‹ Moralistes anciensChapitre 94 sur 108 · PÉRIANDRE · texte numérisé non relu

PÉRIANDRE

C'est une honte pour la Grèce d'avoir mis Périandre au nombre des sages. Quelques auteurs ont pensé qu'il avait existé en même temps deux Périandres, dont l'un fut un sage et l'autre un tyran : mais l'opinion générale est que le tyran et le prétendu sage ne furent qu'un même homme.

Magistrat de Corinthe, sa patrie, il se fit entourer de gardes bien armés , et, par leur moyen , il asservit ses concitoyens. 11 ne souflrait dans son état usurpé que des gens dont il connaissait bien l'ame faible et servile, et ses moindres soupçons étaient des arrêts de mort.

Dans un mouvement de colère , il tua d'un coup de pied sa femme enceinte ; il exila son fils qui la pleurait. Ses agitations, ses craintes, ses remords, le punirent de sa tyrannie qu'il n'eut pas le courage d'abdiquer. Sor

régne et«OQ supplice durèrent quarante ans. ÂiTaibli par l'âge, et ne pouvant plus résister aux tourments qui le déchiraient, il envoya pendant la nuit des jeunes gens dans une embuscade, avec ordre de massacrer le premier homme qui se présenterait devant eux. Ce fut Iniméme qui alla s'ofTrir à leurs coups; ils le frappèrent sans le reconnaître.

Ce monstre , qui parlait quelquefois avec sagesse , et qui était ami des six autres sages, vécut quatre-vingts ans, et mourut dans la 585" année de notre ère.

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