterai d’en nommer pour le moment un certain nombre.

Celle de Fulde7, dont les précieuses collections ont disparu comme par enchantement, remontait au temps des Carlovingiens, et possédait encore au xvie siècle des manuscrits de 794 8.

Leland, bibliothécaire de Henri VIII, qui avait mis à profit pour son maître la dépouille des maisons religieuses, et autres témoins oculaires, rapportent9 que l’on comptait dix-sept cents manuscrits à Peterborough ; que la bibliothèque des moines gris10 (Cisterciens, je pense) à Londres avait 129 pieds de long’ sur 31 de larg’e, et était très-bien fournie ( Well fdled ivith

1. Lecomte, Annal, ecclcsiastici Francorum, t. v ; ad A. 751 , n° 58.

2. Il s’embarquait sur le Mein, pour se retirer à Ilohenbourg.

3. Willebald, In ej. vita. — Cf. Schannat, Vinclemiæ litterariæ , t. I.

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