CVIL -/M. ■::vr:^-V
S'il ne fallait rien faire que pour le certain , on ne devrait rien faire pour la religion ; car elle n'est pas certaine. Mais combien de choses faiton pour l'incertain , les voyages sur mer , les batailles ! Je dis donc qu'il ne faudrait rien faire du tout, car rien n'est certain; et il y a plus de certitude à la religion qu'à l'espérance que nous voyions le jour de demain : car il n'est pas certain que nous voyions demain ; mais il est certainement possible que nous ne le voyions pas. On n'en peut pas dire autant de la religion. Il n'est pas certain qu'elle soit; mais qui osera dire qu'il est certainement possible qu'elle ne soit pas? Or, quand on travaille pour demain et pour l'incertain, on agit avec raison.
PENSÉES DE PASCAL
Les inventions des honnnes vont en avançant de siècle en siècle. La bonté et la malice du monde en général reste Ja.mème.
Il faut avoir une pensée de derrière , et juger du tout par là : en parlant cependant comme le peuple.
La force est la reine du monde, et non pas l'opinion ; mais l'opinion est celle qui use de la force.
Le hasard donne les pensées; le hasard les ôte; point d'art pour conserver ni pour acquérir.
Ml<jli bb
Vous voulez que l'Église ne juge ni de l'intérieur, parce que cela n'appartient qu'à Dieu, ni de l'extérieur, parce que Dieu ne s'arrête qu'à l'intérieur ; et ainsi , lui ôtant tout choix des hommes, vous retenez dans l'Église les plus débordés , et ceux qui la déshonorent si fort , que les synagogues des Juifs et les sectes des philosophes les auraient exilés comme indignes , et les auraient abhorrés.
lî
^^cm:^^^^^
Est fait prêtre maintenant '<ïui veut Têtrè , comme dans Jéroboam. ' ^ - -
La multitude qui ne se réduit pas à l'unité est confusion ; l'unité qui ne dépend pas de la Multitude est tyrannie. - ■ .■
On ne consulte que l'oreille, parce qu'on manque de cœur. ■./ .1 sjI ëiiiii) la
Il faut , en tout dialogue et discours, <fa^\i puisse dire à ceux qui s'en offensent : De quoi vous plaignez-vous ? '^ .^ .on-Kj^-rin
cxvii "'"•"•■'«•'" ;'^
Les enfants qui s'effraient du visage qu'ils
SECONDE PARTIE, ART. XVlll.
out barbouillé sont des enfants ; mais le moyen que ce qui est si faible , étant enfant , soit bien fort étant plus âgé? wne fait que changer .de faiblesse,,, .,, ,.-^ .j.^ ,. , , . .,.^p. ,,, ,^i,y,y, ,,,,
Incompréhensible que Dieu soit, et incompréhensible qu'il ne soit pas; que l'âme soit avec le corps , que nous n'ayons pas d'âme ; que le monde soit créé , qu'il ne le soit pas, etc.; que le péché originel soit, ou qu'il ne soit pas.
Les athées doivent dire des choses parfaitement claires ; or , il n'est point parfaitement clair que l'âme soit matérielle.
Incrédules , les plus crédules. lis croient les miracles de Vespasienj pour ne pas croire ceux de Moïse.
&ur la philosophie de Descartes.
Il faut dire en gros : Cela se fait par figure et mouvement , car cela est vrai. Mais de dire quelle figure et mouvement, et composer la machine, cela est ridicule; car cela est inutile, et incertain et pénible. Et quand cela serait vrai, nous n'estimons pas que toute la philosophie vaille une heure de peine.