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La magnanimité est un noble effort de l'orgueil par lequel il rend l'homme maître de luimême, pour le rendre maître de toutes choses (1665— n" 271.)
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Le luxe et la trop grande politesse dans les états sont le présage assuré de leur décadence , parce que tous les particuliers s'attachant à leurs intérêts propres , ils se détournent du bien public (1665 — n*' 282).
De toutes les passions, celle qui est la plus inconnue à nous-mêmes, c'est la paresse; elle est la plus ardente et la plus maligne de toutes, quoique sa violence soit insensible, et que les dommages qu'elle cause soient très-cachés : si nous considérons attentivement son pouvoir, nous verrons qu'elle se rend en toutes rencontres maîtresse de nos sentiments, de nos intérêts et de nos plaisirs : c'est la rémore qui a la force d'arrêter les plus grands vaisseaux, c'est une bonace plus dangereuse aux plus importantes affaires que les écueils et que les plus g)*andes tempêtes. Le repos de la paresse est un charme secret de Vâme qui suspend soudainement les plus ardentes poursuites et les plus opiniâtres résolutions. Pour donner enfin la véritable idée (le cette passion, il faut dire que la
PENSÉES DE L\ RGGHEFOUCAULDil ' "îi IWi^
paresse est comme une béatitude de l'éme, qui la console de toutes ses pertes , et qui lui tient lieu de tous les biens (i666 — n" 290).
On aime bien à deviner les autres , mais l'on n'aime pas à être deviné (1665 — n" 296).
C'est une ennuyeuse maladie que de conserver sa santé par un trop grand régime (1665 — n** 298).
Il est plus facile de prendre de Vamour quand on n'en a pas, que de s'en défaire quand oa en a (1665 — n° 300). t> ^.MMatîr.Ui uurd •^î>H^î ,l'i<«|Cjr.
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La plupart des femmes se rendent plutôt par faiblesse que par passion. De là vient que, pour l'ordinaire, les hommes entreprenants réussissent mieux que les autres, quoi(iu'ils ne soient pas plus aimables (1665 — n" 301).
N'aimer guère en amour, est un moyen assuré pour être aimé (1665 — n" 302).
La sincérité que se demandent les amants et les maîtresses pour savoir l'un et l'autre quand ils cesseront de s'aimer, est bien moins poui* vouloir être avertis quand on ne les aimera plus,, que pour être mieux assurés qu'on les aime, lorsque l'on ne dit point le contraire (1665 — n" 30 a).
La plus juste comparaison qu'on puisse faire de l'amour, c^ést celle de la fièvre; nous n'avons non plus de pouvoir sur l'un que sur l'autre, soit pour sa violence ou pour sa durée (1665 —
La plus grande habileté des moins habiles est de savoir se soumettre à la bonne conduite d'autrui (1665— n*' 309).
Lxm.
On; craint toujours de voir ce qu'on aime , quand on vient de faire des coquetteries ailleurs V675- -n" 372],
On doit sémiMItët âé *rs feiitési'quand on a la force de les avouer (l 675— n" 375).
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