‹ Moralistes français, pensées de Blaise PascalChapitre 308 sur 343 · LETTRE XL · texte numérisé non relu

LETTRE XL

&fai 1740.

La plupart de vos pensées me paraissent dignes de votre âme et du petit nombre d'hom mes de goût et de génie qui restent encore dans Paris , et qui méritent de vous lire. Mais plu» j'admire cet esprit de profondeur et de sentiment qui domine en vous, plus je suis afûigé que vous me refusiez vos lumières. Vous avez lu superficiellement une tragédie* pleine de fautes de copiste, sans daigner même vous informer de ce qui pouvait être à la place de vingt sottises inintelligibles qui étaient dans le manuscrit. Vous ne m'avez fait aucune critique. J'en suis d'autant plus fâché contre vous, que je le suis contre moi-même, et je crains d'avoir fait un ouvrage indigne d'être jugé par vous. Cependant je méritais vos avis , et par le cas infini que j'en fais , et par mon amour pour la vérité, et par une envie de me corriger qui ne craint jamais le travail, et enfm par ma tendre amitié pour vous.

Voltaire.

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