XXIII
Peu de gens connaissent la mort; on ne la soufftè pas ordinairement par résolution, mais par stupidité et par coutume; et la plupart des
^ Far. La clémence , dont nous faisons une vertu , se pratique tantôt pour la gloire , quelquefois par paresse , souvent par crainte , et presque toujours par tous les trois ensemble (1665— n" 16).
» For. La modération des personnes heureuses est le calme de leur humeur adoucie par la possession du bien ( I6C5—
3 Far. Ceux qu'on fait mourir affectent quelquefois des constances , des froideurs , et des mépris de la mort, pour ne pas penser à elle ; de sorte qu'on peut dire que ces froideurs et ces mépris font à leur esprit ce que le bandeau fait à leurs yeux (i665-n'"i4).
'• Far. La philosophie triomphe aisément des maux passés et de ceux qui ne sont pas prêts d'arriver, mais les maux présents triomphent d'elle (iceo—n" 25).
hommes meurent, parce qu'on ne peut s'empêcher de mourir*.
Lorsque les grands hommes se laissent abattre par la longueur de leurs infortunes, ils font voir qu'ils ne les soutenaient que par la force de leur ambition , et non par celle de leur âme ; et qu'à une grande vanité près, les héros sont faits comme les autres hommes ".
Il faut de plus grandes vertus pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise 3.