SUE LES SPECTACLES
On inventa d*abord la tragédie, pour nous faire voir
»% PENSÉES DE If ARC-iVRlXE*
que* la Tie est sujette à de grands accidents, qu'il est depremière institution de la nature qu'il en arrive, et que les mêmes choses qui nous ont amusés au tbéAtre» ne doivent pas nous paraître insupportables sur la^ grande scène du monde ; car vous voyez que le monde ne saurait s'en passer, et qu'Œdipe, obligé de les souffrir, s*écrie en vain : 0 Githéron !
Il est vrai que ces poëtes disent quelquefois de bonnes choses ; par exemple : t Si les dieux ne prennent « aucun soin de mes enfants, cela même ne se fait pas « ^ans raison. • Et encore : « Il ne faut point se fâcher • contre les affaires.... » Et : « Il faut que notre vie « soit moissonnée comme le sont les épis : » et autres pensées semblables.
Après la tragédie, on inventa la comédie que nous appelons ancienne, laquelle usant d'une liberté magistrale, et disant tout par son nom, servit à rappeler à la modestie des citoyens orgueilleux. Diogène, dans les. mêmes vues, en emprunta plusieurs traits.
Considère ensuite quel a été le but de la comédie moyenne, et enfin de la nouvelle, qui bientôt a d^énéré en une représentation ingénieuse des mœurs. On sait bien qu*ii s'y dit aussi de bonnes choses ; mais, après tout, quel peut être le fruit de toute la peine qu*on prend à disposer et à embellir ces fictions?
Le goût des spectacles magnifiques est un goût frivole. Ces grandes représentations où Ton fait voir des troupes de grands et de petits animaux, et des combats de gladiateurs, valent-elles mieux que la vue d'un