‹ Moralistes français, pensées de Blaise PascalChapitre 284 sur 343 · SUR DIVERS SUJETS · texte numérisé non relu

SUR DIVERS SUJETS

Sur Vhistoire des hommes illustres.

Les histoires des hommes illustres trompent la jeunesse. On y présente toujours le mérite comme respectable, on y plaint les disgrâces qui l'accompagnent , et on y parle avec mépris de l'injustice du monde à l'égard de la vertu et des talents. Ainsi, quoiqu'on y fasse voir les hommes de génie presque toujours malheureux , on peint cependant leur génie et leur condition avec de si riches couleurs, qu'ils paraissent dignes d envie dans leurs malheurs mêmes. Cela vient de ce que les historiens confondent leurs intérêts avec ceux des hommes illustres dont ils parlent. Marchant dans les mêmes sentiers , et aspirant à peu près à la même gloire , ils relèvent autant qu'ils peuvent l'éclat des talents ; on ne s'aperçoit pas qu'ils plaident leur propre cause, et comme on n'entend que leur voix , on se laisse aisément séduire à la justice de leur cause, et on se persuade aisément que le parti le meilleur est aussi le plus appuyé des honnêtes gens. L'expérience détrompe là-dessus. Pour peu qu'on ait vu le monde, on découvre bientôt soii iQjustice naturelle envers le mérite , l'envie des homme»

médiocres, qui traverse jusqu'à la mort les hommes excellents, et enfin l'orgueil des hommes élevés par la fortune , qui ne se relâche jamais en faveur de ceux qui n'ont que du mérite. Si on savait cela de meilleure heure , on travaille- } rait avec moins d'ardeur à la vertu ; et quoique ■ la présomption de la jeunesse surmonte tout, je doute qu'il entrât autant de jeunes gens dans la carrière.

&ur la morale et la physique.

C'est un reproche ordinaire de la part des physiciens à ceux qui écrivent des mœurs , que la morale n'a aucune certitude comme les mathématiques et les expériences physiques. Mais je crois qu'on pourrait dire, au contraire, que l'avantage de la morale est d'être fondée sur peu de principes très-solides , et qui sont à la portée de l'esprit des hommes ; que c'est de toutes les sciences la plus connue, et celle qui a été portée plus près de sa perfection : car il y a peu de vérités morales un peu importantes qui n'aient été écrites ; et ce qui manque à cette science , c'est de réunir toutes ces vérités et de les séparei de quelques erreurs qu'on y a mêlées; mais c'est un défaut de l'esprit humain plus que de cette science , car les hommes ne sont guère capable? de concevoir aucun sujet tout entier et d'en voir les divers rapports et les différentes faces. L'avantage de la morale est donc d'être plus connue que les autres sciences ; de là on peut conclure qu'elle est plus bornée , ou qu'elle est plus naturelle aux hommes , ou l'un et l'autre à la fois : car on ne peut nier, je crois, qu'elle est plus naturelle aux hommes; et on est assez obligé de convenir , en même temps, que se renfermant tout entière dans un sujet si borné que le genre humain , elle a moins d'étendue que la physique , qui embrasse toute la nature. Ainsi l'avantage de la morale sur la physique est de pouvoir être mieux connue et mieux possédée, et l'avantage de la physique sur la morale est d'être plus vaste et plus étendue La morale se glorifie d'être plus sûre et plus praticable ; et la physique, au contraire, de passer les bornes de l'esprit humain , de s'étendre au delà de toutes ses conceptions, d'étonner et de confondre l'imagination par ce qu'elle lui fait apercevoir de la nature... Voilà du moins ce qui me paraît de ces deux sciences. Je trouve la morale plus utile, parce que nos connaissances ne sont guère profitables qu'autant qu'elles approchent de la

REFLEXIONS SUR DIVERS SUJETS

perfection ; mais elle jne paraît aussi un peu bornée ; au lieu que le stîul aspect des éléments

de la physique accable mon imagination Je

me sens frapper d'une vive curiosité à la vue de toutes les merveilles de l'univers, mais je suis dégoûté aussitôt du peu que l'on en peut connaître, et il me semble qu'une science si élevée au-dessus de notre raison n'est pas trop faite pour nous.

Cependant ce qu'on a pu en découvrir n'a pas laissé que de répandre de grandes lumières sur toutes les choses humaines : d'où je conclus qu'il est bon que beaucoup d'hommes s'appliquent à cette science et la portent jusqu'au degré où elle peut être portée, sans se décourager par la lenteur de leurs progrès et par l'imperfection de leurs connaissances.... Il faut avouer que c'est un grand spectacle que celui de l'univers : de quelque côté qu'on porte sa vue, on ne trouve jamais de terme. L'esprit n'arrive jamais ni à la dernière petitesse des objets, ni à l'immensité du tout ; les plus petites choses tiennent à l'infini ou à l'indéfini. L'extrême petitesse et l'extrême grandeur échappent également à notre imagination; elle n'a plus de prise sur aucun objet dès qu'elle veut les approfondir. Nous apercevons , dit Pascal, quelque apparence du milieu des choses, dans un désespoir éternel d'en connaître ni le principe ni la fin, etc. '

La physique est incertaine à l'égard des principes du mouvement, à l'égard du vide ou du plein , de l'essence des corps , etc. Elle n'est certaine que dans les dimensions, les distances, les proportions et les calculs qu'elle emprunte de la. géométrie.

M. Newton, au moyen d'une seule cause occulte , explique tous les phénomènes de la nature ; et les anciens , en admettant plusieurs causes occultes, n'expliquaient pas la moindre partie de ces phénomènes. La cause occulte de M. Newton est celle qui produit la pesanteur et l'attraction mutuelle des corps ; mais il n'est pas impossible peut-être que cette pesanteur et cette attraction ne soient à elles-mêmes leur propre cause : car il n'est pas nécessaire qu'une qualité cpie nous apercevons dans un sujet y soit produite par une cause ; elle peut exister par ellemême.

On ne demande pas pourquoi la matière est étendue : c'est là sa manière d'exister ; elle ne peut être autrement. Ne se peut-il pas faire quo

' Voyez les Fentécs de Pascal, V parf. art. IV, pensée I

la pesanteur lui soit aussi essentielle que l'étendue ? Pourquoi non ?

Il n'est aucune portion de matière qui ne soit étendue : l'étendue est donc essentielle à la matière. Mais s'il n'y a aucune portion de matière qui ne soit pesante , ne faudrait-il pas ajouter la pesanteur à l'essence de la matière ?

Si le mouvement n'est autre chose que la pesanteur des corps , nous voilà bien avancés dans le secret de la nature !

Toutes nos démonstrations ne tendent qu'à nous faire connaître les choses avec la même évidence que nous les connaissons par sentiment. Connaître par sentiment est donc le plus haut degré de connaissance; il ne faut donc pas demander une raison de ce que nous connaissons par sentiment.

Sur Fontenellc.

M, de Fontenelle mérite d'être regardé par la postérité comme un des plus grands philosophes de la terre. Son Histoire des oracles, son petit ti'aité de V Origine des fables, une grande partie de ses Dialogues, sa Pluralité des mondes, sont des ouvrages qui ne devraient jamais périr, quoique le style en soit froid et peu naturel en beaucoup d'endroits. On ne peut refuser à l'auteur de ces ouvrages d'avoir donné de nouvelles lumières au genre humain. Personne n'a mieux fait sentir que lui cet amour immense que les hommes ont pour le merveilleux, cette pente extrême qu'ils ont à respecter les vieilles traditions et l'autorité des anciens. C'est à lui, en grande partie, qu'on doit cet esprit philosophique qui fait mépriser les déclamations et les autorités, pour discuter le vrai avec exactitude. Le désir qu'il a eu dans tous ses écrits de rabaisser l'antiquité Ta conduit à en découvrir tous les faux raisonnements, tout le fabuleux, les déguisements des histoires anciennes et la vanité de leur philosophie. Ainsi la querelle des anciens et des modernes , qui n'était pas fort importante en elle-même, a produit des dissertations sur les traditions et sur les fables de l'antiquité , qui ont découvert le caractère de l'esprit des hommes, détruit les superstitions et agrandi les vues de la morale. M. de Fontenelle a excellé encore à peindre la faiblesse et la vanité de l'esprit humain : c'est dans cette partie , et dans les vues qu'il a eues sur l'histoire ancienne et sur la superstition, qu'il me paraît véritablement original. Son esprit fin et profond ne l'a trompé quo

VAUVENARGUES

dans les ciioses de sentiment; partout ailleurs il est admirable.

Sur rode.

Je ne sais point si Rousseau a surpassé Horace et Pindare dans ses odes ; s'il les a surpassés , je conclus que l'ode est un mauvais genre , ou du moins un genre qui n'a pas encore atteint à beaucoup près sa perfection. L'idée que j'ai de l'ode est que c'est une espèce de délire, un transport de l'imagination. Mais ce transport et ce délire , s'ils étaient vrais et non pas feints, devraient remplir les odes de sentiment ; car il n'arrive jamais que l'imagination soit véritablement échauffée sans passionner l'âme : or je ne crains pas qu'on puisse dire que nos odes soient fort passionnées. Ce défaut de passion est d'autant plus considérable dans ces petits poèmes, que la plupart sont vides dépensées; et il me semble que tout ouvrage qui est vide de pensées doit être rempli de sentiment. Rien n'est plus froid que de très-beaux vers où l'on ne trouve que de l'harmonie et des images sans chaleur et sans enthousiasme.

Mais ce qui fait que Rousseau est si admiré malgré ce défaut de passion , c'est que la plupart des poètes qui ont essayé de faire des odes , n'ayant pas plus de chaleur que lui , n'ont pu même atteindre à son élégance , à son harmonie , à sa simplicité et à la richesse de sa poésie. Ainsi il est admiré non-seulement pour les beautés réelles de ses ouvrages , mais aussi pour les défauts de ses imitateurs. Les hommes sont faits de manière qu'ils ne jugent guère que par comparaison ; et jusqu'à ce qu'un genre ait atteint sa véritable perfection , ils ne s'aperçoivent point de ce qui lui manque ; ils ne s'aperçoivent pas même qu'ils ont pi'is une mauvaise route, et qu'ils ont manqué le génie d'un certain genre , tant que le vrai génie et la vraie route leur sont inconnus. C'est ce qui a lait que tous les mauvais auteurs qui ont primé <4âns hxxr siècle ont passé incontestablement pour de grands hommes , personne n'osant contester à ceux qui faisaient mieux que les autres qu'ils fusseat dans le bon chemin.

Sur Montaigne et Pascal.

Montaigne pensait naturellement et hardiment; il joignait à une imagination inépuisable un esprit invinciblement tourné à réfléchir. On admire dans ses écrits ce caractère original qui manque

rarement aux ômes vraies; on y retrouve partout ce génie qu'on ne peut d'ailleurs refuser aux hommes qui sont supérieurs à leur siècle. Montaigne a été un prodige dans des temps barbares: cependant on n'oserait dire qu'il ait évité tous les défauts de ses contemporains ; il en avait lui-même de considérables qui lui étaient propres , qu'il a défendus avec esprit , mais qu'il n'a pu justifier, parce qu'on ne justifie point de vrais défauts. H ne savait ni lier ses pensées, ni donner de justes bornes à ses discours , ni rapprocher utilement les vérités, ni en conclure. Admirable dans les détails , incapable de former un tout ; savant à détruire, faible à établir; prolixe dans ses citations, dans ses raisonnements , dans ses exemples ; fondant sur des faits vagues et incertains des jugements hasardeux; affaiblissant quelquefois de fortes preuves par de vaines et inutiles conjectures ; se penchant souvent du côté de l'erreur pour contre-peser l'opinion ; combattant par un doute trop universel la certitude; parlant trop de soi, quoi qu'on dise, comme il parlait trop d'autre chose ; incapable de ces passions altières et véhémentes qui sont presque les seules sources du sublime; choquant, par son indifférence et son indécision, les âmes impérieuses et décisives ; obscur et fatigant en mille endroits, faute de méthode ; en un mot, malgré tous les charmes de sa naïveté et de ses images, très-faible orateur, parce qu'il ignorait l'art nécessaire d'arranger un discours, de déterminer, de passionner et de conclure. Pascal n'a surpassé Montaigne ni en naïveté, ni en imagination. Il l'a surpassé en profondeur, en finesse , en sublimité , en véhémence; il a porté à sa perfection l'éloquence d'art que Montaigne ignorait entièrement, et n'a point été égalé dans cette vigueur de génie par laquelle on rapproche les objets et on résume un discours; mais la chaleur et la vivacité de son esprit pouvaient lui donner des erreurs dont le génie femie et modéré de Montaigne n'était pas aussi susceptible.

Sur la poésie et l'éloquence.

M. de Fontenelle dit formellement, en plusieurs endroits de ses ouvrages, que l'éloquence et la poésie sont peu de chose, etc.. Il me semble qu'il n'est pas trop nécessaire de défendre l'éloquence. Qui devrait mieux savoir que M. de Fontenelle, que la plupart des choses humaines, je dis celles dont la nature a abandonné la conduite

RÉFLEXIONS SUR DIVERS SUJETS

aux hommes, ne se font que par la séduction? C'est l'éloquetice qui non-seulement convainc les hommes , mais qui les échauffe pour les choses qu'elle leur a persuadées , et qui par conséquetit se rend maîtresse de leur conduite. Si M. de fontenèlle n'entendait par l'éloquence qu'une vaine poïhpe de paroles , l'harmonie , le choix, les images d'un discours, encore que toutes ces choses contribuent beaucoup à la persuasion , il pourrait cependant en faire peu d'estime, parce qu'elles n'auraient pas grand pouvoir sur des esprits fins et profonds comme le sien. Mais M. de Fonte^ nelle île peut ignorer que la grande éloquence ne se borne point à l'imagination , et qu'elle embrasse la profondeur du raisonnement^ qu'elle fait valoir, ou par un grand art et par une régulière netteté, ou par une chaleur d'expression et de génie qui entraîne les esprits les plus opiniâtres. L'éloquence a encore cet avantage , qu'elle rend les vérités populaires , qu'elle les fait sentir aux moins habiles , et qu'elle se proportionne à tous les esprits* Enfin , je crois qu'on peut dire qu'elle est la marque certaine de la vigueur de l'esprit, et l'instrument le plus puissant de la nature humaine... A l'égard de la poésie, je ne crois pas qu'elle soit fort distincte de l'éloquence. Un grand poëte ' la nomme V éloquence harmonieuse : je me fais honneur de penser comme lui. Je sais bien qu'il peut y avoir dans la poésie de petits genres qui ne demandent que quelque vivacité d'imagination et l'art des vers ; mais dira-t-on que la physique est peu de chose parce qu'il y a des parties de la physique qui ne sont pas d'une grande étendue ou d'une grande utilité? La grande poésie demande nécessairement une grande imagination, avec un génie fort et plein de feu. Or on n'a point cette grande imagination et ce génie vigoureux , sans avoir en même temps de grandes lumières et des passions ardentes qui éclairent l'âme sur toutes les choses de sentiment, c'est-àdire, Sfur la plus grande partie des objets que l'homme Connaît le mieux. Le génie qui fait les poètes est le même qui donne la connaissance du cœur de l'homme. Molière et Racine n'ont si bien réussi à peindre le genre humain , que parce qu'ils ont eu l'un et l'autre une grande imagination. Tout homme qui ne saura pas peindre fidèlement les passions^ la nature, ne méritera pas le nom de grand poëte. Ce mérite si essentiel ne le dispense pas d'avoir les autres : un grand poëté est obligé d'avoir des idées justes , de conduire sagc-

' toiraîfé. B.

ment tous ses ouvrages, de former des plans réguliers et de les exécuter avec vigueur. Qui né sait qu'il est peut-être plus difficile de former un bon plan pour un poëme que de faire un système raisonnable sur quelque petit sujet philosophique? Je sais bien qu'on m'objectera que Milton , Shîikspeare et Virgile même n'ont pas brillé dans leurs plans : cela prouve que leur talent peut subsister sans une grande régularité ; mais il ne prouvé point qu'il l'exclue. Combien peu avons -noiis d'ouvrages de morale et de philosophie où il règne un ordre irréprochable ! Est-il surprenant que la poésie se soit si souvent écartée de cette sagesse de conduite , pour chercher des situations et des peintut'es pathétiques ; tandis que iiris ouvrages de raisonnement , où on n'a recherché que la méthode et la vérité , sont la plupart si peu vrais et si peu méthodiques? C'est donc par la faiblesse naturelle de l'esprit humain que quelques poètes manquent de conduite, et non parce que le défaut de conduite est propre à l'esprit poétique. Je suis fâché qu'un esprit supérieur comme M. de Fontenelle veuille bien appuyer de son autorité les préjugés du peuple contre un art aimable , et dont le génie est donné a si peu d'hommes. Tout génie qui fait concevoir plus vivement les choses humaines , comme on ne peut le refuser à la poésie , doit porter partout plus de lumière. Je sais que ce sont des lumières de sentiment, qui ne serviraient peut-être pas toujours à bien discuter les objets ; mais n'y a-t-il point d'autre manière de connaître que par discussion? et peut-on conclure quelque chose contre la justesse d'un esprit qui ne sera pas propre à discuter? Qu'y at-il après tout d'estimable dans l'humanité? Serace les connaissances physiques et l'esprit qui sert à les acquérir ? Mais pourquoi donner cette préférence à la physique? Pourquoi l'esprit qui sert à Connaître l'esprit lui-même, ne sera-t-11 pas aussi estimable que celui qui recherche les causes naturelles avec tant de lenteur et d'incertitude ? Le plus grand mérite des hommes est d'avoir la faculté de connaître; et la connaissance la plus parfaite et la plus utile qu'ils puissent acquérir peut bien être celle d'eux-mêmes. Je supplie ceux qui sont persuadés de ces vérités, de me pardonner les preuves que j'en apporte ; elles ne peuvent être regardées comme inutiles , puisque la plus grande partie des hommes les ignorent , et que le plus grand philosophe de ce siècle veut bien favoriser cette ignorance.

Je sais bien que les grands poètes pourraient employer leur esprit k cfuelcpTe chose de ff\\\i utilfl

VAIJVKNARGUES.

pour le genre liumain que la poésie. Je sais bien que l'attrait invincible du génie les empêche encore d'ordinaire de s'appliquer à d'autres choses ; mais n'ont-ils pas cela de commun avec ceux qui cultivent les sciences ? Parmi un si grand nombre de philosophes , combien peu s'en trouve-t-il qui aient inventé des choses utiles à la société , et dont l'esprit n'eût pu être mieux employé ailleurs, s'il eût été capable pour d'autres choses de la même application I Est-il nécessaire, d'ailleurs, que tous les hommes s'appliquent à la politique, à la morale et aux connaissances les plus utiles ? N'est-il pas au contraire infiniment mieux que les talents se partagent ? Par là tous les arts et toutes les sciences fleurissent ensemble; de ce concours et de cette diversité se forme la vraie richesse des sociétés. Il n'est ni possible ni raisonnable que tous les hommes travaillent pour la même fin.

Page 1