‹ Moralistes français, pensées de Blaise PascalChapitre 245 sur 343 · SECOND DISCOURS · texte numérisé non relu

SECOND DISCOURS

Puisque vous souhaitez, mon cher ami, que je vous parle encore de la gloire , et que je vous explique mieux mes sentiments, je veux tâcher devons satisfaire, et de justifier mes opinions sans les passionner, si je puis ; de peur de farder ou d'exagérer la vérité, qui vous est si chère, et que vous rendez si aimable.

Je conviendrai d'abord que tous les hommes ne sont pas nés, comme vous dites*, pour les grands talents; et je ne crois pas qu'on puisse regarder cela comme un malheur, puisqu'il faut que toutes les conditions soient conservées, et que les arts les plus nécessaires ne sont ni les plus ingénieux, ni les plus honorables.

Mais ce qui importe, je crois, c'est qu'il règne dans tous ces états une gloire assortie au mérite qu'ils demandent. C'est l'amour de cette gloire qui les perfectionne, qui rend les hommes

^ La gloire, mon très-cher ami, loin de vous nuire. La gloire pour f amour de la gloire. On a déjà remarqué cette faute, ou Vauvenargues tombe souvent. Le mot gloire, lorsqu'il signifie un sentiment, se prend toujours en mauvaise part : c'est le caractère du glorieux. S.

~ Comme vous dites. Tl faut Je crois, comme vont le dites. S

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