‹ Morale tirée des Confessions de saint AugustinChapitre 7 sur 76 · XVI PRÉFACE DE L ÉDITEUR · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE DE L ÉDITEUR

naissance du cœur humain, sa prudence consommée et sa rare piété, en un mot, tout ce qui fait l'écriyain , le moraliste , et le maître dans la vie spirituelle.

Ceux qui liront ce livre, y trouveront les mêmes qualités qu'on admire à juste titre dans tous les autres sortis de la même plume. Ils regretteront vivement avec nous que les circonstances n'aient pas permis au Père Grou de continuer, comme il en avait l'intention, le même travail sur les autres ouvrages de cet illustre docteur. Nous ne doutons pas que la Morale tirée des Confessions de saint Augustin ne soit utile à un grand nombre d'âmes. C'est cet espoir, cette conviction qui nous a engagé à le remettre au jom\

Toutefois la sincérité nous fait un devoir de déclarer que certaines opinions incidemment émises par l'auteur nous ont paru quelque peu outrées ; et nous croyons nécessaire d'en signaler quelques-unes, afin de dégager notre responsabilité , et de prévenir tout malentendu.

En s'élevant , non sans raison , contre l'éducation toute païenne de la dernière moitié du xviu* siècle (chapitre vin, p. 47), le Père Grou semble envelopper dans la même réprobation ce qui se pratiquait de la manière la plus louable, sans danger pour la foi ni les mœurs, dans les établissements où florissait, sous la direction du clergé et la surveillance des évèques, la sage discipline inaugurée par le concile de Trente.

FUÉFACE DE l'ÉDITEUR. XVII

Le Père Grou condamne , il est vrai , l'abus , et non l'usage des auteurs profanes ; et il reconnaît expressément « qu'on ne peut leur en substituer d'autres aussi utiles à la fin qu'on a en vue (page 59). » Mais il n'est pas moins vrai qu'il aurait dû donner plus de jour à sa pensée. 11 se serait ainsi épargné d'être pris, après sa mort, pour l'auxiliaire d'un système qui, à coup sûr, n'était pas le sien (1).

Nous insisterons moins sur certaines opinions philosophiques que l'on rencontre insinuées çà et là dans ce livre. Ce n'est pas dans un ouvrage de morale et de piété qu'on doit chercher des théories métaphysiques. Bornons-nous à faire observer que le Père Grou s'exprime parfois trop sévèrement sur le compte d'Aristote , que les maîtres de la scolastique nous ont appris à traiter avec plus de justice et plus de respect.

Aurait-il fallu, à cause de ces légères taches, et de quelques inexactitudes que nous signalerons avec soin dans des notes placées au bas du texte , aurait-il fallu priver le public d'un ouvrage excellent , trèspropre à instruire et à édifier, et dont l'unique édition est épuisée depuis longtemps? Personne assurément ne sera de cet avis.

(1) Si quelqu'un se trouvait tenté de révoquer en doute l'exactitude de cette dernière assertion, nous l'engagerions à se rappeler les travaux du Père Grou sur les principaux cbefs-d'œuvre de l'antiquité païenne, et en particulier sur Platon et sur Cicéron. N'y voit-on pas une preuve plus que suffisante de l'estime qu'il faisait de ces auteurs, et du soin avec lequel il les avait étudies?

Page 1