‹ Morales des idées-forcesChapitre 25 sur 150 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

Or, im tel acte n'est ni biologique, ni priiniliviMucnt sociologique ; il est en lui-même psychologique. C'est le l)riiieipe troîi part la niélliode des idées-forces.

Celle nu'tliodea deuxcaractérislicpies : 1" elle pousse jusqu'au bout, les procédés classiques de toute méthode, de manière à obtenir, comme nous l'avons déjà dit, l'analyse l'ailicole et la synthèse^ intégrale des rêalilés intérieures ; 2° elle y joint la réalisation des idées par leur force automotrice. Elle fait sortir d'abord l'idéal du réel, puis le réel de l'idéal. Sa marche progressive va des formes de la moralité jus(prà son fond le i)lus intime; elle montre que, si tel élément encore exléi'ieur, — |>ar exenijde biologique ou sociologirpie, — est nécessaire, il n'est cependant pas suflisanl ; il a donc besoin d'être conqtlété par un élément plus interne, d'où il reçoit un sens plus profond et une vérité plus large, juscpi'à ce qu'on arrive, par delà les organes de la moralité, à l'àme même. C'est cet élément dernier et essenliel qui seul introduit la vie et l'harmonie dans le tout. L'analyse ainsi dii-igée à fond fournil elle-nuMue la synthèse, en révélanl le rapport des divers éléments avec l'élément fondamental.

l'ne telle manière de ju'oct'der n'est pas un jeu de concepts ni de déductions abstraites: n"avons-n(jus pas vu i|u'elle pai't des /'ails, non seulement biologicjiu's et sociologiques, mais psychologicpies? Parmi ces faits, la moi'ale des idées-foi'ces élinlie celui im-ine (|ni esl la conditiiin de Ions les antres : le lait de conscience, puis ridc'c morale, (pii. selon nous, en dérive dii'cclemenl. Les dédnelions ne viennent (|u'ensuile et ne jiartcnl nullement de notions à priori ou abstraites, mais de; faits (-(tncrets et de lois expéiMinenlales.

Celte méthode analyliipie el synlln'jiipie, pai- Innib' de son but, nous semble propre à diminuer les divergences relatives au bien parmi les hommes. P'oii viennent, en eflel, ces divergenees .' — Dr I iiisidiisanee des points de vue, ipii demenreid parlieuliers et bornt's, faute d'une analyse exhaustive et d'une .synthèse eompréheiisive. r.li'oilesse et courte.' vue soid les grands maiix de l'Iinnianilc' ; en morale, ilsengendrenl division et

MliTIlODb: ET FONDEMENTS LOGIQUES XXXIX

discorde. Nous rei)Ousserons donc tout ensemble et le pai'li i)iMs de Texclusivisme et l'arbitraire de réclectisme. N"est-il pas déplorable de voir laiil de i^ens se contenter de deini-vcrités, que dis-je?de niilliènies de vérité, sans éprouver le besoin de compléter leur vision insuflisante par celle que peuvent avoir ceux qui sont moins myopes? Si on leur pro|»ose ce (pi'on pourrait appeler une vue panoramique, ils préfèrent s'en tenir à leur |ietil iVaguicnt du paysage universel.

Ce défaut n'est pas pariiculier aux ignorants; il se retrouve chez les savants spécialistes, qui, d'ailleurs, hors de leur spécialité, sont des ignorants. Que de systèmes s'intitulent abusivement scieiditiques ! Soi-disant positifs et à posleriori, ces systèmes reposent sur une assimilation établie à priori entre le point de vue propre à la morale et celui de telle ou telle science objective, arbitrairement c\]o\<.'w. ji/ujsifjiie, j^ar exenq)le, d'où la i)liysiquc des mœurs ; biologie, d'où l'iiisloire natuielle des mœurs; soeioloyie, d'où la réduction de la science inorale h la science sociale des ma'urs, etc. Or. traiter i)Iiysiquemeiit les choses morales, c'est pi'cndre pour accordé (ju'il n'y a aucune ditïerence pro- I)re entr.' la UDralilé et les choses physiques. Outre qu'une telle supposition est gratuite, elle est i)récisénieiit improbable à jn-iori. De même, (piaiid on veut traiter les choses morales sociolof/if/iienwnl, on supj»ose a priori (| le l'individu est tout entier un produit de la société- chose improbable encore, même a priori. Le vrai pi'orédé scientifique, c'est de traiter d'abord pi^i/c/wloiji//iiemenl les choses morales, |>uis<pi'elles ont leur siège dans la pensée, dans le sentiment et la volonté de l'individu humain.

De plus, quand on transporte telles (pielles en morale les méthodes des diverses sciences objectives, on oublie de se demander si un objet h produire et à donner doit être étudié pai' la même métiiodeipie les objets donnés de fait. Il y a là une nouvelle erreui'. frcMiuente chez les savants.

l'^nlin les sciences déjà constituées, là oii elles ixnivent fournir des indications et des é'Iéments a la nio-

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