‹ Moralistes français, pensées de Blaise PascalChapitre 301 sur 343 · LETTRE II · texte numérisé non relu

LETTRE II

Jeudi , 5 avril 1743.

Aimable créature, beau génie, j'ai lu votre premier manuscrit , et j'y ai admiré cette hauteur d'une grande âme qui s'élève si fort audessus des petits brillants des Isocrates. Si vous étiez né quelques années plus tôt, mes ouvrages en vaudraient mieux. Mais au moins, sur la fin de ma carrière , vous m'affermissez dans la route que vous suivez. Le grand , le pathétique, le sentiment, voilà mes premiers maîtres ; vous êtes le dernier. Je vais vous lire encore. Je vous remercie tendrement. Vous êtes la plus douce de mes consolations dans les maux qui m'accablent.

Voltaire.

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