‹ Moralistes français, pensées de Blaise PascalChapitre 91 sur 343 · AVIS DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

AVIS DE L'ÉDITEUR

La Rochefoucauld avait inséré dans les premières éditions plusieurs Maximes qu'il a successivement rejelées. Hrolier en a compté ceut-vini;t et une; mais des recherches exacles nous ont appris que les n"* 6 , 49 , 58 , 59 , 74, 75, 77, 85, 96, 118 et 121 des Pensées , rangées par IJrotier sous le titre de premières Pensées, sont la répétition de celles comprises soiis les n°' 18, 31, 162, 177, 178 , 223 , 228, 265 , 251 et 284 des Réflexions morales, f l qui par conséquent doivent être supprimées pour éviter un double emploi. Les autres Pensées que Brotier a placées sous le même litre , et qu'on ne retrouve point ici, ne sont (lue des Variantes. On les trouvera au bas du texte : les

sui\au(e-(pialri'. -i,v ,, ,. , ^ . ^ ')|,

Nous repruduisuns ici les deux Avis au lecteur des éditions 1665 il 1G60, qui ont été supprimés dans toutes les éditions publiées après la mort de l'auteur. Une Lellro de là Rochefoucauld à madame de .Sablé semble prouver qu'il avait lui-même rédigé au moins une de ces Prét'aceSé Voici c«lte Lettre : « Je vous envoie une manière de Pré-: '• face pour les Maximes; mais comme je la dois rendre <• dans deux heures, je vous supplie Ués - humblement , •< madame , de me la renvoyer par le même lacpiais (|ui <• vous porte ce billet. Je vous demande aussi de me dire « ^e t|ue 'swkA «p trottvez^«'

H> jLp j^Y js AU LECTEU R ,

Void un portrait du cœur de l'homme que je donne au public, sous le nom de Réflexions ou Maximes morales. Il court fortune de ne plaire pas à tout le monde, parce qu'on trouvera peut-être qu'il ressemble trop, et qu'il ne flatte pas assez. Il y a apparence que l'intention du peintre n'a jamais été de faire paraître cet ouvrage , et qu'il serait encore renfermé dans son cabinet, si une méchante copie , qui en a couru, et qui a passé même depuis quelque temps en Hollande, n'avait obligé un de ses amis de m'en donner une autre , qu'il dit être tout à fait conforme à l'original ; mais, toute correcte qu'elle est , possible n'évitera-t-elle pas la censure de certaines personnes qui ne peuvent souffrir que l'on se mêle de pénétrer dans le fond de leur cœur, et qui croient être en droit d'empêcher que les autres les connaissent , parce qu'elles ne veulent pas se connaître elles-mêmes. Il est vrai que, comme ces Maximes sont remplies de ces sortes de vérités dont l'orgueil humain ne se peut accommoder, il est presque impossible qu'il ne se soulève contre elles , et qu'elles ne s'attirent des censeurs. Aussi est-ce pour eux que je mets ici une Lettre que l'on m'a donnée , et qui a été faite depuis que le manuscrit a paru , et dans le temps que chacun se mêlait d'en dire son avis ; elle m'a semblé assez propre pour répondre aux principales difflcultés que l'on peut opposer aux Réflexions , et pour expliquer les sentiments de leur auteur : elle suffit pour faire voir que ce qu'elles contiennent n'est autre chose que l'abrégé d'une morale conforme aux pensées de plusieurs Pères de l'Église , et que celui qui les a écrites a eu beaucoup de raison de croire qu'il ne pouvait s'égarer en suivant de si bons guides , et qu'il lui était permis de parler de l'homme comme les Pères en ont parlé ; mais si le respect qui leur est dû n'est pas capable de retenir le chagrin des critiques . s'ils

PREMIER SUPPLÉMENT

ne font point de scrupule de condamner l'opinion de ces grands hommes en condamnant ce livre , je prie le lecteur de ne les pas imiter, de ne laisser point entraîner son esprit au premier mouvjement de son cœur , et de donner ordre, s'il est possible, que l'amour-propre ne se mêle point dans le jugement qu'il en fera : car s'il le consulte, il ne faut li pas s'attendre qu'il puisse être favorable à ces Maximes ; comme elles traitent l'amour-propre de corrupteur de la raison , il ne manquera pas de prévenir l'esprit contre elles. Il faut donc prendre garde que cette prévention ne les justifie , et se persuader qu'il n'y a rien de plus propre à établir la vérité de ces Réflexions que la chaleur et la subtilité que l'on témoignera pour les combattre. En effet , il sera difficile de faire croire à tout homme de bon sens , que l'on les condamne par d'autre motif que par celui de l'intérêt caché, de l'orgueil et de l'amourpropre. En un mot , le meilleur parti que le lecteur ait à prendre est de se mettre d'abord dans l'esprit, qu'il n'y a aucune de ces Maximes qui le regarde en particulier, et qu'il en est seul excepté , bien qu'elles paraissent générales. Après cela, je lui réponds qu'il sera le premier à y souscrire , et qu'il croira qu'elles font encore grâce au cœur humain. Voilà ce que j'avais à dire sur cet écrit en général : pour ce qui est de la méthode que l'on y eût pu observer , je crois qu'il eût été à désirer que chaque Maxime eût eu un titre du sujet qu'elle traite, et qu'elles eussent été mises dans un plus grand ordre; mais je ne l'ai pu faire sans renverser entièrement celui de la copie qu'on m'a donnée ; et comme il y a pluseiurs Maximes sur une même matière , ceux à qui j'en ai demandé avis ont jugé qu'il était plus expédient de faire une Table à laquelle on aura recours ttour trouver celles qui traitent d'une même chose.

eW-T'i^VIS AU LECTEUR,

■*iT><silJ i>K l'édition de 1666.

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u f -iMON CHER LeCTEUB,

Voici une seconde édition des Réflexions morales que vous trouverez sans doute plus correcte et plus exacte en toutes façons que n'a été la première. Ainsi , vous pouvez maintenant en faire tel jugement que vous voudrez sans que je me mette en peine de tâcher à vous prévenir en leur faveur , puisque si elles sont telles que je le crois, on ne pourrait leur faire plus de tort que de se persuader qii'elles eussent besoin d'apologie. Je me contenterai de vous avertir de deux choses : l'une, que, par le mot d'intérêt, on n'entend pas toujours un intérêt de bien , mais

le plus souvent un intérêt d'honneur ou de gloire ; et l'autre, qui est la principale et comme le fondement de toutes ces Réflexions , est que celui qui les a faites n'a considéré les hommes que dans cet état déplorable de la nature corrompue par le péché ; et qu'ainsi la manière dont il parle de ce nombre infini de défauts qui se rencontrent dans leurs vertus apparentes , ne regarde point ceux que Dieu en préserve par une grâce particulière.

Pour ce qui est de l'ordre de ces Réflexions , vous n'aurez pas de peine à juger, mon cher Lecteur, que comme elles sont toutes sur des matières différentes, il était difficile d'y en observer. Et bien qu'il y en ait plusieurs sur un même sujet , on n'a pas cru les devoir mettre de suite, de crainte d'ennuyer le lecteur ; mais on les trouvera dans la Table!

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